‹ Le glaive sur Rome et ses complices!Chapitre 5 sur 35 · LES ÔTE DANS SON INDIGNATION · texte numérisé non relu

LES ÔTE DANS SON INDIGNATION

Joël, le cœur ravi, exhale sa joie en voyant s'ouvrir devant lui le jour de la venue du puissant Libérateur.

" Peuples, dit-il, venez tous enfouie, et assemblez-vous « de toutes parts en un même lieu: c'est là que le Seigneur ^' fera périr tous vos forts. „

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Amos s*iinpregriant da l'indignation de Dieu qni lui révèle sur quels débris il assiéra sa justice, crie aux chefs des nations et aux chefs du sanctuaire ces suprêmes menaces:

^' Je perdrai celui qui tient le premier rang dans le

" EOYAinVIE, ET JE FERAI MOURIR AVEC LUI TOUS LES PRINCES >

^' dit le Seigneur.

*• Je renverserai le palais d'hiver et le palais d'été: les ^*' chambres splendides disparaîtront.

" Le Seigneur renversera les plus forts comme en souriant,

^* et IL EXPOSERA À LA FLETRISSURE LES PLUS PUISSANTS.

** Malheur à ceux qui haïssent ceux appelés à les repr ndre <* dans les choses publiques! IVIalheur à ceux qui ont en abo- ^^ mination ceux qui les reprennent dans la droiture et dans ^' la vérité!

*' J'ai vu le Seigneur qui était debout sur l'autel, et qui a '" dit: Frappez les gonds et ébranlez la porte, parce que

" CEUX QUI. HABITENT MON SxVNCTUAIRE ONT TOUS l'aVARICF/ ^^ DANS LE CŒUR ET DANS LA TETE ! JE FERAI MOURIR PAR l'É- *' PÉE jusqu'au DERNIER d'eNTRE EUX. NuL n'ÉCIIAPPERa! ET

^' celui qui croira fuir ne le pourra pas !

*' Quand ils descenorment jusqu'aux enfers pour se ca- " cher, ma main les en retirerait! et quand ils poupraient

" MONTER jusqu'au CIEL, JE LES EN FERMS T03IEER ! „

MiCHÉE exprime ainsi son navrement et sa douleur en voyant ces générations de crimes s'étendant toujours de plus en plus sur la terre; c'est le cœur plein de larmes qu'il dit:

" On ne trouve plus de justice sur la terre! Il n'y a pres- ** que personne qui ait le cœur droit: tous tendent des pièges, " tous aiment le sang: le frère cherche la mort de son frère.

** Ils appellent bien le mal qu'ils font: le prince exige; le ^* juge est vendu ou à vendre; un grand fait éclater dans ses " paroles les passions de son cœur, et ceux qui l'approchent " le fortifient.

*• Le meilleur d'entre eux est comme une ronce, et le plus *^ juste comme i'cîpine c.'lui3 ha'e. Mais, voici le jour qu'ont ^^ vu LES prophètes! voici le temps où Dieu vous visitera

" DANS SA justice! c'eST ALORS QU'iL CHATIERA. „

H^VRACUC s'adressant aux princes qui ne craignent pas de répandre le sang liumain leur dit :

" Malheur à celui qui se fait un royaume avec le sang

« DES hommes, et qui LE FONDE DANS l'iIQUITÉ! „

Sophonie veut faire partager à ceux qui entendront ou qui liront ses paroles, la stupéfaction qui le domine, en face de cette majestueuse sévérité précédant le grand jour du Seigneur.

'' Demeurez en silence devant la face du Seigneur notre " Dieu, car son jour est proche: la victime est préparée, les *' conviés sont invités.

En ce jour de la victime du Seigneur, je visiterai les

princes dans ma dernière sévérité, les enfants des rois, et • tous ceux qui s'habillent avec orgueil .

