‹ Le glaive sur Rome et ses complices!Chapitre 2 sur 35 · II · texte numérisé non relu

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^^ science, tu chanteras leurs cantiques, tu crieras leurs me- " naces et tu affirmeras, par la parole et par l'écriture, les ^^ grandes promesses de délivrance et de relèvement qu'ont si " imprudemment oubliées les enfants des hommes. Je te mon- " trerai ceux sur lesquels mes regards se sont fermés : tu ver- " ras dans la justice et dans la vérité le plan infaillible conçu " par moi dès le commencement. Les cieux te seront ouverts, " et les yeux de ton âme y verront les places restées vides " depuis la grande révolte qui fit deux camps parmi les chers ^^ enfants de ton Dieu. Je te montrerai le grand chef-d'œuvre " de toutes mes complaisances: tu sauras la grande histoire ^* du ciel, la création des anges, la nature des lois de ces radi-

euses générations.

" Je t'apprendrai comment il y eut un Éden ; pourquoi y fut " placé le premier homme, ce qu'était cet homme, et quelles ^^ étaient mes fins en tirant de la force que je lui avais donnée " un être de sa nature pour vivre avec lui comme sa compa- " gne, comme son amie, comme son épouse. Les sceaux de ce " délicieux jardin te seront levés: tu toucheras tous les actes '' de ma miséricorde; tu seras juge entre ma justice et mon " amour. Je te prouverai toute la majesté de l'épreuve, toute ^^ la grandeur dont j'honorais les éprouvés: ma lumière te *^ conduira depuis la porte gardée par le fidèle chérubin jus- ** qu'au Trématique où les deux transgresscurs venaient m'ap- *^ porter leurs intelligents hommages et leur consciente recon- " naissance; tu verras sans nuages la participation de tous les '^ bannis du royaume céleste au grand crime qui leur a fait per- " dre la vie de la lumière et de la vérité; tu entendras ce " vaste, cet immense concert d'excitation de tous les esprits " qui aida si puissamment le tentateur dans la séduction d'Eve. " Tu pénétreras la vérité des enfers, ce qui les compose, ce '^ qui les continue, ce qui les nourrit.

" Je te ferai asseoir à la barre de ma sao-esse; tu assisteras

" à mes intimes et olorieux conseils. Tons les âges viendront " confesser devant toi la solidarité de tontes mes créatnres; les '^ siècles accnseront cliaqne génération, commençant par le " grand crime du farouche Caïn . Tu béniras le temps où " j'ordoimai le déluge, et tu me trouA^eras grand dans cette " miséricordieuse destruction. Tu chanteras ma grâce, ma di- " vine tendresse dans le pacte divin que j'appelai Abraham à " signer avec moi. Tu verras qu'en tout temps mes divines " promesses devaient être pour l'homme un secours , une force , " un appui. Tu verras comment au Sina je voulus commen- " cer ini grand peuple , arracher à l'erreur , sortir des ténèbres " la malheureuse humainté: l'histoire d'Israël te sera donnée " dans toute la sincérité de ses œuAres. Tu comprendi'as mes " desseins qui sont la gloire de l'homme, ce don du libre ar- " bitre qui le fait semblable à moi. Tu comprendras pourquoi " je fis paraître alors tous ces savants prophètes, pourquoi ^' j'ai voulu que leur parole fût gardée, pourquoi les hommes " leur vouèrent tant de haine, pourquoi ils furent maudits et " mis .à mort. Je relèverai pour toi, afin que tu le publies, la '' cause de mon indignation contre ce peuple, mon mépris *' pour son amour de l'esclavage, et mon courroux contre ses " prêtres et ses docteurs.

" Je te rappellerai les jours tout-puissants de ton âme au " Carmel. Je te ferai marcher dans la voie que marcha le " Messie. Ma lumière brillera, pour l'enseignement de tes frè- " res, sur le ^ieux Testament préface du nouveau. J'abattrai " le rideau qui cache mes mystères: ta voix enseignera aussi " bien que ta plume que le temps est venu d'apprendre toute " vérité. Je te d(mnerai tout pour rapprocher les peuples, faire " oublier les ruines, et pardonner au passé. L'extase te por- " tera dans les sphères secrètes peuplées par les âmes, ou ha- " bitées par les esprits; la vision te fera toucher les cieux, " mes décrets, mes desseins, mes ordonnances, mes désirs.

