LEE
— Quatrième temps : réapplication du lambeau conjonctival.
Dans nos observations, nous avons vingt opérations fistulisantes pratiquées selon la technique d’Elliot. Voici pourquoi nous lui avons donné la préférence et en quoi nous la critiquons :
Si l’une et l’autre des méthodes fistulisantes réalisent la filtration de l'humeur aqueuse, la technique de Lagrange présente l'avantage de porter avec prédilection sur l’angle de filtration, et ceci sur toute la largeur de la résection sclérale, tandis que la technique d’Elliot est souvent trop cornéenne, voulant éviter toutes blessures ciliaires; d'autre part, et pour la même raison, le lambeau conjonctival limbique est très fragile, mince pellicule épithéliale défendant mal l'œil des infections exogènes.
Mais tout en prenant conscience de ces critiques, nous partageons l’opinion de TERRIEN que nous citerons intégralement :
« Nous donnons sans hésitation la préférence à la trépanation d’Elliot. Elle nous paraît ici, non pas même l'opération de choix mais l’opéfation, pourrait-on dire, seule rationnelle. Car, si pour les formes chroniques ou subaiguës du glaucome de l'adulte, il est permis d’hésiter entre trépanation d’Elliot ou la sclérectomie de Lagrange capable de donner peut-être des garanties plus grandes de fistulisation, aucune hésitation ne nous paraît possible ici, et ceci du fait des conditions anatomiques spéciales à l'œil de l'enfant atteint de glaucome infantile.
« Les dangers éloignés de la trépanation sclérale ne sont certes pas plus considérables que ceux de la sclérectomie de Lagrange (on ne comprendrait guère qu’il y eût une différence à ce point de vue) et la première intervention sera beaucoup plus facile du fait du volume relativement considérable du globe par rap-
port à l'orbite, ce qui rend plus difficile la sclérectomie de Lagrange, et surtout du fait de l’élargissement chez l'œil buphtalme de l'angle irido-cornéen.
« Moins que le procédé de Lagrange, il exposera ici à la blessure de la racine de l'iris et à l’issue du vitré, à l'ouverture large de la sclérotique et aux hémorragies qui peuvent en être la conséquence. »
A la réunion de la Société d’ophtalmologie de l’ouest de la France en 1947, PESME, qui fut partisan des iridosclérectomies, abandonna cette technique parce qu’elle entraînait trop facilement des pertes de vitré et préféra la trépanation comme étant la plus pratique pour fistuliser l'œil d'un nouveau-né.
Dans nos vingt observations d’Elliot, nous avons noté au dernier examen neuf globes à tension oculaire normale, huit globes à tension oculaire élevée et trois: globes à tension oculaire inférieure à la normale.