DE LA GENÈSE SPIAITUBLLË
demiev travail, la nature retombe dans Tancienne immo* bilité; elle n'enfante phis'rien ; son dernier fils a' épuisé ses entrailles. Plus d'organisations, plus de combinaisons nouvelles. Le monde s'est-il donc arrêté? l'Esprit divin qtn Ta créé s en est-il retiré? Non, la puissance de transformation n'est pas épuisée; elle s'est réfugiée -dans le cdeUt et dans la conscien^^ de l'homme. La création continue dans son sein ; il porte en lui les Intles, la nuitimmenise, les tempêtes, le génie de formation qui tourmentaient', bouleversaient, déchiraient auparavant le sein de la nature. Du chaos de l'univers vivant surgit un nouveau chaos, plus profond, où dorment pêle-mêle ensevelis, leé ébauches, les germes, les embryons des sociétés iltturesT; Le souffle de Tetprit passe s^r la face intelligente dé l'abîme ; la lumière se fait dans là ^uit de la pensée*. Alors commencent à parsutre des êtres nouveaux, moitié corps, moitié âme, des sociétés, éen états; dani^ eeè états, des dieux, puis des institutions, des législations; des œuvres d'art, qui ont une réalité égale à la réalité I& plus sensible. La inême puissance qui avait appelé les animaux par leurs noms, appelle à haute vdx, de siëcTé en siècle, les races d'hommes, les empires, sur le seuit dé l'histoire. L'univers organisé ne produit plus de nou* vdles formes végétales, animales ; mais des formes Sd^ ciales, toutes différentes les unes des autres, s'engeh^ drent dans une succession indéfinie. A la Genèse dé là matière a succédé la Gfenëse de l'intelligence. . Je me propose de marquer brièvement dans cet ou^ vrage les phases de cette Genèse spirituelle, c'est-à-diré d'établir le li«i des civilisations entre elles, de suivre là tradition universelle, qui, du premier peuple, s^étend
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jusqu'au dernier, et de rechercher comment les jiwrs s'encbaînent dans cette grande semaine de la création de l'histoire civile. Pour rassembler dans un étroit espace .tant de sociétés diverses, je dois les dépouiller de ce .qu elles ont eu de plus périssables et m attacher à ce qui a été pour elles le pripcipe de vie. Or, ce principe qui renferme tout l'esprit d'une société, où le chercher? Dans les arts, dans les lettres, dans les systèmes philosophiques, dans les institutions civiles! Sans doute, si dans chaque peuple il n'était pas un élément plus profond que tout cela , plus intime , plus inséparable de Tidée même ^ la vie sociale. Et ce génie éternellement présent, dont se forme la substance même des peiiples^ que pourrait-il jètre, si ce n'est la religion, puisque c'«8( d'elle que sor* tent^ comme autant de conséquences nécessaires, les institutions pditiqueSj, les arts, la poésie^ la philosophie, fit^ jusqu'à un certain point, la suite même des événements? Ne croyez pas, en effet, comiûtre un peuple si yous n'êtes remonté jusqu'à ses dieux. Souvent la poésie, }e$ arts sont un vêtement de fête qui décore la douleur ; d autres fois, la liberté politique, inscrite dans la loi, ne sei!t qu'à pallier la servitude morale ; et à l'égard de la philosophie, qui ne voit qu*dle n'est pas tellement inbé* rentç à toute civilisation, qu'on ne puisse se représenter un état sans une école de métaphysiciens f Au contraire, si vous connaissez le dogme d'une société, vous savez vraiment pourquoi et comment elle vit; vous possédez son secret ; il ne loi est plus donné de vous faire illusion, ni. par le rire , ni par les larmes ; vous ne Usez pas seulement ses pensées sur son front, mais telles qu'elles sont inscrites et formées par Di^ttmême au fond de son esprit.
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Dans cette idée , j'entrepreods d'étudier Je& rdiîgiQna des peuples qui tiennent une place dans Tbis^ire. Noua, verrons chacun d'eux surgir sur un dogme particulier» comme une statue sur ea base. Dans ce pèlerinage, à traversies cultes du passé, errants d'autel ^n autel» noust n'irons pas, infatués de la supériorité moderne, nous railler de la misère des dieux abandonnés ; au contraire,, noi^ demanderons aux vides sanctuaires s'ils n'ont pas renfermé un écho de la parole de vie; nous cbereherons dans cette poussière divine s'il ne reste pas quelque débris de vérité^ de révélation universelle; et dans tous les cas, nous remarquerons les relations de l'histoire politique avec les dogmes que ces peuples cachaient sous leurs symboles. Du milieu de ces cultes surgit le Dieu hébreu, qui doit vaincre tous les autres: son unité a ravi les esprits. Alors le chemin devient plus rapide ; le monde se précipite vers lui ; -les peuples, qui commençaient à le chercher, lui font son cortégeidès qu'ils l'ont aperçu. Le Christianisme naît ; il appuie la spciété moderne sur le trépied de l'Orient^ de la Grèce et de Idiome. Le Mabo<* métisme s'en détache; son dieu retourne prendre posses* sien des déserts d'Arabie. Ce dieu mort s'empare des civilisations mortes de l'Egypte et de la Perse ; mais le Catholicisme s'accroît; tous les rameaux de la tradition se rattachent à ce grand arbre de vie ; longtemps il ombrage seul la dvilisation, et réconcilie l'Orient et l'Occident, le passé et l'avenir. Cependant les hommes du Nord s'en dégoûtent ; l'esprit germanique se révolte le premier ; la réformation éclate ; l'homme se met de nou« teau à la recherche de la vérité, qu'il croyait posséder. U pensait être arrivé au port, le voilà replongé dans
ft DE LA RÉvÉtATtON PAR L*OROANfi DE LA NATURE.
Torage. Le doute s'cttipare du monde, Je Dieu étemel vaeille au fond des cœurs ; mais ce treifrsaîllefnent du scepti* cismc ne reste* pas sans fruit : tout s* agite; )a philoso* phie« les révolutions poKtiques entr*ouvrent ensemble TavenîT ; et nous, qui paraissons un moment au milieu de ce speotaele, nous attendons l'éclair qui doit tout éblouir; et ramener la paix que le monde a perdue.
Vie de l'Esprit divin à travers le monde, Annales de rEternel incamé dans le tempsT , que suis-je pour tenteir cette histoire! J'ai souvent pensé qu'un homme, avant dé mourir, se doit à lui-même de jeter un regard sur les croyances de ses frères qui l'ont précfédé ; et pourtant , si je ne cherchais qve le repos, je renverrais jusqu'à ma^ dernière heure cet examen rempli de tant de* péril pour l'inteHigence ! Mais quoi ! toujours ajourner ce qu'il y a de pins grave ! ne se repattre que dé ce qu'il y a de plus épbéitaère ! le pouvons'^nous! Qui me répondra d'un seul jour? personne. Il faut done sans autres préliminaires entrer dans le sujet qui me touche le plus , qui m'effraie le plus» duquel dépendent tous les'' autres , et qui, s'il* renferme Tabime 5 renferme aussi la seule vérité capable de le combler.