‹ Le Gentilhomme de la montagneChapitre 37 sur 105 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

TORRIBIO; au niiliea, à don FeroaDd.

Capitaine... j'ai bien envie de serrer le cou à ce gaillard-là, jusqu'.à ce que la langue lui sorte par la bouche et le sang par les yeux... Qu'en dis-tu, capitaine ?

DON FERNAND, se levaot.

Il a ma parole; c'est à moi qu'il parle, c'est à moi de lui répondre...

l'alcade.

Et que peux-tu rt^pondre qui ne soit une nouvelle insulte aux hommes et une nouvelle offense à Dieu... païen et maudit f

(Mouvement des Bandits.)

FERNAND, les arrèUut d'uu geste.

J'ai dit que cet homme avait ma parole!... (pasçam k la droite de

l'Alcade.) Païen et maudit?... (Montrant une petite clef d'or pendue à son

cou.) Vois celte petite clef pendue à cette chaîne d'or... c'est tout ce que j'ai gardé de l'héritage paternel... Cette petite clef... elle ouvre la chambre de ma mère!... Eh bien, je vais te dire cela à toi, au risque du mal qui peut en résulter... une fois par mois, quand la nuit est venue, sous un déguisement quelconque, je quitte la montagne, je traverse la Véga... et je rentre dans cette maison de ma jeunesse, qui ne m'a jamais été si chère que depuis que j'en suis exilé... Je monte l'escalier, j'ouvre la porte de la chambre de ma' mère, je m'avance sans bruit... et je la réveille en l'embrassant au front!... Eh bien, seigneur alcade, quoi que vous puissiez dire... non, tant que ma mère me rendra mon baiser, je ne serai ni un païen, ni un maudit !... Et maintenant, j'en ai fini avec vous, parlez à ces hommes.

(Il remonte Tcrs le fi>nd et reparaît un instant après, à gauche, appuyé le long du grand

clièDe.)

l'alcade.

Soit!... (aux Bandits.) A VOUS autres !... Livrez-moi cet homme vivant, je vous offre votre grâce et trente mille couronnes. Allons, voyons, réfléchissez... Que répondez-vous?... Rien!...

DON FERNAND

Eli ciïct, pourquoi ce silence? iN'avez-vous pas entendu ou n'avez-vous pas compris?

L ALCADE, mon liant un papier au 1/as duquel est le caclicl royal.

Voilà votre pardon, signé!

DON FERNAND

Voyez cfonc, c'est signé de la propre main du roi !.,. Voilà le cachet royal... Pas de réponse encore! Avez-vous peur qu'au moment où vous porterez la main sur moi, je ne me perce de mon poignard, et que, par un suicide, je n'annule le traité qui doit me livrer vivant ?... Crainte inutile, amis! Tenez, loin de moi mon poignard! loin de moi mes pistolels, mon épée!

(il remet ses armes à ceux qui l'entourent.) Me VOilà maintenant Si

pauvre, si désarmé, que je n'ai même plus de pouvoir contre ma propre vie!... Compagnons! quel est le premier de vous qui abandonnera son capitaine dans le danger?

TORRIBIO

Quand nous serions entourés, non pas une fois, mais neuf fois, non pas par quatre cents hommes, mais par tous les démons de l'enfer, pas un de nous, je le dis au nom de tous, pas un de nous n'abandonnerait son capitaine !

TOUS

Non, non^ pas un! pas un !

COMACHO.

Non, pas un! Qu'il soit maudit comme un traître, chassé comme un chien, celui qui en aurait eu la seule pensée !

VICENTE, arrachant le papier des mains de l'Alcade, et le déchirant.

Tiens, voilà ton pardon : le nôtre est dans le canon de nos carabines.

(Hourra géne'ral.) DON FERNAND.

Et maintenant, retournez vers ceux qui aous ont envoyé

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