‹ Le génie du christianismeChapitre 54 sur 103 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les tombeaux de la Calédonie ou de l’ancienne Écosse.

Quatre pierres couvertes de mousse marquent, sur les bruyères de la Calédonie, la tombe des guerriers de Fingal. Oscar et Malvina ont passé, mais rien n'est changé dans leur solitaire patrie. Le montagnard écossais se plait encore à redire les chants de ses ancêtres ; il est encore brave, sensible, généreux; ses mœurs modernes sont comme le souvenir de ses mœurs antiques ; ce n’est plus, qu’on nous pardonne l'image, ce n’est plus la main du barde même qu'on entend sur la harpe : c’est ce frémissement des cordes produit par le toucher d’une ombre, lorsque la nuit, dans une salle déserte, elle annonçait la mort d’un héros. ‘

« Carril accompagnait sa voix. Leur musique, pleine de douceur et de tristesse, ressemblait au souvenir

des joies qui ne sont plus. Les ombres des bardes décédés l’entendirent sur les flancs de Slimora. De faibles sons se prolongèrent le long des bois, et les vallées silencieuses de la nuit se réjouirent. Aïnsi, pendant le silence du midi, lorsque Ossian est assis dans la vallée de ses brises, le murmure de l'abeille de la montagne parvient à son oreille; souvent le Zzéphyr, dans sa course, emporte le son léger, mais bientôt 1l revient encore. »

L'homme, ici-bas, ressemble à l’aveugle Ossian, assis sur les tombeaux des rois de Morven : quelque part qu’il étende sa main dans l’ombre, il touche les cendres de ses pères.

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