EFFET PITTORESQUE DES RUINES RUINES DE PALMYRE, D'EGYPTE, ETC
Les ruines, considérées sous les rapports du paysage, ;ont plus pittoresques dans un tableau que le monument ï-ais et entier. Dans les temples que les siècles n'ont point gercés, les murs masquent une partie du site et des objets extérieurs, et empêchent qu'on ne distingue les colonnades ît les cintres de l'édifice ; mais quand ces^ temples viennent i crouler, il ne reste que des débris isolés, entre lesquels 'œil découvre au haut et au loin les astres, les nues, les montagnes, les fleuves et les forêts. Alors, par un jeu de 'optique, l'horizon recule et les galeries suspendues en 'air se découpent sur les fonds du ciel et de la terre. Ces îiïets n'ont pas été inconnus des a'nciens ; ils élevaient desiirques sans masses pleines, pour laisser un libre accès aux illusions de la perspective.
Les ruines ont ensuite des harmonies particulières avec leurs déserts, selon le style de leur architecture, les lieux où elles sont placées, et les règnes de la nature au méridien qu'elles occupent.
Dans les pays chauds, peu favorables aux herbes et aux mousses, elles sont privées de ces graminées qui décorent nos châteaux gothiques et nos vieilles tours ; mais aussi de plus grands végétaux se marient aux plus grandes formes de leur architecture. A Palmyre, le dattier fend les têtes d'hommes et de lions qui soutiennent les chapiteaux du temple du Soleil ; le palmier remplace par sa colonne la colonne tombée, et le pêcher que les anciens consacraient à Harpocrate, s'élève dans la demeure du silence. On y voit encore