‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 69 sur 259 · DES ROGATIONS · texte numérisé non relu

DES ROGATIONS

Les cloches du hameau se font entendre, les villageois quittent leurs travaux : le vigneron descend de la colline le laboureur accourt de la plaine, le bûcheron sort de la forêt ; les mères, fermant leurs cabanes, arrivent avec leurs enfants, et les jeunes filles laissent leurs fuseaux, leurs brebis et les fontaines pour assister à la fête.

On s'assem-ble dans le cimetière de la paroisse, sur les tombes verdoyantes des aïeux. Bientôt on voit paraître tout le clergé destiné à la cérémonie : c'est un vieux pasteur qui n'est connu que sous le nom de cu7'é, et ce nom vénérable dans lequel est venu se perdre le sien, indique moins le | ministre du temple que le père laborieux du troupeau. Il f sort de sa retraite, bâtie auprès de la demeure des morts, dont i'I surveille la cendre. Il est établi dans son presbytère, comme une garde avancée aux frontières de la vie, pour recevoir ceux qui entrent et ceux qui sortent de ce royaume des douleurs. Un puits, des peupliers, une vigne autour de sa fenêtre, quelques colombes, composent l'héritage de ce roi des sacrilices.

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