" Je te ravirai pour que tu saclies que je n'ai point invente? la " souffrance; pour que tu comprennes, qui veut, et qui fait la " douleur. Je viendrai vers toi sous toutes les formes néces- " saires pour imprimer dans ton âme , dans ton esprit ou dans " ton cœur, ce qu'il sera indispensable d'affirmer à ceux que " je placerai près de toi, parce que je veux que tu répondes à " toute raison et à toute conscience. Je t'instruirai sur le vé- " ritable amour et sur la vraie charité . Je te travaillerai com- " me l'humanité a besoin d'être travaillée. Je te façonnerai pour '' que tu sentes en toi toute la vie de tes frères, pour que tu " sentes toute la gloire qu'il j a de vivre en eux. Tu sentiras " que tes frères c'est toi, que leurs douleurs sont tes douleurs, *' que leurs misères sont tes misères . Tu te sentiras souffrir en " eux comme en tes membres, et tu arriveras à ne plus pen- " ser "qu'à eux pour arriver à justement penser à toi . Tu con- " naîtras ce seul vrai bonheur dont parle si savamment l'Apô- " tre des gentils: tu mettras ta gloire dans l'art de perdre ton " âme pour chercher le salut de celles de tes frères; tu ou- *' blieras ton toi, pour cette grande science qui se trouve en- *^ fermée dans ce grand légitime eux Î „

Frères, le Seigneur, comme toujours, a tenu fidèlement toutes ses promesses ! — il m'a instruit comme il me l'avait dit ; il a fait en moi toute^ les grandes choses que lui seul pouvait faire; il m'a fait assister à ses conseils; il m'a initié à l'ordre suprême de ses décrets; il m'a laissé voir dans les profonds abîmes que le mal habite; il m'a montré les noirs projets de certains hommes qui se sont donnés au ministère des enfers î

Durant quinze années, il m'a éprouvé comme l'or dans la fournaise! malheureux pygmée, il m'a toujours placé en fjice des géants! — la haine m'a saisi; la colère m'a enchaîné; la fureur m'a tenu captif; le trône m'a jeté dans des cachots; le temple m'a couvert d'anathêmes ; les princes m'ont traqué comme une bête fauve, et les prêtres, ne pouvant me saisir, ont

jeté et fait jeter, sur mon nom et sur ma vie, toutes les immondices et toutes les ordures qui remplissent leurs âmes ! Les grands hommes d'état me trouvaient dangereux pour leurs divins maîtres; les sbires, les gendarmes, les espions, les évoques m'accusaient partout d'être l'effroi , le trouble du trône et de l'autel! On me traitait d'escroc, quand on pillait ma demeure! J'étais un homme sans mœurs, disaient, en me volant, l'arrogant valet du préfet et un chanoine en étole! J'étais un impie: et l'illustre curé de ma triste vallée brisait, à coups de pied, un tableau bien modeste qui représentait le mariage de Marie avec saint Joseph! J'étais un profanateur: et le zélé curé, arrachait, furibond, les tentures de l'autel, insultait au tabernacle dans lequel des prêtres présents avaient déposé les restes augustes de la communion de leurs enfants et de leurs frères! Nous étions des infâmes: et la magistrature n'était pas appelée à nous stigmatiser selon les lois que nous avions enfreintes, et selon la morale que nous avions outragée! Notre vie était un scandale public : et quand les gendarmes nous emmenaient pour recevoir du préfet les passe-port de l'exil, la moitié des habitants qui nous voyaient chaque jour, qui nous connaissaient, s'étaient réunis, non pour nous jeter l'injure, comme le croyaient les pourvoyeurs de Cayenne et les .officiers du sacrilège office, mais pour nous tendre la main, pour nous dire adieu, avec cette pitié qu'excitent des bourreaux entraînant leurs victimes, et pour nous dire courage, avec des larmes dans leurs yeux!