*' Je punirai tous ceux qui entrent insolemment dans mon " temple, qui remplissent d'iniquités et de tromperies la mai- *• son de leur Seigneur et de leur Dieu. „

Osée à genoux, et fixant, sous l'éclat d'un rayon divin, i'horison de l'avenir, laisse tomber seulement ces paroles:

"Prêtres , écoutez ceci ! Maison d'autorité , soyez attentive ! " Maison des rois, prêtez l'oreille! car Dieu va exercer ses " jugements sur vous parce que vous êtes devenus a ceux " pour qui vous deviez veiller ce que sont les pièges aux '* oiseaux, et les filets tendus sur les hauteurs. „

. Malaciiie, l'âme étendue sur la généi'ation sacerdotale, voyant les maux et les châtiments qui doivent répondre à ses prévarications et à ses sacrilèges, confie aux prêtres de la première loi les menaces du Tout-Puissant contre eux, et contre ceux qui auront été élus en leur place:

" Voici donc. Prêtres, ce que j'ai reçu ordre de vous dire:

^' Si tous ne voulez point écouter les i^emontrances que " Tors ADR ssE LE Seigneur; si tous continuez à appliquer

" VOTRE CŒUR AU DESHONNEUR DE SON NOM, À l'uSURPATION " DE SA GLOIRE, IL MAUDIRA TOS BENEDICTIONS, ET IL LES *^ MAUDIRA, PARCE QUE TOUS n'aUREZ POINT IMPRIilÉ l'eSPRIT

" de ses paroles dans totre cœur.

" Il tous jettera sur le tisage l^épaule de tos ticti- " mes, et les ordures de tos sacrifices solennels tous " emporteront atec elles. „

Maintenant, Frères bien cliers, que vous avez comparé la parole ancienuB et la parole nouvelle; maintenant que vous avez été confirmés que lïndignation du Seigneur ne peut avoir cessé, puisque tout ce qui Texcitait alors a pris, de nos jours, des proportions tellement infinies qu'il arrive au plus grand nombre de douter souvent de sa justice et de l'intervention de sa sagesse au milieu de ce monde tant exploité par l'injustice et par le cupide égoïsme, vous n'aurez pas lu sans un vif intérêt ces sentences prophétiques qui s'ét-endent sur la destinée des peuples et des nations, comme la garantie la plus certaine du secours que doit attendre l'humanité opprimée, et de la délivrance générale qui triomphera de toutes les passions despotiques et de toutes les exploitations des frères par les frères. Vous ne vous retrancherez pas, je l'espère, derrière ce misérable rempart contre lequel tente encore de s'appuyer le pharisaïsme de nos jours croyant en retardant sa mort mieux cacher son agonie; vous ne direz pas insensément comme lui, lorsque la lumière vient attirer ses recrards sur ces vivantes menaces j

ou sur ces consolantes promesses: Nous ne craignons rien, l'ancien testament est fermé par le nouveau. Hélas! ceux qui parlent ainsi sont bien à plaindre! les ténèbres ont dominé leurs consciences; îi force de se donner au mensonge pour tromper ceux qu'ils devaient éclairer, ils se sont formés à se mentir, et à se tromper eux-mêmes.

Kon, î'ancian testament n'est pas éteint par la grâce du" nouveau! Si vous avez lu attentivement les citations du livre saint, vous aurez pu juger vous-mêmes, par le témoignage de l'histoire, qu'une grande partie de ces impesantes proclamations ne sont point encore accomplies .

Mais comme il est bon de bien s'affermir dans la certitude des décrets de Dieu, examinez css deux affirmations données par l'infaillible Vérité:

" JESUS lisait, un jour de sabbat, dans la synagogue, cette partie du livre d'Isaïe: " L'Esprit du Seigneur est sur '^ moi: parce que je suis son onction. Il m'a envoyé pour *^ évangéliser les pauvres, pour guérir ceux qui ont le cœur *^ blessé, pour publier au milieu des captifs la paix et la déîi- " vrance, pour ouvrir les yeux à ceux à qui on se plaît à les ' tenir fermés, pour apprendre la justice de la liberté à ceux " qui sont foulés, pour annoncer l'année agréable au Sei- " gneur, „ s'arrêtant à cette virgule et y posant le dcigt, il remit le livre au lévite, puis il s'assit.

" Alors tous les regards qui ont compris dans ce fait une raison devant être expliquée, s'arrêtent sur Jésus.

