LETTRE DE M. LE SEI«ECHAL DE SAINT-BRIEUC A M. LE DIRECTEUR
GÉNÉRAL DES FINAISCES.
« 14 avril 1789.
» Monseigneur^
» L'assemblée du Tiers-État, sous le ressort de la sénéchaussée de Saint-Brieuc, a eu lieu en cette ville. L'esprit de modération et de paix, Tunion et la concorde ont présidé à toutes les délibérations qui y ont été prises. L'amour du bien public, la prospérité de l'État, la gloire du royaume, le maintien de l'autorité légitime, le soulagement d'un Ordre qui gémit trop longtemps sous le poids accablant de l'aristocratie, ont déterminé nos plaintes et doléances, et je ne puis qu'applaudir aux sentiments de soumission aux ordres de Sa Majesté, d'amour pour sa personne sacrée, qui ont animé les députés des villes et des campagnes. J'ai l'honneur de vous adresser l'état de ceux qui ont été, par la voie du scrutin, déclarés et élus députés aux États-Généraux.
» Je suis, etc.,
» Ghampeaux Palahe. »
A Châteaulin, sénéchaussée secondaire de Carhaix, le sénéchal a d'abord présidé l'assemblée de la paroisse, puis celle de la sénéchaussée, qui n'a duré qu'un jour et demi. — « // n'a manqué qu'une seule paroisse, écrit-il le 6 avril au garde des sceaux, et les élections se sont passées avec la plus grande concorde et tranquillité. »
D'une lettre de Vintendant de Bretagne au garde des sceaux , en date du 8 avril 1789, il résulte que, si rien n'a pu se faire à l'assemblée des privilégiés, à Saint-Brieuc, tout a été pour le mieux dans « l'assemblée du peuple à Rennes. » — Sur 700 et quelques paroisses qui devaient députer, il y en a à peine 30 dont les représentants n'ont point comparu. Le nombre total des lecteurs s'élevait à 3,000^ « parmi lesquels 2 à 300 juges des seigneurs, sur l'exclusion desquels ont été soulevés de grands débats f mais il n'en esX résulté aucun désordre. »
ET ÉGLAIRGISSEHENTS. 399
LETTRE DE M. l'iNTENDAÏ^T DE BRETAGNE A M. LE GARDE