Ces haines, ces colères, ces fureurs n'ont pas éteint une seule aspiration de notre confiant espoir, ni détruit un seul atome de notre foi! Nous savions tout cela, nous l'attendions, nous nous en réjouissions par avance; nous aurions pu fuir, mais nous ne devions déserter le camp de la prière que contraints par la brutalité et par le forbanisme de ces fiers dominateurs qui ne devaient nous atteindre que pour nous affirmer

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is leurs ruines! Ils ont eux-mêmes tendu les pièges qui les doivent prendre I croyant nous arracher du sanctuaire, et nous jeter dans l'impuissance , ils nous ont délivrés de nos lisières d'enfance, et mis à même de crier à haute voix ce que jusque là nous ne devions nous dire qu'en face de Dieu et presque aussi bas que le silence! Les insensés! ils se sont crus de taille à se mesurer avec le Seigneur!

Le Seigneur nous a séparés d'eux en nous disant tous leurs forfaits et tous leurs crimes; en nous montrant chaque jour la honte qu'ils dévorent, l'abîme qu'ils se creusent, la mort qu'ils se préparent! Nous les voyons abandonnés, les uns à la merci de leurs puissants complices , les autres à l'incessante peur du trébuchement de leur idole.

Depuis deux ans nous avons élevé sur la terre hospitalière de l'Angleterre un sanctuaire où nous avons la joie et le bonheur de dispenser la parole de vie. Depuis deux ans nous préparons dans une intelligente retraite, sous les saintes et divines clartés des cieux, cet Évangile nouveau écrit en faveur de tous les peuples, et jusqu'ici toujours si entravé dans la vie de ses clauses.

Frères, les ténèbres s'éclaircîssent ; la liberté crucifiée au Calvaire avec le Messie est descendue; elle fait la vie d'un petit noyau apostolique. Tout ce que l'orage de la crainte humaine avait dispersé. Celui qui peut tout l'a rassemblé!

Écoutez, écoutez. Frères! le Tout-Puissant nous a parlé de nouveau; il a dit, au milieu des siens, à celui qui vous adresse ces lignes : — " Il est temps que vous ouvriez à deux battants *' les portes du nouveau temple. Il est temps qne vous semiez " dans l'intelligence de vos frères la nouvelle parole, l'onction ** de vie, le verbe qui éclaire, la divine semence de justice et " de vérité. Il est temps de publier l'année de grâce, la gran- ** de année du Juge, l'année du châtiment, l'année de déli- ** vrance. Il est temps! — - parce que les hommes commencent

" à sentir l'épouTante; parce que l'eiTroi et la consternation *^ ont envalii une grande partie des bonnes consciences; par- " ce que l'oppression ne se cache plus, mais qu'au contraire " elle est arrivée à corrompre assez ses victimes pour s'en fai-^ " re applaudir; parce que le crime se nomme publiquement ^^ le droit; parce que l'assassinat s'est érigé en fait de justice J ^' parce que l'astuce et le mensonge se font nommer science, gé- '* nie, talent; parce que la corruption est appelée chez ini '' peuple sacré, la sainte élection, le choix de la majesté di- " vine, la gloire du nom chrétien, la protection de l'unique *^ doctrine, la lettre majuscule du temple social et du temple ^^ de Dieu; parce que les ministres de mon sanctuaire reçoi- " vent, avec l'encens qui n'est dû qu'à moi, ceux qui volent, ^' ceux qui tuent, ceux qui jurent faussement en face de mon " nom et en face de mon peuple, ceux qui sacrifient à leur " orgueil et à toutes les brutalités de leurs passions la vie et " le bien de mes enfants .

