PARTIE RETROSPECTIVE
de repas; Grâce.
causerie. Cette chaise-longue est le lit de jour, en usage dans tout le monde primitivement civilisé. C'est un meuble plutôt simple. Chez les Égyptiens, une sangle faite de lanières entrecroisées montée sur quatre pieds; point de chevet, c'est-à-dire d'o«o^; chez les Grecs, une couchette éti-oite avec double chevet; chez les Romains, une sangle sur six pieds, le double chevet souvent formé de barres de bronze qui ressemblaient à des cordes et se terminaient par des têtes de serpents.
Ce lit est bien; la table est mieux.
La table est plus intéressante. Elle est par excellence une preuve de civilisation.
La table, où dans des calebasses rustiques et des poteries grossières les mets se présentent plus appétissants, est la vraie ligne de démarcation entre l'homme et l'être sauvage. Il n'a été donné de s'en servir qu'aux races chez lesquelles l'être humain n'était plus la brute sanguinaire des premiers âges.
Les anciens eurent donc des tables rondes, ovales ou rectangulaires, de dimensions variées, petites plutôt que grandes en Egypte et en Asie, grandes et petites en Italie et en Grèce. Chez les Égyptiens et les Asiatiques, la table ne servait pas à réunir les convives, mais simplement à porter les mets que l'on mangeait assis ou couché suivant les lieux.
Les Grecs et les Romains eurent des guéridons pour orner le logis ; pour les repas, des tables dont la dimension variait avec le nombre des convives.
Les unes et les autres étaient faites d'un plateau de marbre, d'or, d'argent ou de bois précieux, cèdre et sycomore en Egypte, sandal en Asie, érable et thuya en Italie, citronnier en Grèce. Ce plateau reposait sur un, trois ou quatre supports faits de têtes d'animaux et terminées en pattes armées d'ongles redoutables ou de sabots. Souvent, autour des supports fortement