‹ Le goût dans l'ameublementChapitre 83 sur 115 · ESCALIER · texte numérisé non relu

ESCALIER

Nous avons relégué au dernier plan l'antichambre et Tescalier, non parce que nous les jugions indignes de notre attention , mais bien plutôt afin que chacun puisse comprendre combien il importe de les identifier à l'appartement, à cet appartement dont nous avons souhaité d'exclure la banalité. Il faut que l'escalier qui y mène, que Tantichambre qui tout d'abord sourit au visiteur, aient l'air avenant.

Foindes parois nues!

Les anciens, les Romains surtout, apportaient à Texercice de Thospitalité un soin particulier. La pierre du seuil criait au passant « Salve i». Cette mode est caduque, je ne demande pas qu'on y revienne. D'autre part, le rêve d'un escalier original est de réalisation difficile dans les maisons à compartiments des villes populeuses. Mais toutes les fois que notre escalier est bien nôtre, nous pouvons Torner à notre fantaisie.

D'abord si, dans l'aspect général, tous les escaliers se ressemblent, au moins peut-on en diversifier les détails. L'escalier de la maison d'un homme de lettres ne devrait point être celui d'un financier. Pourtant la vulgaire pomme de verre ou de cuivre, qui s'offre sur la première marche pour nous servir d'appui, est la même partout. C'est absurde. On peut trouver mieux. Je ferais de chaque pomme d'escalier un symbole parlant. Chez un soldat, une Victoire ailée souhaiterait la bienvenue aux visiteurs. Un artiste, musicien ou poète, aurait pour emblème un Apollon souriant; un peintre, un sculpteur, une Muse aimable; un écrivain chargerait une poétique Méditation d'accueillir ses intimes; un polémiste placerait là Juvénal, etc. Et ceux qui ne seraient rien et ne voudraient rien être y mettraient une fleur, un animal favori. On saurait tout de

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