*' Fils de riiomme, ajoute l'Incréé, il est temps que tu " montes sur le sommet du Carmel. Tu t'y tiendras debout *' comme une vigilante sentinelle; tu lèveras alors l'étendard '• de ma puissance devant le trône et devant l'autel; tu brise- " ras les nuages qui cachent les instruments de ma justice; tu " étendras la main et tu crieras de nouveau comme je criai " autrefois par ton frère Isaïe: = Maliieue! malueur aux

" TUEURS ET AUX PARJURES ! MaLHEUR AUX ASSASSINS DES PEU-

" PLE3 ET AUX PROFANATEURS DES LOIS î Malheur à ceux qui

" se présentent avec une hypocrite hardiesse dans la maison

" du Seigneur où son nom et sa sainteté doivent seuls être

*' adorés! Malheur à ceux qui se disent avec effronterie:

" nous voici enfin f^ûreinent couverts, quoique nous ayons

" commis toutes les abominations ! Malheur! trois fois mal-

" HEUR À tous aussi QUI RECEVEZ DANS LA MAISON DU SaINT " CES IvIONSTRES SANGUINAIRES, ET QUI INVOQUEZ A LEUR GLOIRE

" LE NOM DE l'Éternel I Malheur! malheur Î MALHEtm À

** TOITS, PRÊTRES SACRILEGES, QUI RECEVEZ DANS LE TEMPLE DB " LA PRIÈRE CES ABOMINABLES, CES INFÂMES QUI TRAITENT LA

" MAISON DU Seigneur comme une cayerne de voleurs ! — " Crie, crie cela. Fils de rhomme, et dis: Je crie ainsi et je " crierai encore, parce que je suis Élie! „

JE SUIS ELIE; l'Éternel Pa dit! JE SUIS ELIE: plus de protestations, plus de dissidences, plus de schismes possibles, plus de sectes, plus de coteries ! — une seule vérité, une seule loi, une seule justice, une seule communion, un seul amour! Je suis Élie, je l'écris sans rougir: parce que je suis moins que si je ne l'étais pas! Je suis Élie: nulle vanité, nul orgueil possibles! Je suis Élie: c'est-à-dire le moyen dont Dieu veut se servir pour publier l'année sainte , la visite du seul Maître, la délivrance générale, le suprême, le divin jubilé d'amour! Je suis Élie: ma mission est écrite et désignée depuis des siècles! Je suis Élie: nul homme ici bas n'oserait le dire si le Tout-Puissant, l'Infini ne le lui eût révélé! Je suis Élie! mon Dieu, le jour gi*and et terrible est donc bien proche! car voici ce que crie des monts d'Israël le Voyant Malachie: " Yoici, dit le Seigneur, je vais vous envoyer Élie

*' LE prophète AVANT QUE LE JOUR GRAND ET TERRIBLE DE

*^ l'Éternel vienne. C'est lui qui réconciliera le cœur des ** pères avec leurs enfants, et le cœur des enfants avec leurs ** pères , DE peur que je ne vienne et que je ne frappe la ter-

" RE d'interdit Î „

Je suis Élie: je me croirais fou, si je ne savais quelle est la toute-puissance du Seigneur, et combien peu importe dans ses œuvres le nom quelconque d'un malheureux mortel ! Je suis Élie: je l'écris, je le crie; parce que l'Évangile m'affirme luimême, sans désignation de temps ou de forme, qu'EN vérité Élie doit venir, et que de plus, Jésus assure que c'est lui qui rétablira toutes choses ! Je suis Élie: si j'étais seul osant

le aire, osant le croire, peut-être m'arrêterais-je encore; mais ceux qui vivent avec moi le disent et le croient : et leur nombre est assez grand pour confirmer dans leur commun accord, que les œuvres dont ils sont témoins et que les vérités qui leur sont montrées chaque jour par celui qui m'inspire sont les œuvres et la lumière que le Ciel a promises par Élie I

Je suis Élie : plus de réticences , plus de réserves ! Je suis Élie: incendions la terre, portons partout le flambeau divin de la vérité! Je suis Élie, c'est-à-dire celui que l'orne peut séduire, celui que la grandeur mondaine ne peut toucher, celui qui est à Dieu pour toutes les œuvres de sa miséricorde envers les hommes! Je suis Élie montrant d'une main l'éo-oïsme aux

abois, et de l'autre les portes triomphales s'ouvrant pour nous donner l'Esprit Divin de la pure charité ! Je suis Élie : à l'égoïsme mortel je viens montrer les splendeurs d'un égoïsme aussi puissant qu'il est éternel!

