ACTE TROISIEME
et être pris, c'était pour lui une mort ignominieuse! eh ])ien, sans qu'au risque d'être pris, se glissant dans la ville, escaladant un nuH-, il ne renirât dans celte chambre!. . Je me senlaistoiit à coup éveillée au r. ilien de mon sommeil par un baiser au front. . C'était lui! lui qui, pendant une heure, en m'embrassant, en mappelant sa mûre... outliait tout et me faisait tout oublier! (se icvsi.t.) Ahl cependant, je ne puis rester ainsi... on ne l'a pas vu mort... on n'a pas touché son cadavre !... (rass.iit au mi ie.i.) Qui uic dit qu'il ne s'est pas échappé, qu'il n'erre pas autour de cette maison, qu'il n'est pas derrière celle porte, et qu'il ne va pas entrer... Ahl je suis folle! Fernand! Fernand !
SCÈlNE VI Les Mêmes, DON FERNAND, GINESTA.
(Ils entrent jiar le fond.) DON FERNAND.
Ma mère ! me voici !
(Il lombc dans les bras de sa mère.) DON A MERCEDES.
Lui! mon fils! lui I... Ah!... ahl ne me tuez pas, mon Dieu, donnez-moi la force de vivre!..,
DON FERNAND, se toirnanl vers «îoii Riiiz.
Senor, béni soit le jour où il est permis à mon amour filial de venir se pi'osternerà vos pieds!
(Il plie le genou devant don Tluiz.) DON RUIZ,
Voici ma main, et Dieu vous rende aussi sage que mon instante prière l'en supplie du fond du cœur.
DON FERNAND effleure de ses lèvres la main de don R.iiz; pni-, se relevant, il s'elancc de nouveau d. us les bras de sa mrre, — >Iontraul G nesta, qui est restée au fond.
Ma mère, voici la courageuse enfant qu'il vous faut bénir. Elle m'a apporté ma grâce et celle de mes compagnons malgré le feu et les balles... Elle s'appelle...
DONÀ MEhtlÉDKS, Piaouranl Giiicsla de ses l.ra^%
Elle s'appelh ma fîl'c!
Madame, je suis payée...
DON FF.P.ISAND, allanl à Velasqiiez.
Monsieur, je sais touî ce que vous avez tenté de faire pour moi, et l'intention, à mes yeux, vaut le fait; je ne sais comment vous en remercier; mais il y a prés de vous une personne qui devinera peut-c^frc tout ce qu'il y a de reconnaissance brûlante dans mon cœur.
(En disant cela, il a tiré ilf son |)ourpoinl une fleur fancc qu'il poilc à ses lèvres.] GINESTA, h i-arl.
Dieu ! il l'aime !
[Mercddès a entendu le mot de Ginesta cl treieallie.) DON VELASQUEZ.
Ne parlons plus du passé, don Fernand. Tout est oublié, puisque vous voilà gracié... Mais je crois Otre l'interprète fidèle dci.i votre père, en vous demandant avec de tendres prières, en vous conjurant de changer de mœurs et de conduite, et de travailler à reconquérir l'estime publique... en sorte que même vos ennemis reconnaissent que les âpres leçons du malheur ne sont jamais perdues pohi'un Coeur noble et un esprit intelligent.
(Velasqncz s'arrête comme dominé par l'émotion.) DON FERNAND.
Ah! si je pouvais mériter que mon père devînt un jour mon ami!
DON RUIZ, s*3|)prochant.
Il lé deviendra... (Monvcm'^iit du joie de don Fernail(t. — t)oh liiiir., rc-
p onaut vivemont.) Il le deviendra le jour où vous en serez digne, le jour où, corrigé de vos passions violentes, vous serez devenu vous-même un si parfait gentilhomme, que le père Id plus scrupuleux n'hésitera point à vous prendre pour gendre...
DON FERNAND
Que dites-vous!... Quelle félicité me laissez-vous entrevoir î^ki Avez-vous entendu, doria Flor... ce qu'a dit mon père?... AH!