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VII. — DIAGNOSTIC

Ce chapitre de diagnostic n’est évidemment que provisoire ; nul doute que, même d'ici à peu d'années, le nombre

DA NT qe des bactéries génitales n'augmente encore, du moins chez la femme, et il faudra apprendre à distinguer ces nouvelles espèces, car ce chapitre ne peut être basé que sur la connaissance de la bactériologie normale des organes génitaux ; or si cette étude est à peu près complète chez l’homme, grâce aux beaux travaux de BuMmM, LUSTGARTEN et MANNABERG, STEINSCHNEIDER, LEGRAIN, on peut dire que chez la femme, où la question est bien autrement compliquée, tout reste encore à faire.

Ces réserves faites, examinons comment les auteurs ont compris ce diagnostic.

1° Opinion des auteurs

Bumu (1), ayant isolé cinq espècés de microcoques dans l'atmosphère ou les sécrétions vaginales, ne put les différencier du gonocoque parles caractères microscopiques ; se basant alors sur les cultures, il fait remarquer que ses cinq microbes viennent tous sur les milieux ordinaires, tandis que le gonocoque ne se développe que sur le sérum sanguin, et encore assez mal. Mais nous avons vu qu'on à fort bien cultivé le gonocoque sur les milieux ordinaires. Plus loin, il admet comme caractéristique l'aspect en amas autour des noyaux ; plus récemment, AUBERT (2?) a appuyé cette dernière opinion; mais plusieurs auteurs, cités par HOGGE (3), ont vu d’autres bactéries présenter cette disposition, entre autres BockHarT, ZEissz, LUSTGARTYEN et MANNABERG, ERAUD et HuüuGouNENQ ; LEGRAIN (4) a vu le micrococcus cereus albus de Passet présenter jusqu'à quatorze coccus dans une même

(1) Bumm, Le microorganisme des aff. blenn. des muqueuses, \886. Wiesbaden, n° 135.

(2) Aubert, Lyon médical, 1888, t. LVII, p. 264, n° 184.

(3) Hogge, loco citato, n° 345.

(4) Legrain, loco citato, n° 181.

LE 86 cellule. — Nous récusons pour les mêmes motifs les travaux de Neisser (1), qui admet toutes les idées de Bumm sur ce point; même réfutation pour HOGGE (2), qui pense aussi que l'échec des cultures sur les milieux ordinaires suivi de réussite sur le sérum sanguin caractérise le gonocoque.

LUSTGARTEN et MANNABERG (3), arrivant à trouver sur l'urèthre sain de l’homme huit microcoques et un bacille, doutent de la possibilité du diagnostic. LEGRAIN (4), au contraire, en combinant les caractères morphologiques, les réac-. tions colorantes et l'aspect des cultures, arrive toujours au diagnostic. Nous espérons démontrer bientôt, contre les auteurs allemands précités, que Legrain à raison.

WELANDER (5), LoBEr (6), d’autres, basaient leur diagnostic sur la décoloration par le Gram ; actuellement on continue cette erreur dans quelques laboratoires; nous savons ce qu'il faut en penser.

STEINSCHNEIDER (7), dans un intéressant travail, trouve que le Gram décolore le gonocoque et deux des pseudo-gonocoques qui vivent en saprophytes sur la muqueuse de l’urèthre nor- . mal ou dans le pus blennorrhagique; ce sont le diplocoque blanc grisâtre et le diplocoque jaune citrin ; sur 86 cas (55 blennorrhagies aiguës et 15 blennorrhagies chroniques), il a trouvé le premier 3 fois et le second 1 fois: il y aurait done eu du fait du Gram-Roux 4 cas d'erreur sur 86 cas, soit 5 pour 100. l

Doxr\ (8) repousse le gonocoque comme critérium de la

(1) Neisser, loco citato, n° 2238 et 231.

(2) Hogge, loco citato, n° 345.

(3) Lustgarten et Mannaberg, loco citato, no 160.

(4) Legrain, loco citato, n°° 181, 183 et 216.

(5) Welander, Bulletin médical, 2 janvier 1888, n° 191.

(6) Lober, loco citato, n° 147.

(7) Steinschneider, Berlin. klin. Woch., 1890, n° 24, p. 533, n° 184. (8) Dohrn, Arch. f. Derm. und Syph., 1891, t. X XIV, I, n° 275.

LPO RD

blennorrhagie, car, d’une part, on peut le confondre avec les pseudo-gonocoques, d'autre part, l'examen ne peut porter sur tous les points où est le gonocoque. Nous répondrons plus loin à la première objection en faisant ce diagnostic; la seconde tombera devant des recherches patientes et n’est en aucun cas un argument infirmatif.

ViserT et Borpas (1) nous ont enseigné à distinguer, au moyen des cultures sur pomme de terre, le gonocoque du dipiocoque de la vulvo-vaginite spontanée des petites filles : le premier forme des colonies en points rappelant des gouttelettes du pus; le second, des taches sinueuses de couleur jaune chamois. Néanmoins, ces auteurs nient la possibilité du diagnostic par les cultures, car l'accord n’est fait ni sur le milieu, ni sur la température, ni sur le temps, ni sur l'aspect. « 11 n'y a pas, croyons-nous, deux observateurs qui professent exactement la même opinion sur ces points essentiels. » Il est inutile que tous les auteurs aient exactement (nous nous sommes permis de souligner) la même opinion. Plusieurs milieux conviennent au g'onocoque, comme à toute bactérie, de même plusieurs températures dans certaines limites, et ce sont précisément ces températures et ces milieux variables avec les expérimentateurs qui expliquent les variations dans le temps et l’aspect.

