‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 38 sur 307 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

lévitique, l'Evangile et le droit romain. Quel vaisseau pourtant que cette Eglise I qu'il est vaste, qu'il est miraculeux !

En élevant le mariage à la dignité de sacrement, J Christ nous a montré d'abord la grande figure de son union avec l'Eglise. Quand on songe que le mariage est le pivot sur lequel roule l'économie sociale, peut-on supposer qu'il soit jamais assez saint ? On ne saurait trop admirer la sagesse de celui qui l'a marqué du sceau de la religion.

L'Eglise a multiplié ses soins pour un si grand acte de la vie. Elle a déterminé les degrés de parenté où l'union de deux époux serait permise. Le droit canonique, reconnaissant les générations simples, en partant de la souche, a rejeté jusqu'à la quatrième le mariage i que le droit civil, en comptant les branches doubles, fixait à la seconde : ainsi le voulait la loi d'Arcade, insérée dans les Institutes de Justinien-.

Mais l'Eglise, avec sa sagesse accoutumée, a suivi dans ce règlement le changement progressif des mœurs3. Dans les premiers siècles du christianisme, la prohibition de mariage s'étendait jusqu'au septième degré ; quelques conciles même, tels que celui de Tolède4 dans le sixième siècle, défendaient, d'une manière illimitée, toute union entre les membres d'une même famille.

L'esprit qui a dicté ces lois est digne de la pureté de notre religion. Les païens sont restés bien au-dessous de cette chasteté chrétienne. A Rome, le mariage entre cousins germains était permis ; et Claude, pour épouser Agrippine, lit porter une loi à la faveur de laquelle l'oncle pouvait p'unir à la nièce"'. Solon avait laissé au frère la liberté d'épouser sa sœur utérine15.

i. Conc. Lat., an. 1205.

■2. I/tst. ïust. de Nupt., tit. x.

3. Conoil. Duziac., an. 814. La loi canonique a dû varier selon les mœurs des peuples goth, vandale, anglais, franc, bourguignon, qui entraient tour a tour dans le sein de l'Eglise.

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