‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 82 sur 259 · LA CHINE ET LA TURQUIE · texte numérisé non relu

LA CHINE ET LA TURQUIE

Les Chinois ont une coutume touchante : ils enterrent leurs proches dans leurs jardins. Il est assez doux d'entendre dans les bois la voix des ombies de ses pères, et d'avoir toujours quelques souvenirs au désert.

A l'autre extrémité de l'Asie, les Turcs ont à peu près le même usage. Le détroit des Dardanelles présente un spectacle bien philosophique : d'un côté s'élèvent les promontoires de l'Europe avec toutes ses ruines ; de l'autre, les côtes de l'Asie, bordées de cimetières islamistes. Que de mœurs diverses ont animé ces rivages ! Que de peuples y sont ensevelis depuis les jours où la lyre d'Orphée y rassembla des sauvages jusqu'aux jours qui ont rendu ces contrées à la barbarie ! Péiasges, Hellènes, Grecs, Méoniens, peuples d'Illus, de Sarpédon, d'Enée, habitants de l'Ida, du Tmolus, du Méandre et du Pactole, sujets de Mithridate, esclaves des Césars romains, Vandales, hordes de Goths, de Huns, de Francs, d'Arabes, vous avez tous sur ces bords étalé le cuite des tombeaux, et en cela seul vos mœurs or;t été pareilles. La mort, se jouant à son gré des choses ce des destinées humaines, a prêté le catafalque d'un empereur romain à la dépouille d'un Tartare, et, dans le tombeau d'un Platon, logé les cendres d'un mollah.

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