‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 109 sur 259 · TABLEAU DES MŒURS ET DE LA VIE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

TABLEAU DES MŒURS ET DE LA VIE RELIGIEUSE

MOINES, COPHTES, MARONITES, etc.

Venons maintenant au tableau de la vie religieuse, et posons d'abord un principe. Partout où se trouve beaucoup de mystère, de solitude, de contemplation, de silence, beaucoup de pensées de Dieu, beaucoup de choses vénérables dans les costumes, les usages et les mœurs, là se doit trouver une abondance de toutes les sortes de beautés. Si cette observation est juste, on va voir qu'elle s'applique merveilleusement au sujet que nous traitons.

Remontons encore aux solitaires de la Thébaïde. Ils habitaient des cellules appelés laures, et portaient, comme leur fondateur Paul, des robes de feuilles de palmier ; d'autres étaient vêtus de cilices tissus de poil de gazelle; quelquesuns, comme le solitaire Zenon, jetaient seulement sur leurs épaules la dépouille des bêles sauvages; et l'anachorète Séraphion marchait enveloppé du linceul qui devait le couvrir dans la tombe. Les religieux maronites, dans les solitudes du Liban, les ermites nestoriens, répandus le long du Tigre ; ceux d'Abyssinie, aux cataractes du Nil et sur les rivages de la mer Rouge, tous enfin mènent une vie aussi extraordinaire que les déserts où ils l'ont cachée. Le moine cophte, en entrant dans son monastère, renonce aux plaisirs, consume son temps en travail, en jeunes, en prières et à la pratique de l'hospitalité. Il couche sur la dure, dort à peine quelques instants, se relève, et, sous le beau firmament d'Egypte, fait entendre sa voix parmi les débris de Thèbes et de Memphis. Tantôt l'écho des Pyramides redit aux ombres des Pharaons les cantiques de cet enfant de la famille de Joseph; tantôt ce pieux solitaire chante au matin les louangjes du vrai soleil, au même lieu où den statues

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