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LA MAISON RÊVÉE

Oh! nous Tavons vu souvent le logis de nos rêves, et depuis Jean-Jacques, qui ne fut pas le premier, combien répétèrent: « Si j'étais riche, je bâtirais... » et les projets d'aller leur train.

Eh bien! supposons, non pas que nous sommes riches, c'est inutile, mais que nous possédons une aisance suffisante pour nous permettre de construire une maison au gré de nos désirs.

Nous la placerons d'abord sur un riant coteau dont une rivière claire baigne le pied, et notre jardin descendra jusqu'à la rivière.

La première qualité d'une habitation étant évidemment de répondre aux besoins de ses hôtes, la nôtre sera assez vaste pour que les services y soient à l'aise et ne le sera pas trop afin d'éviter une dépense inutile de temps et de forces.

La maison idéale serait la maison romaine, toutes

les pièces ouvrant sur une cour couverte d'une coupole vitrée, égayée d'un jet d'eau au centre; partout des massifs verts. Point de va-et-vient dans les escaliers. Quelle fatigue épargnée à la fin du jour!

Malheureusement, la place manque souvent pour réaliser ce plan. Le terrain coûte cher et, quand la famille est nombreuse et qu'il faut multiplier les pièces d'habitation, on se résout économiquement à superposer les étages.

Quoi qu'il en soit, n'essayons en aucun cas de copier le Louvre ou Fontainebleau. Pourquoi imiter les grands édifices dans les maisons particulières? Le même style ne saurait convenir et la réduction est fâcheuse; c'est un rapetissement. Les fenêtres se touchent, la distribution intérieure est sacrifiée. La façade s'encombre de niches, de statues, de colonnes et de chapiteaux fleuris.

Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales....

Le temps n'est plus des astragales et des festons. Faisons simple. Ne mettons pas au fronton de notre maison les Grâces auprès des Muses, aussi belles et avenantes qu'elles soient, et même ne mettons pas de fronton. Si nous voulons un péristyle à colonnes, empruntons au style grec le chapiteau ionique qui

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