‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 194 sur 307 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

quand il aime l'erreur, c'est que cette erreur, au moment qui y croit, est pour lui comme une chose vraie. Nous ne chérissons pas le mensonge, bien que nousy tombion-

■ cette faiblesse ne nous vient que de' notre dégradation originelle : nous avons perdu la puissance en conservant le désir, et notre cœur cherche encore la lumière que nos yeux n'ont plus la force de supporter.

La religion chrétienne, en nous rouvrant, par les mérites du Fils de l'Homme, les routes éclatantes que la mort avait couvertes de ses ombres, nous a rappelés à nos primitives amours. Héritier des bénédictions de Jacob, le chrétien brûle d'entrer dans cette Sion céleste vers qui montent ses soupirs. Et c'est cette passion que nos poètes peuvent chanter, à l'exemple de Corneille; source de beautés, que les anciens temps n'ont point connue, et que n'auraient pas négligée les Sophocle et les Euripide.

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