" Les comprenant, le Fils de Dieu leur dit à haute voix: " Ceci est accompli. „

Ce qui restait du verset, après la virgule précitée, est d'^n haut caractère comme preuve qu'il y a toujours dans les paroles des prophètes deux parts bien distinctes: l'une regardant le premier avènement de l'Homme-Dieu Yictime, et l'autre l'avènement glorieux de l'Homme-Dieu Dominateur de la mort et de l'enfer

Yoici ce que Jésus montra mtentionnellem? nt comme non accompli: " et le jour de la geande sÉvÉraiÉ de Dieu qui " viendra pour consoler ceux qui pleurent. „

Quand les Apôtres le questionnent sur la solennelle annonce de Malachie,, Jésus répond en termes si formels que toutes

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les autres par des de l' Écriture non accomplies s'en éclairent et

entrent sans réplique dans l'évidence de la même confirmation:

'• Oui, dit majestueusement Celui qui est la voie, la vérité,

*^ la vie, OUI assurément, Élie viendra, et il viendra pour

KETABLIR TOUTES CHOSES.' „

L'Apôtre saint Pierre, dans sa seconde épître, dit à ceux qu'il enseigne:

" Mes bien-aimés, c'est ici la seconde lettre que je vous écris, afin que vous vous souveniez des paroles qui ont été dites autrefois par les saints prophètes.

'• Sachez avant toute chose qu'aux derniers temps il viendra des imposteurs artificieux qui suivront leurs propres passions et qui dironi:: '• Qu'est devenue la promesse de son avè- " nement? car depuis que nos pères sont dans le sommeil de *' la mort, toutes choses demeurent dans le même état. „

" Mais, il y a un 3 chose que vous ne devez pas ignorer, mes lien-aimés, c'est qu'aux yeux du Seigneur un jour est comme mille ans, et mille ans comme un jour.

" Or, C03IME un larron vient durant la nuit, ainsi le jour du Seigneur viendra tout d'un coup.

" Car nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera. „

Hélas! nous avons cru nous faire des jours plus indépendants et plus heureux en mettant notre propre sceau sur ces grandes prophéties qui embrassent tous les âges jusqu'au parfait établissement du règne de Dieu sur notre si triste terre!

On ne nous a entretenus, depuis l'origine du Christianisme, que de tout ce qui est propre à effra^^er et à désoler ! On ne nous a rien épargné en fiiit de menaces et de vengeances! L'homme semblait n'être en cette vie que pour marcher sur d'incessants abîmes, et voir toujours suspendue sur sa tête l'épée du châtiment! Nos sens ont été formés à la certitude de ne jamais connaître ici bas cette tendresse paternelle que notre

raison ne peut s'empêcîier de reconnaître ou de croire à Dieu!

Les ministres de la grâce divine ont remplacé l'ancien voile du temple juif: ils se sont toujours parfaitement entendus pour nous cacher Dieu, afin que nous ne le croyions plus que dans leur autorité et dans leurs ordonnances!

Ce Dieu qui s'était fait notre frère, qui était mort pour nous, pour payer notre rançon au Principe éternel de la souveraine justice, nous ne le connaissons que comme toujours armé pour nous abattre, ou comme toujours tonnant pour nous damner ! Nulle espérance sur cette terre dirigée par l'anatliême! Pour toute perspective, tant qu'elle existera, le gibet, les chaînes, les verges, le fiel et la couronne d'épines! Jamais de halte dans les maux de l'humanité: les incessantes tortures du prétoire et les sanglantes agonies de la croix!

Mais à quoi donc servent ces paroles: " Annoncez paetout

" LA MORT DU LIBERATEUR, JUSQU'À CE QU'iL VIENNE? „ Que

peut-il venir faire? Quel sens donner à ces paroles? Sont-elles des menaces nouvelles, ou Lien ce Libérateur généreux jusqu'à se donner lui-même pour notre délivrance ne veut-il pas, en encourageant notre patience et notre résignation, nous assurer qu'après avoir été traités comme lui il nous reviendra pour nous faire jouir avec lui de ses triomphes, de ses conquêtes et de sa glorieuse impassibilité?

Ah! vous qui nous vantez si bien les voluptés de la souffrance, de la privation, de Fassujétissement et des larmes, pourquoi prenez-vous tant de soins? pourquoi professez-vous tant de mensonges, tant d'hypocrisie? pourquoi vous liez-vous sans cesse avec ceux qui s'approprient la graisse de la terre, afin de vous soustraire le plus souverainement possible à tous ces charmes et à tous ces bonheurs?

Ne faites pas tant d'efforts pour nous vanter un ciel qui ne s'acquiert que par un continuel mépris de la terre, car nous ne nous y trompons pas: votre vie et vos manoeuvres prouvent

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aux plus aveugles que cette terre que vous honnissez tant vous est bien plus chère que ce ciel dont vous parlez sans cesse, et auquel vous ne croyez que très-imparfaitement.

