‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 172 sur 259 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

merie, sur la beauté du papier, la fonte des caractères, la correction des épreuves, et sur tout ce qui pouvait contribuer à la perfection des éditions nouvelles... Dans chaque Etat, les capitales, et même des villes moins considérables, étaient extrêmement avides d'instruction et de gloire : elles olYraient presque toutes aux astronomes des observatoires, aux anatomistes des amphithéâtres, aux naturalistes des jardins de plantes, à tous les gens de lettres des collections de livres, de médailles et de monuments antiques : à tous les genres de connaissances des marques éclatantes de considération, de reconnaissance et de respect... Les progrès des arts favorisaient le goût des spectacles et de la magniticence. L'étude de l'histoire et des monurnents des Grecs et des Romains inspirait des idées de décence, d'ensemble et de perfection qu'on n'avait point eues jusqu'alors. Julien de Médicis, frère de Léon X, ayant été proclamé citoyen romain, cette proclamation fut accompagnée de jeux publics; et, sur un vaste théâtre construit exprès dans la place du Capitole, on représenta pendant deux jours une Comédie de Plaute, dont la musique et l'appareil extraordinaire excitèrent une admiration générale.

Les successeurs de Léon X ne laissèrent point s'éteindre cette noble ardeur pour les travaux du génie. Les évêques pacifiques de Rome rassemblaient dans leur villa les précieux débris des âges. Dans les palais des Borghèse et des Farnèse le. voyageur admirait les chefs-d'œuvre de Praxitèle et de Phidias ; c'étaient des papes qui achetaient au poids de l'or les statues de l'Hercule et de l'Apollon; c'étaient des papes qui, pour conserver les ruines trop insultées de l'antiquité, les couvraient du manteau de la religion. Qui n'admirera la pieuse industrie de ce pontife qui plaça des images chrétiennes sur les beaux débris des Thermes de Dioclélien? Le F*anthéon n'existerait plus s'il n'eût été consacré par le culte des Apôtres, et la colonne Trajane ne serait pas debout si la statue de saint Pierre ne l'eût couronnée.

Cet esprit conservateur se faisait remarquer dans tous les ordres de l'Eglise. Tandis que les dépouilles qui ornaient le Vatican surpassaient les richesses des anciens temples, de pauvres religieux protégeaient dans l'enceinte de leurs monastères les ruines des maisons de Tibur et de Tuscu- ^m, et promenaient l'étranger dans les jardins de Cicéron ît d'Horace. Un chartreux vous montrait le laurier qui croît «ur la tombe de Virgile, et un pape couronnait le Tasse au Gapitole.

Ainsi depuis quinze cents ans l'Eglise protégeait les sciences et les arts; son zèle ne s'était ralenti à aucune

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