DES MYSTÈRES CHRÉTIENS. — DE LA TRINITÉ
On découvre au premier coup d'oeil, dans la partie des mystères, un grand avantage de la religion chrétienne stiï les religiors de l'antiquité. Les mystères de celles-ci n'avaient aucun rapport avec l'homme, et ne formaient tout au plus qu'un sujet de réflexions pour le philosophe, ou de chants pour le poète. Nos mystères, au contraire, s'adressent à nous; ils contiennent les secrets de notre nature. Il r.e s'agit plus d'un futile arrangement de nombres, mais du salut et du bonheur du genre humain. L'homme, qui s bien chaque jour son ignorance et sa faiblesse, pourrait-il rejeter les mystères de Jésus-Christ ? ce sont ceux des infortunés !
La Trinité, premier mystère des chrétiens, ouvre un champ immense d'études philosophiques, soit qu'on la considère dans les attributs de Dieu, soit qu'on recherche les vestiges de ce dogme autrefois répandu dans l'Orient. C'est une très méchante manière de raisonner que de rejeter ce qu'on ne peut comprendre. A partir des choses les plus simples dans la vie, il serait aisé de prouver que nous ignorons tout, et nous voulons pénétrer dans les ruses de la Sagesse!
La Trinité fut peut-être connue des Egyptiens : l'inscription grecque du grand obélisque du Cirque majeur, à Rome, portait :
Méyac ©esc, le grand Dieu ; ®co-/wràz, l'Engendré de Dieu; et Uafifeyytjsj le Tout-Brillant (Apollon, l'Esprit).