‹ Le goût dans l'ameublementChapitre 62 sur 115 · PARTIE MODERNE · texte numérisé non relu

PARTIE MODERNE

trole, OU même d'eau claire, pour leur rendre tout leur éclat.

Entrer dans de plus minutieux détails, dire, par exemple, que le canapé coûte tant et tant le bahut, est-ce bien utile? Puisque tout est relatif, tout est variable. Une chaise de fin bambou coûtera quinze francs ou quarante, suivant le travail et selon la maison où vous rachèterez. Une table d'acajou marquetée de cuivre, un bonheur du jour en laque incrustée de pierres coloriées seront de prix fort divers selon que l'authenticité du meuble sera plus ou moins exacte, l'imitation plus ou moins parfaite. Le mieux est, après avoir décidé ce qui vous convient, de demander aux maisons spéciales leurs catalogues. Vous choisissez alors en connaissance de cause et plus aisément que si on vous indiquait aujourd'hui des prix qui, peut-être, auraient varié demain.

Autrefois le petit salon s'appelait boudoir ou cabinet. Sous cette forme, il fut et demeura bien français, sans jamais d'équivalent à l'étranger. Tantôt il était très riche. Celui de Louise de Vaudemont, femme de Henri III, était en lapis et agate, couvert de velours incarnadin brodé d'argent; celui de M""® de Maintenon en brocart d'or, à fleur d'or frisé, les rideaux en taffetas cramoisi, à galons d'or; ce-

lui de M'"® de la Panouse, tout en porcelaine de Saxe, revêtement des murs, lustres, monture des meubles, et des sièges, garniture de cheminée, etc.. Ces temps sont loin et il nous serait difficile de les faire revivre. Ces riches boudoirs coûtaient relativement peu; il faudrait aujourd'hui une fortune de nabab pour les payer.

Page 1