Je suis Élie: mon Carmel est construit, le Dieu des dieux l'a béni et sanctifié de sa présence! — il m'a ordonné de son divin ministère; il a arraché aux idoles romaines des hommes qu'il m'a fait oindre et consacrer sous ces féconds caractères : Pontifes de Justice, du Témoignage, de Science, d'Ordre, de Sagesse, de Mansuétude , d'Honneur, d'Humilité, d'Adoration, de Dignité, de Suavité, de Piété, de Gloire, et d'Abnégation! — Commençant ces jours heureux où chaque foyer sera un temple, il a investi, par une onction de grâce, des laïques dévoués; il les a admis à faire, par un suprême parallèle, au nom de leurs frères et en leur nom, l'offrande sacrée, généreuse et méritante du pain et du vin! Il a confirmé les enseignements du plus intrépide des Apôtres: il nous a dicté en notre langue, les saintes prières qui élèvent vers lui toutes nos intelligences, qui dilatent et animent nos cœurs, q i répondent à tous les besoins et à toute la fierté de nos âmes! Il nous a formés en une famille qui prend sa vie en lui , et qui la dépense

au bonheur et à la gloire de toute l'humanité ! Il nous a montré l'affreuse lèpre du pharisaïsme, la hideuse spéculation des faux pasteurs, la flétrissante cupidité de cette implacable engeance qu'on nomme les dévots!

Nous connaissons les subtiles adresses et les criminelles élasticités de cette théologie, où la passion de l'homme est tout, et où Dieu n'est rien! De ce mont sacré nous avons vu descendre, sur la EOME EEPAYENNE, Ics foudrcs divines brisant la sacrilège insolence des foudres prétendues chrétiennes! Nous avons vu ces hommes de haine et de sang qui se font appeler les Princes de l'Eglise! Le mystère d'iniquité nous a été montré dans toute son horreur ! l'ange de l'abîme a été contraint de nous avouer la part odieuse qu'il a prise à toutes ces fureurs que l'on couvrait du nom de Dieu!

Élie a vu les cachots des premiers chrétiens suer la honte en face des vengeances que les pontifes du christianisme ont exercées sur leurs frères! Oui, Frères, l'œil d'Élie a pénétré ces gouffres où la sauvage torture assassine et tue , chaque jour encore, les créatures de ce Dieu de miséricorde dont le Fils est mort pour nous mériter la vie, pour nous ravir à l'esclavage, pour nous donner la liberté! Oui, Frères, le Ciel a éclairé sous les regards de son nouveau Prophète toutes ces âmes hypocrites qui paraissent toute onction au dehors, et qui sont toute colère, toute haine, toute vengeance au dedans! Oui, Frères, la ville qui a pris le nom blasphématoire d'ÉTEENELLE est couverte du plus terrible et du plus sanglant anathême que le Ciel laissât jamais tomber sur la terre! Le Seigneur s'est mis du côté des peuples bien qu'il reconnaisse leurs iniquités ; mais, comme ledit l'Écriture: elles ont Été trouvées légères EN FACE DU POIDS DES INIQUITÉS DE LEURS CHEFS ET DE LEURS MINISTRES !

Frères, ne repoussez pas la voix qui arrive jusqu'à vous: le temps est venu de regarder en haut, car vous le devez sa-

