‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 248 sur 259 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

lO" Par une disposition du lord Hardwick, les catholiques sont déclarés incapables de prêter de l'argent à hypothèque *.

Il est bien remarquable que cette loi ne lut portée que cinq ou six ans après la mort du roi Guillaume, c'est-à-dire lorsque tous les troubles d'Irlande étaient apaisés, et lorsque l'Angleterre était à son plus haut point de lumière, de civilisation et de prospérité.

Il ne faut pas croire que, même dans ces temps de fermentation, où les meilleurs esprits sont quelquefois entraînés dans des excès, il ne faut pas croire que les vrais catholiques approuvassent les fureurs du parti qui se servait de leur nom. La Saint-Barthélémy trouva des larmes, même à la cour de Médicis, même dans la couche de Charles IX.

« J'ai ouï raconter, dit Brantôme, qu'au massacre de la Saint- Barthélémy, la reine Isabelle n'en sachant rien, ni même senti le moindre vent du monde, s'en alla coucher à sa mode accoustumée. et ne s'estant esveillée qu'au matin, on lui dit à son réveil le beau mystère qui se jouait : Hélas ! dit-elle, le roy mon mari le sait-il ? Oui, Madame, répondit-on, c'est lui-même qui le fait faire. 0 mon Dieu ! s'écria-t-elle, qu'est cecy, et quels conseillers sont ceux-là qui lui ont donne tels advis ? Mon Dieu, je te supplie et te requiers de luy vouloir pardonner ; car si tu n'en as pitié, j'ai grand'peur que cette offense ne lui soit pas pardonnée ; et soudain demanda ses Heures, et se mit en oraison, et à prier Dieu la larme à l'œil. Que l'on considère, je vous prie la bonté et la sagesse de cette reyne, de n'approuver point une telle feste, ni le jeu qui s'y célébra; encore qu'elle eust grand sujet de désirer la totale extermination et de M. l'Amiral et de tous ceux de sa religion, d'autant qu'ils estoient contraires du tout à la sienne, qu'elle adoroit et honoroit plus que toute chose au monde ; et de l'autre côté qu'elle voyoit combien il troubloit Testât du roy son seigneur et mari ».

{Mém. de Brantôme, tome ii, édit. de Leyde, 1599).

Note Gg, page 187.

« Le sommet du Saint-Gothard est une plate-forme de granit, nue, entourée de quelques rochers médiocrement élevés, de formes très irrégulières, qui arrêtent la vue en tous sens et la bornent à la plus affreuse des solitudes. Trois petits lacs et le triste hospice des Capucins interrompent seuls l'uniformité de ce désert, où l'on ne trouve pas la moindre trace de végétation; c'est une chose nouvelle et surprenante pour un habitant de la plaine, que le silence absolu qui règne sur cette plate-forme: on n'entend pas le moindre murmure ; le vent qui traverse les deux ne rencontre point ici un feuillage; seulement, lorsqu'il est impétueux, il gémit d'une manière lugubre contre les pointes de rochers qui le divisent. Ce serait en vain qu'en gravissant les scmmets abordables qui environnent ce désert, on espérerait se transporter par la vue dans des contrées habitables ; on ne voit au-dessous de soi qu'un chaos de rochers et de torrents: on ne distingue au loin que des pointes arides et couvertes de neiges

i. Voyage d'Arthur Young.

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éternelles, perçant le nuage qui flotte sur les vallées, et qui les couvre d'un voile souvent impénétrable ; rien de ce qui existe au delà ne parvient aux regards, excepté un ciel d'un bleu noir, qui, descendant bien au-dessous de Ihorizon, termine de tous côtés le tableau, et semble être une mer immense qui environne cet amas de montagnes.

a Les malheureux capucins qui habitent l'hospice sont pendant neuf mois de Tannée ensevelis sous des neiges qui souvent, dans l'espace d'une nuit, s'élèvent à la hauteur de leur toit, et bouchent toutes les entrées du couvent. Alors il faut se frayer un passage par les fenêtres supérieures' qui servent de portes. On juge que le froid et la faim sont des fléaux auxquels ils sont fréquemment exposés, et que, s'il existe des cénobites qui aient droit aux aumônes, ce sont ceux-là ».

Note de la traduction des lettres de Coxe sur la Suisse, par M. Ramoxd.

Les hôpitaux militaires viennent originairement des Bénédictins. Chaque couvent de cet ordre nourrissait un ancien soldat, et lui donnait une retraite pour le reste de ses jours. Louis XIV, en réunissant ces diverses fondations en une seule, en forma l'Hôtel des Invalides. Ainsi, c'est encore la religion de paix qui a fondé l'asile de nos vieux guerriers.

Note L1, page 215.

. Il est très difficile de donner un relevé exact des collèges et des hôpitaux, parce que les différentes statistiques sont très incomplètes, et les géographies omettent une foule de détails : les unes donnent la population d'un état sans donner le nombre des villes ; les autres comptent les paroisses et oublient les cités. Les cartes surchargées de noms de lieu, multiplient les bourgs, les châteaux, les villages. Le grand travail sur les provinces de la France, commencé sous Louis XIV, n'a point malheureusement été achevé. Les cartes de Gassini, qui seraient d'un grand secours, sont aussi demeurées incomplètes.

Les histoires particulières des provinces négligent en général la statistique, pour parler des anciennes guerres des barons, des droits de telle ville ou de tel bourg. A peine trouvez-vous quelques fondations perdues dans un fatras de choses inutiles. Les historiens ecclésiastiques, à leur tour, se circonscrivent dans leur sujet, et passent rapidement sur les faits d'un intérêt général. Quoi qu'il en soit, au milieu de cette confusion, nous avons tâché de saisir quelques résultats dont nous allons mettre

es tableaux sous les yeux des lecteurs.

Extrait de la partie ecclésiast. de la Statistique de M. de Beaufort.

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