SAINT-DENIS
On voyait autrefois, près de Paris, des sépultures fameuses entre les sépultures des hommes. Les étrangers venaient en foule visiter les merveilles de Saint-Denis. Ils y puisaient une profonde vénération pour la France, et s'en retournaient en disant en dedans d'eux-mêmes, comme saint Grégoire: Ce royaume est réellement le plus grand parmi les nations. Mais il s'est élevé un vent de la colère autour de l'édifice de la Mort ; les flots des peuples ont été poussés sur lui, et les hommes étonnés se demandent encore : Comment le temple cJ'Ammon a disparu sous les sables des déserts ?
L'abbaye gothique où se rassemblaient ces grands vassaux de la mort ne manquait- point de gloire : les richesses de la France étaient à ses portes ; la Seine passait à l'extrémité de sa plaine ; cent endroits célèbres remplissaient, à quelque distance, tous les sites de beaux noms, tous les champs de beaux souvenirs ; la ville de Henri IV et de Louis le Grand était assise dans le voisinage; et la sépulture royale de Saint-Denis se trouvait au centre de notre puissance et de notre luxe, comme un trésor où Ton déposait les débris du temps, et la surabondance des grandeurs de l'empire français.
C'est là que venaient tour à tour s'engloutir les rois de a France. Un d'entre eux, et toujours le dernier descendu
4. Johnson, dans son Traité des Epitaphes, cite ce simple mot de la relijïion comme subUme.