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yoîr, c'est de là seulement que doit venir notre délivrance! Ah, prenez garde de vous laisser séduire par une apparence de religiosité étendue en dorure dans les temples, et en velour, soie et brocart sur le dos des prêtres: ce vous serait une honte ineffaçable que de vous cramponner aux ruines du passé comme des oiseaux de nuit dont la vie est d'être avec des cadavres! Ah, Frères, ne redoutez pas la lumière; préparezvous à assister à cette grande assemblée des aigles qui se ké- UNiRONT LÀ où SE kévèlera LE grand COEPS de l'humanité constitué en Dieu, c'est-à-dire le corps véritable du Verbe Incréé incarné dans son peuple ! O Frères , entendez tout ce fracas qui ébranle les sécurités les mieux affermies dans ce si triste monde! tenez-vous prêts pour ce second avènement promis par le Rédempteur éternel: voilà que vient le jour où toutes les nations de la terre seront jugées selon leurs œuvres ! O vous tous qui croyez, qui espérez et qui vivez dans l'attente, — la délivrance est proche! la véritable Église de Dieu gémit maintenant comme une veuve, elle pleure ses enfants comme Rachel! Elle a été abandonnée à des mains mercenaires; mais son Époux vient, il la délivrera, et sa seule présence sera un abîme de maux pour ceux qui l'ont vendue à ses profanateurs, à ses ennemis! Ne craignez pas de cesser d'être chrétiens, mais craignez d'être la honte de nos premiers frères: sortez de l'indifférence et de la crainte! Si vous voulez être chrétiens en esprit et en vérité, regardez ce qu'étaient pour Dieu, et les uns pour les autres, les premiers chrétiens! Si vous voulez être catholiques, craignez de l'être comme le sont la majeure partie des catholiques d'aujourd'hui: élevézvous, éclairez-A'-ous pour être dignes d'être catholiques comme les fidèles à venir ! Ah ! par pitié pour notre commune espérance, ne trempez ni par votre esprit, ni par votre âme, ni par votre cœur dans l'entente sacrilège des pharisiens et des grandsprêtres de nos jours ! Laissez leur la fièvre dévorante de la^

— xiïi — présomption de leur égoïsme qui les tue, et mettez votre gloire et votre bonheur à vivre d'un sincère et universel amour î Laissez^vous tôU'ôher par toutes ces solennelles palpitations qui annoncent la vie nouvelle! Regardez attentivement ceux qu^elle importuns^ ôt vous verrez qu'ils ne s'élèvent contre elle que parce quelle ti^ouble k mort où ils ont trouvé leur repos! Ah ! ne regardez pas sans effroi ces i^estes d'existences qui ne se révèlent plus que par l'amour du néant! Comprenez tout ie malheur de ces nostalgiques dont les ténèbres sont la patrie, et qui pleurent devant la lumière comme les nobles cœurs pleurent dans les tortures de l'exil !

Frères, Dieu nous laisse un bien imposant exemple: cette ëglise extérieure si cauteleuse, si imprudemment courtisane -aujourd'hui, nous l'avons vue pleine d'effroi, pleine d'anxiété: il y a quelques années on eût dit qu'elle attendait sa fin! La manière scandaleuse dont elle relève la tête maintenant nous prouve qu'elle ne comprend plus rien aux enseignements de son divin fondateur! Elle s'illusionne au point de prétendre reconquérir l'orgueil d'une puissance que Dieu a frappée à jamais! Hélas l'insensée! elle ne voit pas sous ses livrées royales et princières qu'une dernière leçon, plus terrible que jamais, est près de lui être donnée! elle ne réfléchit pas que Pheure du Maître est proclie: et si elle ne plie pas par avance pour obtenir pitié, elle sera brisée sans retard et sans miséricorde! L'histoire de îa Synagogue est toujours là! c'est du sein de cette église que l'église chrétienne est sortie. Celui qui a eu le droit et le pouvoir de répudier la première ne s'est point interdit d'être plus sévère encore pour la seconde. Il y a trois personnes en Dieu : il y aura trois transform.ations tem plaies. La dernière n'aura pas le droit d3 se circonscrire et de se borner dans l'étroitesse d'un nom , elle se nommera l'église véritablement universelle, l'église du triomphe, l'église de la paix, le grand temple DU Saint-Esprit, l'abîme d'amour du Pkre et du Fils-!

Malîietir doiic à ceux qui ne vivent que de la lettre, à ceux qui ne sont que pour les formes mortes; ils mourront avec elles! Mais, pour qu'ils servent d'exemple aux générations à venir. Dieu les frappera, et ils deviendront, comme la femme de Lot, des momies regardant toujours derrière eux avec des yeux morts! Eux seuls seront des sectaires et des rebelles à Dieu comme le furent les Juifs , mais ils ne pourront arrêter la marche de cette troisième transformation!

