‹ Le Glaucome: dans ses Rapports avec la SyphilisChapitre 15 sur 33 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Glaucome primitif irritatif Hémiplégie droite - Syphilis - Artério-sclérose

(Thèse Josepx, Paris, 1904)

J. L., 45 ans.

Antécédents héréditaires: père rhumatisant.

Antécédents personnels: canitie précece, cheveux blancs à 18 ans, presbytie précoce + 3 D. A l’âge de 30 ans, le malade a contracté la syphilis, a été traité aussitôt. Ictus à l’âge de 40 ans; trois attaques subintrantes après troubles prodromiques, vertiges et défaillances. Il reste aphasique pendant un mois et est atteint d'hémiplégie droite. Il a subi à ce moment un traitement consistant en une trentaine de frictions mercurielles, qu'on a dû interrompre par suite d'une gingivite hydrargyrique. Il a été remis au traitement par des injections intra-fessières d'huile grise.

Le début de la maladie remonte au mois de juillet 1902, le malade avait observé des obnubilations passagères dans sa vision, des cercles colorés autour des yeux se produisaient, surtout le

soir, et étaient presque toujours suivis de céphalée fronto-orbitaire unilatérale.

©. D. Pupille dilatée, injections périkératites T + 1; V. O. D. — compte les doigts à 1 m. 50. V. O. G. avec + 2 — 1/3. Champ visuel droit rétréci du côté nasal. On propose l'iridectomie et le traitement spécifique. En trois mois, le malade a reçu 23 injections intra-veineuses de 1 ce de cyanure de mercure. Six mois après le début de ja maladie, le malade se présente avec une hémiplégie droite, avec réflexes exagérés, Babinski en extension, trépidation épileptoide. Le fond d'œil est inéclairable, les veines sont grosses, il n'y a pas d'excavation nette, peut-être une légère atrophie papillaire.

Le malade présente des signes d’artériasclérose.

Cœur : à la base, souffle de rétrécissement aortique, deuxième bruit claquant mal sans souffle d'insuffisance. La pointe bat dans 1/2 cinquième espace intercostal gauche IéRerement dévié en dehors. Pas de signe d’angor.

Les artères périphériques sont un peu grosses mais non sinueuses, leur dureté est augmentée; tension artérielle: maximum 17-

Dans cette observation, l’action de la syphilis est évidente. Le glaucome n’a débuté que plusieurs années après l’apparition des premiers signes de spécificité, l'infection tréponèmique avait déjà atteint le système nerveux et l'appareil cardio-vasculaire, avant de se localiser sur l’œil. De même, chez ce malade, jeune, l’artério-sclérose est due à la syphilis, dont l’action angio-sclérosante est établie maintenant.

Page 1