SCÈNE III CALABASAS, CiNESTA, Li:S SERVANTES, DOiN
RAMIRO, suivi d'un Domchticiue.
DON BAMIRO, au dchorr.
Holà ! de rhôtellerie !... (u piroii.— a son DomofUMue.) Une mesure d'orge à mon cheval. (Eniiam.) \\\ verre de xérùs à moi I
ACÏK 1> Ut M IKK 1»
CALABASAS).
Ktîtrt'z, mou jzeutillioiiiine.
( Les femmes se lèvent, moins Gincsla. — On s'emprossC de le servir ) DON RAMIUO, maicliant à grands pas.
lu (liiu'i-, ic. meilleur possible, ù ceuv (|ui me suiveiU.
CALABASAS.
Oiioi(iue située dans la montagne, la posada du Bni maure iiest pas cl/'uuée, Dieu merci! — Nous avons dans le gardeluangîr toute espèce de gibier et de viande. Nous avons une (!i'a-^)odnda sur le l'eu... un g:ispaclio c[u\ trempe depuis iiiei-, et, si vous voulez attendre un de nos amis, grand chasseur, (|ui est à la poursuite d'un ours descendu de la montagne pour manger mon orge, nous aurons 1 ientot de la venaison fraiche à vous offrir.
DON RAMIBO.
Merci, nous n'avons pas le temps d'attendre le retour de ton chasseur, (a une s. riante.) la belle tille, cueille-moi dans le jardin un bouquet de tes plus belles fleurs.
CALABASAS.
Faites ce que l'on vous ordonne. (La Sei\ani3 son rai- la droii.%
— C..nlinnd1r, à .Ion B.mio, qui sV-t asi.) Quant à Uioi, mOnSCignClU",
. je ferai de mon mieux.
DON R A M I (\ 0 , S'.' versant cl laivant.
bien (jue je sois convaincu que celle que je précède est une véritable déesse qui ne vit qu'en respirant le parfum des Heurs et en buvant la ros.'c du matin, prépare toujours ce que tu as de meilleur.
CALABASAS.
Combien de couverts?
DON RAMIRO
Deux.
CALABASAS.
Un pour le pure, l'autre pour la fille... Les domes'iques Uiangeroul à la cuisiue, api es avoir servi les maîtres... Ne leur épargnez pas le val-de-penas.
DON RAMIRO, se levant.
Maintenant, un charbon allumé.
CALABASAS, à la porle de gaiiclie.
Gil, dans le brasero, un charbon.
LA SERVANTE, rnitranl avec une coibri 1' pK inc do flruis.
Voici les fleurs demandées, mon gentilhonmic.
(Gil aiiporte un grand \asc dans lequel sont des charlions allumes.) CALABASAS.
El voici le brasero.
DON HAMIUO, tout en jetant une idnco'e de paifum d;ns le brasero, aux
Servantes.
Choisissez les plus belles de ces fleurs pour en faire un bouquet, et laissez-moi les autres.
( Pendant que Calabasas promène le bras ro dans la salle pour la rai'^umer, don Runiro fait une. jonchée avec les fleurs reslresdans la corbeille.)
LA SERVANTE, lui p-esenlan', le bouquet.
Est-ce là ce que vous dtjsirez?
DON RAMIRO, remetlant la corbeille.
A merveille! Lie-le maintenant... (L*arrêtanl,'et prenant le bouquet.) Non, attends! (ll tire do sa poclie un ruban, et noue le bonqnol. —
Aux Servantes.) Tenez!... voicl dcux philippes d'or pour le dt'rangement que je vous ai causé.
(Les Servaules se reliront par la gauclie.) CALABASAS, s'inclinant devant lui.
Je désire être souvent dérangé ainsi, mon gentilhomme.
DON RAMIRO
.Maint(Mianl, si don Velas(iuez de Haro te demande qui a
cominaiidc le dîner, lu lui diias que c'est un cavalier dont tu ignores le nom; si doua Flor le demande qui a fait pour elle celte jonchée, qui a préparé ce bouquet... (il im lom.i le bouq.iei) et qui a bi'ûlé ces parfums, lu lui diias que c'est son courrier d'amour, don lUimiro d'A\ila... (a gursiu.) Adieu, la jolie fille!
(11 s'eluiice ùii diliois par le fond.)