Chers bien-aîmés Frères , ne vous préoccupez pas de ce qu'il pourrait y avoir de lointain en apparence pour l'entier accomplissement des divines promesses conçues dans le plan divin J . venez grouper vos aspirations et vos générelix désirs à cette communion humanitaire et chrétienne qui nous rassemble att nouveau Carmel: tous les enfants de l'avenir y sont appelés î Plus de disputes religieuses, plus de sacrilèges emportements, plus de méchantes haines, plus de protestantisme possible là où toute intolérance et toute persécution sont condamnées! Qui donc pourrait protester désormais contre la juste et tendre indulgence de l'amour et contre une raison aussi compatissante qu'elle est sincère et éclairée? Plus de Judaïsme même! l'enseignement du Carmel, la présence d'Élie ne sont pour tous les enfants des hommes que les expressives et lumineuses manifestations de la pensée de Jéhovah pour le bonheur et la paix de toutes ses chères créatures! Plus de parias, plus de bannis: l'exclusivisme barbare des castes est déclaré positivement un outrage fait à la sagesse et à la justice du Tout- Puissant!

Ah! bénissons le Seigneur qui a disposé tout, et tout préparé dès le commencement pour nous faire marcher tous vers un but unique! L'église administrative et hiérarchique n'était pas la suprême essentialité de l'Esprit Divin: elle n'a été, et n'est encore que le moule préparé pour la fonte d'une société parfaite étant divinement universelle. Ce que vous verrez

tomber ne sera pas l'Église épouse bien-aimée du Rédempteur, enfantant sans cesse avec lui des béros pour le ciel: non, vous ne verrez répudier et briser que le type matériel. Ce grand essai, cette grande épreuve disparaîtra pour faire place au véritable ouvrage. Jugez de la beauté de l'œuvre achevée par la toute-puissance de l'Amour Divin! voici quels sont les préceptes par lesquels la génération en esprit et en vérité doit se développer et grandir :

Aimer Dieu plus que toutes choses, et le prochain plus que soi-même.

Préférer toujours le bien général à son personnel bien-être.

Aimer la lumière plus que toutes les richesses et les prétendues jouissances de la vie.

Aimer la Vérité éternelle, et lui donner, en tout et toujours, le premier droit dans notre conscience.

Défendre ce qui est le bonheur de tous préférablement à sa propre fortune.

Se dévouer sans limite et sans borne au triomphe de la vérité, soumettant à sa victoire, si les circonstances l'exigeaient, tout ce qui pourrait même faire injurier notre réputation et notre honneur.

Nous attacher à la gloire de Dieu avec une noble constance et une intelligente persévérance.

Préférer toujours souffrir pour nos frères plutôt que de les faire souffrir pour nous.

Nous regarder dans les plus grands crimes de la société humaine comme y ayant part, et voir toujours dans ses malheureux criminels des êtres sujets, comme nous, aux faiblesses de l'esprit et aux maladies du cœur.

Appeler partout l'hygiène morale à remplacer la brutale et sauvage pénalité.

Ne cesser de rappeler à la société des enfants de Dieu qu'elle doit toujours être mère et jamais marâtre.

— xrî —

Tonner, avec rincessante ardeur de la véritable charité, la destruction de l'homicide moral le plus affreux et le plus sacrilège des homicides.