L'amour des soiiiFrances et des croix n'est pas un amour de précepte, c'est un amour de grâce et de haute perfection. Il ne se contente pas de vivre dans les paroles et d'être ordonné à ceux-ci ou à ceux-là. Celui qui le possède est heureux; il le préfère à tout; il ne l'enseigne aux autres que par une constante et fidèle pratique; il évite tout ce qui poui'rait l'y soustraire; il reconnaît cette possession comme une faveur que le Ciel lui accorde , comme une grâce d'expiation qui peut seule le libérer de ses transgressions antécéd ntes et présentes, ainsi que de sa solidarité dans toutes les transgressions de ses frères.

Celui-là qui est dirigé par ce suprême amour y trouve des voluptés que les heureux du monde sont bien loin de soupçonner; il n'a pas de mandat officiel pour la dispensation de cet amour; il ne l'a point obtenu par des vœux insensés; il ne s'est pas assujéti, il s'est donné à la sagesse et à la miséricorde de son Di.u; il ne peut vouloir cette possession à ses frères, car, bien loin de se faire leur censeur, ses épreuves lui paraissent moins grandes à mesure que ceux qu'il doit aimer plus que lui-même sont moins éprouvés et moins malheureux. Nul n'a le droit de lui demander compte des infractions ou des faiblesses auxquelles sa nature est assujétie, s'il n'esu pas un de ceux à qui le Maître divin a dit, commxC ordre et comme loi:

" Ne peépaeez ni sac pour votée voie, ni deux habits, ni " deux paiees de souliees, ni baton; cae celui qui teavail-

" LE MÉEITB qu'on LE NOUEEISSE .

" Je vous envoie co:mme des beebis au milieu des loups. " Les hommes vous accuseront dans leues assemblées, et

" ils vous feront FOUETTEE DANS LEUES SYNAGOGUES.

t' Vous SEREZ HAÏS DE TOUS LES HOMMES À CAUSE DE MOI; '' MAIS CELUI-LÀ SEBA SAUVE QUI PERSEVERERA JUSQU'À luX FIN. „

Cest sans aucun doute en face de cette loi inviolable pour les vrais ministres de Jésus-Christ que saint Jean Chiysostôme, saint Jérôme et saint Augustin tonnent si prophétiquement leur douleur à la vue de ce noir horizon qui leur cachait cette grande apostasie si vastement consommée en nos jours.

Hélas! bien avant ces grands docteurs, rApôtre sahit Paul Pavait prédite. Lui, un des plus féconds nourriciers de l'Église naissante se voyait déjà attaqué, repoussé par l'égoïsme de ses nouveaux frères qu'il avait évangélisés et christianisés dans le baptême.

Saint Jean, le plus doux et le dernier de Fintrépide phalange apostolique, pleure de la honte et des chagrins que lui fait essuyer l'insolent orgueil de ceux qu'il a ordonnés et consacrés au nom de Celui qui a dit, pour être la règle indispensable de ses disciples: " Apprenez de moi que je suis doux et humble " DE CŒUR. „ JÉsus-CiiEiST avait pourtant solennellement appuyé sur cette obligation indispensable pour ceux qui voulaient être les dispensateurs de sa vérité; et pour qu'ils ne se laissassent pas surprendre par la lèpre qui avait dévoré Féglise judaïque, il avait soin de leur répéter:

" MÉFIEZ-VOUS sans cesse du levain des pharisiens Î ,^ c'est-à-dire évitez avec soin l'esprit de corps et de domination ; veillez sans cesse, car rien ne doit être pur et dévoué comme une société fondée pour être dépositaire d'une sainte doctrine] Méfiez-vous du levain des pharisiens! car comme eux vous mêleriez sans vous en apercevoir votre propre esprit à l'Esprit Divin vivant dans mes enseignements; peu à peu votre faiblesse vous entraînerait à remplacer la parole de Dieu par les explications de l'homme intéressé à les imposer: vous savez que la chair est faible, et qu'elle abuse souvent des prérogatives de l'esprit: ne vous faites donc jamais l'animal cliargé de choses saintes, parce que vous finiriez par croire facilement comme lui que c'est vous qu'on adore, et même par vous affirmer que réellement vous devez Hre adorés. Ii

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