EN EUROPE
Avant 1709, le Ginseng était connu en Europe par les méricires des Pères Jésuites, ex. l'Atlas Chinois du Père Martini, l'Histoire Naturelle du Pere Eusèbe de Nierenberg, et la Chimie 'Ilustrée du Père Kirker. En 1709, le Père Jartoux, envoyé par l'empereur de Chire en Tartarie, pour en faire la carte géographique, se trouva en compagnie de 10,000 Tartares, employés par le même souverain, pour cueillir le Ginseng ; il en profita pour étudier la plante sur place, en connaître les nabitudes : il en fit un dessin et une description exacte. Le Père Jartoux, en 1714, a publié, daus les ‘‘Fhilosophical Transactions of the Royal Society of London’, A description of a Tartarian Plant called ‘‘Gin-Seng’’. C’est sur cette description et ce dessin, que en
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1716, le Père Lafitau , at l'identifier, près de Montréal, à quelques"arpents de sa Mission.
CHEZ LES SAUVAGES (origine commune) «
Les Iroquois, de temps immémorial, connaissaient cette plante, et la désignaient par les mots : ‘‘Garent- Oguen’”’, qui signifient : ‘““Cuisses de l'homme’. Le mot chinois ‘‘Ginseng’’, et le mot Japonais : ‘‘Ninjin”, ‘“Nisi”, ont le même sens étymologique et veulent are : ‘Homme racine”, homme-plante. Que les Chinois et les Japonais, peuples voisins, désignent, depuis des siècles, la plante par des mots qui, en se décomposant, donnent le même sens, il n'y a rien de surprenant, mas que les Iroquois, de la Nouvelle-France, dès avant 1700, en Amérique, procèdent de la même facon, pour nommer le Ginseng, cela fait supposer que les jaunes de l'Asie et les Sauvages de l’Amérique ont une origine commune.
Ce fait est d'autant plus significatif, qu’il y a en Asie et en Amérique, plusieurs autres plantes, qui ressemblent plus à la forme humaine que le Gingeng, et ont aussi des propriétés médicales connues des Chinois et des Sauvages, comme certains ‘“ Aralia ”’, espèce de Salsepareille. Le Père Lafitau en a déduit que l'origine était commune, il trouvait cette déduction confirmée dans le fait que les moeurs et les croyances religieuses des Sauvages présentaient plusieurs ana:0gies avec celle des Agiatiques. Il en a conclu, et je crois cette conclusion légitime, que le Ginseng de Tartarie et notre Ginseng sont absolument la même plante, ayant les mêmes pro-
priétés et la même origine, ne pouvant différer que par l'influence du gol et du climat. D'ailleurs notre même latidude quapcdoässla r
coup à ceux de Tartarie qui est à peu près sous la même latitude que la province de Québec.
Les Chinois, les Coréens comme les Japonais et les Sauvages d'Amérique, ont donné au Ginseng les vertus suivantes, d’après le Père Lafiteau, p. 24 et suivantes:
Le Ginseng fortifie, engraisse et chasse les maux de reins (rhumatisme).
C'est un cordial; augmente les esprits vitaux: (tonique et stimulant); rétablit les forces perdues, fortifie les faibles et les débiles. 11 échauffe agréablement le corps, lorsqu'on le fait bouillir au bain marri. La racine cuite exhale une odeur aromatique.
I1 cite le Père Jartoux, qui dit que cette herbe est merveilleuse; elle rétablit la chaleur naturelle et les forces perdues.
Il est bon pour le vertige; guérit l'asthme instantanément, rend la puissance virile. Aide la fonction des rognons, remède souverain dans les cas d’épuisement.
C'est un fébrifuge, surtout pour les fièvres lentes.
C'est un vulnéraire très puissant, guérissant avec une rapidité étonnante.
Dans leurs longues courses, les sauvages qui en portaient toujours sur eux, en prenaient pour ranimer leur.
forces épuisées, pouvaient supporter un jeûne très prolongé.
La meilleure manière de la préparer consistait de le mettre en poudre, et la dose de 114 once était suffisante, mais on pouvait souvent augmenter la dose avec avantage.