Au lieu de vouloir détruire l'orgueil de l'homme comme étant la plus vile des passions, sachons en tirer la noble et suprême essence; souvenons-nous qu'il ne paraît en nous que comme une preuve permanente de notre origine plus que royale et de notre destinée immortelle; éclairons-le, dirigeonsle comme étant le plus magnifique attrait vers la plénitude de l'être; préparons-le à l'espérance infinie, et empêchons qu'il devienne jamais un implacable désespoir. Craignons sans cesse de voir nos frères trop courbés: cet état les pourrait vite conduire à la bassesse. Apprenons à l'homme à se bien connaître lui-même; montrons-lui d'où il vient, pourquoi il est, ce qu'il peut être et ce qu'il doit être; remettons-le dans le chemin du ciel en lui prouvant la véritable grandeur et la fin éternelle pour laquelle le Tout-Puissant l'a créé: le mauvais orgueil sera alors dans toute la plénitude de son impuissance, et l'homme débarrassé de ses ténébreuses étreintes célébrera, par des actes toujours dignes de lui, cette régénération saintement chrétienne qui nous est venue avec la divine connaissance du royaume de Dieu.

Aimés, bien-aimés Frères! mon âme serait malheureuse si, vous arrêtant seulement à quelques paroles sévères, indispensables parce qu'elles sont la reproduction exacte de l'indignation divine, vous me croyiez inspiré par une autre passion que celie de mon amour pour Dieu et pour vous. Afin que vous soyez à même de vous bien pénétrer que je ne parle pas de moi-même, je vais mettre sous vos regards le langage conservé des anciens prophètes: vous verrez comment Dieu leur parle et comment il leur ordonne de parler.

Yoici comment s'exprime le roi David. Après avoir passé en revue, dans la grande vision des temps, toutes les ruines

de sa descendance, tous les crimes des héritiers de son trôhe, il semble fix^r plus attentivement, comme point de consolation et d'espérance , l'âge qui doit être enfin le triomphe des nations. C'est sans doute alors qu'il s'écrie:

" Pourquoi les nations se sont-elles soulevées avec un grand " bruit?

" Les liois de la teere se sont opposes, et les princes se

" SONT assemblés CONTRÉ LE SeIGNEUR, CONTRE SON ChRIST, ET *^ CONTRE SA LOI.

" Celui qui demeure dans les cieux se rira d'eux, et le Sei- " gneur s'en moquera.

" 11 leur parlera dans son courroux et les remplira de trou* " ble par son indignation.

" Traitez tous les princes qui ont dit: mettons-nous en pos- *^ session du sanctuaire de Dieu comme d'un héritage, traitez- " les, Seigneur, comme vous avez traité Oreb et Zeb, Zébée *' et Salmanal

" Rendez-les, mon Dieu, comme UNE roue qui tourne sans *' CESSE, et comme la paille qui est emportée par le vent!

" Qu'ils rougissent et soient troublés pour toujours; qu'ils " soient confondus et qu'ils périssent I

" Qu'ils sachent que votre nom est le Seigneur et que vous '' seul êtes le Très-Haut dans toute la terre!

" Pourquoi vous réjouissez-vous daup; votre malice, vous " qui n'avez désiré la puissance que pour commettre l'iniquité?

" Votre langue a médité longtemps l'injustice; vous avez, *■'. comme tni rasoir aiguisé, fait passer insensiblement votre ** fraude et votre tromperie ; vous avez aimé , ô langues trom- " penses, toutes paroles qui tendaient à précipiter et à perdre!

" C'est pourquoi Dieu vous détruira pour toujours; il '^ vous arrachera de votre place; il vous fera sortir de '• votre tente, et il ôtera votre racine du NomjRE des " vivants. „

ie

Voîcî ce que dit Isaïe: " Poussez des cris et des hurle- " ments, parce que le jour du Seigneur est proche. Le Tout- " Puissant viendra pour tout abattre.

^^ C'est pourquoi tous les bras seront languissants, et tous " les cœurs fondi'ont comme la cire.

Le Seigneur brisera, sur sa montagne, cette chaîne qui

tenait liés tous les peuples; il rompra cette toile que l'enne- '^ mi avait ourdie, et qui enveloppait toutes les nations.

" Celui qui vient ouvrir les prisons arrivera bientôt.

" Le Seigneur viendra venger les crimes des grands et " punir leurs iniquités.

" Il fera cesser l'orgueil des superbes , et il humiliera l'inso- " lence de ceux qui se sont rendus redoutables .

" Ils seeont brisés; ils SEEo^^T agités de co^^TULSIo^'s et

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