‹ Le génie du christianisme (volume 2)Chapitre 25 sur 199 · LOIS DE PYTHAGORE · texte numérisé non relu

LOIS DE PYTHAGORE

Honore les dieux immortels tels qu'ils sont établis par la loi. — Honore tes parents. — Fais ce qui n'affligera pas ta mémoire.— N'admets point le sommeil dans tes yeux avant d'avoir examiné trois fois dans ton âme les œuvres de ta journée. — Demandetoi : Où ai-je étéîQu'ai-je fait? Qu'aurais-je dû faire? — Ainsi, après une vie sainte, lorsque ton corps retournera aux éléments, tu deviendras immortel et incorruptible: tu ne pourras plus mourir (1).

Tel est à peu près tout ce qu'on peut recueillir de cette antique sagesse des temps, ai fameuse. Là Dieu est représenté comme quelque chose d'obscur; sans doute , mais à force de lumière : des ténèbres couvrent la vue lorsqu'on cherche à contempler le soleil. Ici l'homme sans ami est déclaré infâme; ce législateur a donc déclaré infâmes presque tous les infortunés. Plus loin, le suicide devient loi; enfin , quelques-uns de ces sages semblent oublier entièrement un Être suprême. Et que de choses vagues, incohérentes, communes, dans la plupart de ces sentences ! Les sages du Portique et de l'Académie énoncent tour à tour des maximes si contradictoires, qu'on peut souvent prouver par le même livre que son auteur croyait et ne croyait point en Dieu, qu'il reconnaissait et ne reconnaissait foint une vertu positive, que la liberté est le premier des biens, et le despotisme le meilleur des gouvernements.

Si au milieu de tant de perplexités on voyait paraître un code de lois morales, sans contradictions, sans erreurs, qui fit cesser nos incertitudes, qui nous apprit ce que nous devons croire de Dieu, et quels sont nos véritables rapports avec les hommes; si ce code s'annonçait avec une assurance de ton et une simplicité de langage inconnues jusqu'alors, ne faudrait-il pas en conclure que ces lois ne peuvent émaner que du Ciel? Nous les avons, ces préceptes divins : et quels préceptes pour le sage ! et quel tableau pour le poëte !

Voyez cet homme qui descend de ces hauteurs brûlantes. Ses mains soutiennent une table de pierre sur sa poitrine, son front est orné de deux rayons de feu, son visage resplendit des gloires du Seigneur, la terreur de Jéhovah le précède : à l'horizon se déploie la chaîne du Liban avec ses éternelles neiges et ses cèdres fuyant dans le ciel. Prosternée au pied de la montagne, la postérité de Jacob se voile la tête dans la crainte de voir Dieu et de mourir. Cependant les tonnerres se taisent, et voici venir une voix :

Écoute, ô toi Israël, moi Jéhovah, tes Dieux (2), qui t'ai tiré de la terre de Mitzraïm , de la maison de servitude.

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