TROISIÈME PARTIE
charmes. Platon excella à donner un tour merveilleux aux discussions les plus stériles ; il sait mettre de l'agrément jusque dans l'énoncé d'une loi. Ici ce sont trois vieillards qui discourent en allant de Gnosse à l'antre de Jupiter, et <]iii se reposent sous des cyprès et dans de riantes prairies; là c'est le meurtrier involontaire qui, un pied dans la mer, fait des libations à Neptune: plus loin un poète étranger est reçu avec des chants et des parfums : on l'appelle un homme divin, on fcé couronne de lauriers, et on le conduit, chargé d'honneurs, hors du territoire de la république. Ainsi Platon a cent manières ingénieuses de proposer ses idées; il adoucit jusqu'aux sentences les plus sévères, en considérant les délits sous un jour religieux.
Remarquons que les publicistes modernes ont vanté le gouvernement républicain, tandis que les écrivains politiques de la Grèce ont généralement donné la préférence à la monarchie. Pourquoi cela ? Parce que les uns et les autres haïssaient ce qu'ils avaient et aimaient ce qu'ils n'avaient pas ; c'est l'histoire de tous les hommes.
Au reste, les sages de la Grèce envisageaient la société sous les rapports moraux; nos derniers philosophes l'< ni considérée sous les rapports politiques. Les premierlaient que le gouvernement découlât des mœurs; les seconds, que les mœurs dérivassent du gouvernement. La philosophie des uns s'appuyait sur la religion, la philosophie des autres sur l'athéisme. Platon et Socrate criaient aux peuples : • l vertueux, vous serez libres » ; nous leur avons dit : az libres, vous serez vertueux ». La Grèce, avec de tels sentiWn!.-, fut heureuse. Qu'obtiendrons-nous avec les principes opposés?