CONCLUSION
En résumé, nous avons montré (du moins nous aimons à nous flatter d'y avoir réussi) que la doctrine des effondrements est contradictoire avec l'ensemble des observations géologiques ; que de plus elle conduit à des conséquences physiquement inadmissibles ; enfin que Texamen théorique des conditions de refroidissement du globe mène à des conclusions diamétralement opposées. Ajoutons encore que déjà, sous la forme même que ses auteurs lui ont donnée, cette doctrine impliquait contradiction; car MM. Suess et Neumayr admettaient l'existence de régions de plissements incontestables, telles que les Alpes. Or, comment une voûte sphérique peut-elle être
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comprimée en certains points et tendue en d'autres? Il faut choisir entre les deux modes; mais la coexistence n'^en saurait être admise.
C'est pourquoi, sans contester le mérite des remarquables observations de M. Suess, sans méconnaître la hauteur ni l'intérêt des vues qu'il a développées dans VAiiiliti, nous croyons que la doctrine des soulèvements, fondée sur l'état de compression de la surface du globe, sort pleinement victorieuse de répreuve à laquelle Tattaque de la nouvelle école vient de la soumettre.
Du reste, il ne s'agit pas seulement d une victoire remportée au nom de la théorie. Plus les observations se multiplient et plus on est frappé de l'importance que prennentles phénomènes de plissement, dans des régions où ils n'avaient pas encore été soupçonnés. Le bassin de Paris, où il semblait que les mers jurassiques n'eussent guère été soumises qu^à des mouvements de progression ou de recul, offre, quand on l'examine dans le détail, les preuves de nombreuses ondulations, survenues entre les époques de dépôt des divers étages. M. Marcel Bertrand a même pu reconstituer ces plissements, dont la réalité n'a pas été niée par M. Suess, qui les a appelés des eff'orts
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posthutneSy alors qu'il faudrait plutôt reconnaître que la série n'en a jamais été interrompue.
Enfin, tout récemment, sur le revers du Plateau Central qui regarde l'Aquitaine, et où plusieurs géologues, trop fidèles à la théorie du Horst, ne voulaient voir qu'une série d'écroulements en gradins, M. Glangeaud a montré qu'il s'était formé de vrais plis, affectant les couches jurassiques et même crétacées. Ces plis sont parallèles au bord du massif ancien, et se résolvent parfois en cassures. Mais bien souvent ce sont des dômes alignés, qui attestent des poussées latérales, par lesquelles les couches ont été comprimées contre le noyau rigide.
TABLE DES MATIERES