2° Procédés de diagnostic

Usant de tout ce quenous savons, nous donnerons d’abord les caractères qui nous permettront d'étiqueter Gonocoque, tous les microorganismes qui les présenteront; nous passerons ensuite à l’étude du diagnostic différentiel.

DraGNosriG PROPREMENT DIT. — Caractères. — Le gonocoque est un petit diplocoque de généralement moins d'1 ue I

(1) Vibert et Bordas, loco citalo, n° 278.

EME TS ES est formé de deux éléments réniformes, ou en haricot, ou en grain de café, se regardant par leur face plane, ou légèrement concave, réunis et entourés par une gangue hyaline. Il est doué d’une mobilité complexe mais très nette. Îl ne se réunit jamais pour former des chaïînettes (différence avec tous les streptocoques), mais il s’agrège en amas assez caractéristiques généralement intracellulaires, parfois intercellulaires ou libres.

Coloration. — Le gonocoque se coloré directement par les solutions aqueuses ou alcooliques des couleurs de la fuchsine. Par la méthode de Gram il se décolore, et se recolore en brun foncé si lon fait la double coloration par la méthode de Steinschneider (différence avec: subflavus, lacteus faviformis, à colonies foliacées, blanc grisâtre de Legrain, etc.).

Cultures. — T1 liquéfie la gélatine (différence avec: jaune non liquéfiant, citreus conglomeratus, lacteus faviformis, blanc orisâtre de Legrain, albicans amplus, blanc-grisâtre de Steinschneider).

Les colonies sur gélose sont blanc grisâtre (différence avec: jaune citrin, subflavus, jaune non liquéfiant, citreus conglomeratus, blanc jaunâtre, ochroleucus, orangé).

Les cultures sur pomme de terre donnent des colonies punctiformes rappelant des gouttelettes de pus (différence avec le dipl. de la vulvo-vaginite de Vibert et Bordas).

Inoculations. — Par inoculation sur l’urèthre, il cause un écoulement dont l'intensité peut être assez variable.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL. — Ce diagnostic n’est difficile à faire qu'avec les pseudo-sonocoques, c'est-à-dire les éléments diplococciens. Nous laissons de côté les bactéries et les bacilles. | Le diplococcus subflavus de Bumm est le même que le diplocoque jaune orangé de Steinschneider et la 2° forme de

EN Lustgarten et de Mannaberg. Il ne se décolore pas par le Gram, et donne sur gélose des cultures jaunes. Le diplococcus citreus conglomeratus de Bumm a aussi des cultures épaisses et jaune citron, qui contrastent avec les humbles colonies grisâtres du gonocoque; de plus il ne -liquéfie pas la gélatine.

Le diplocoque jaune non liquéfiant se distingue par les deux mêmes caractères de culture : “Roue jaune et non liquéfaction de la gélatine.

Le diplocoque jaune citrin de Steinschneiïder serait à rapprocher du citreus conglomeratus, mais Steinschneider avance qu'il ne liquéfie pas la gélatine. Couleur‘ jaune des colonies.

Le diplocoque jaune citrin de Steinschneider, le microco- -que orangé et le micrococcus ochroleucus de Prove, donnent

sur gélose des cultures jaunâtres au centre, blanches ou grisàtres à la périphérie.

Le diplococcus lacteus faviformis et le micrococcus albicans amplus de Bamm, ne liquéfient pas la gélatine, et le premier reste coloré après l’action du Gram.

Le diplocoque blanc grisâtre de Legrain ne liquéfie pas la wélatine et reste coloré après le Gram; je lui aurais volontiers rapporté lè diplocoque blanc grisâtre de Steinschneider, qui ne liquéfie pas la gélatine mais qui, paraît-il, est décoloré parle Gram.

Le diplocaque à colonies foliacées n’est pas décoloré par le Gram et présente une forme de colonie si typique, qu’elle lui a valu son nom. |

Le diplocoque de la vulvo-vaginite spontanée de Vibert et Bordas, entrevu probablement par de Amicis, et retrouvé depuis par plusieurs auteurs, se distingue par ses cultures sur pomme de terre, dont les colonies constituent des taches sinueuses couleur jaune chamoïs, au lieu des colonies pune-

UD tiformes rappelant des goutteleties de pus que donne le gonocoque sur le même milieu.

L'orchiocoque de Éraud et Hugounenq est beaucoup plus gros que le gonocoque.

Enfin, nous pouvons résumer le diagnostic du gonocoque sous forme de tableau analytique:

Restent ie à Diesereue subflavus de Liquéfient la | aprés le Gram Bum

J gélatine. Décolorés par ( Dip nr ue jaune citrin de P que j CULTURES le Gram. Dinecha ie SUR GÉLOSE Diplocoque jaune nonliqué- Ÿ ‘fiant de Legrain.

ro De AnCRen ES GERS, Diplococcus citreus conglomeratus de Bumm.

Diplocoque blanc jaunâtre de Legrain.

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