PARTI I-: PRATIQUE
regard, choquer l'esprit en plaçant celle merveille sur une table marquetée.
W Vile, un morceau de velours cramoisi et galonné d'or, un vieux galon, si possible. Attachez ce velours aux angles de la table, relevez-le ici et là, et
228 LE GOUT DANS T/AMEUBl.EMENT.
VOUS me direz des nouvelles du changement ainsi obtenu.
On trouve souvent des trésors au fond des armoires d'une aïeule, une vieille tapisserie, une antique écharpe en crêpe brodé, une ombrelle marquise aux longues franges de nuance ettacée et dont le manche à brisure, en ivoire, est finement ciselé.
Ce sont là richesses inappréciables.
Que faire, direz- vous, de ce lambeau de tapisserie où Ton reconnaît vaguement Renaud aux pieds d'Armide? Encadrez-le d'une bande de peluche plus pâle que la teinte dominante du morceau ou beaucoup plus foncée, si vous préférez les contrastes bien tranchés. Découpez des chimères, des griffons, des fleurs bizarres et des rinceaux vieillots dans des étoffes imitant Tancien et que l'on trouve partout. Appliquez ces découpures à Taide d'un point de soie sur vos bandes, et vous aurez ainsi un entourage superbe. Rien ne vous empêchera plus de mettre Renaud et Armide au milieu d'un panneau, en belle place, entre deux fenêtres, où vous voudrez.
Tenez, entre deux fenêtres, rien ne fait un plus bel effet que les glaces longues et étroites d'antan encadrées de draperies et que vous ne pouvez loger que là. Partout ailleurs, elles seraient mesquines. C'est le cas ou jamais d'habiller ce miroir de Venise