‹ Le gouvernement de Louis XIV; ou, La cour, l'administration, les finances et le commerce de 1683 à 1689; études historiques accompagnées de pièces justificatives, lettres et documents inédits (volume 2)Chapitre 17 sur 56 · EMPLOI DES JOURNÉES DE LOUIS XIV EN · texte numérisé non relu

EMPLOI DES JOURNÉES DE LOUIS XIV EN

« Yoicy quelles étaient les occupations dn Roy tonte cette année-là :

< n se levait entre huit et neuf, d'ordinaire. Dès qn'il était habillé ', il s'enfermait avec ses ministres jusqu'à midi et demi. Il sortait à cette heure-là de son cabinet, faisait avertir madame la Dauphine qu'il était prèi pour entendre la messe, et toute la maison royale allait à la messe où Ton avait une excellente musique.

< On sortait d'ordinaire de la messe entre une et deux heures, et le Roy allait chez madame de Montespan jusqs'à ce que l'on eût porté sa viande.

a S. M. allait ensuite dîner dans Tantiehambre de madame la Dauphine ; les gentilshommes servans le servaient. Monseigneur, madame la Dauphine, Monsieur et Madame, mademoiselle et madame de Guise, mangeaient avec le Roy et quelquefois les princesses du sang.

< Mémoirei complets de Dangeau, en 24 vol., Biblioth. natio. Mss., 1. 1.

a Consultez, pour plus de détails, YEtat de la France , où Von voit tous les Princes, Ducs et Pairs, et ensemàle les noms des Officiers de la maison du Roy, avecque leurs gages et privilèges, etc., suivant les états portés à la Cour des Aides, D£diA AU Rot. (8 vol. ia-12, chez Trabouillet. Paris, 1697.) Cet ouvrage donne, entre autres renseignements, le cérémonial usité pour le lever, l'habillement, les repas, le coucher du roi, et l'emplpi de sa journée.

« Après dîner le Roy entrait un moment chez madame la Dauphine, puis se renfermait chez lui à trayailler, ou bien sortait.

a A sept ou huit heures du soir, il allait chez madame de Maintenon jusqu'à dix heures, qui était Theure de son souper ; puis revenait souper chez madame la Dauphine. En sortant de table, il entrait un moment chez elle, lui donnait le bonsoir, puis passait chez madame de Montespan où a demeurait environ jusqu'à minuit, et le petit coucher était ordinairement fini à minuit et demi, au plus tard à une heure.

« Les jours d'appartement on entrait dans l'appartement à sept heures. Le Roy jouait au billard jusqu'à neuf. Les joueurs étaient : M. le duc de Vendosme, M. le Grand, le duc de Grammont et M. Chamillard. Après le billard, le Roy entrait dans son cabinet avec madame de Maintenon, ou allait chez elle jusqu'à souper. Madame la Dauphine voyait un moment jouer le Roy, puis allait un quart-d'heure à la musique et ensuite commençait le bal.

a Monseigneur jouait d'ordinaire ou au lansquenet ou à eulboê \

a Et les jours où il n'y avait point appartement. Monseigneur jouait chez madame la Dauphine ou allait à la Comédie avec elle.

a Les dimanches il y avait toujours Conseil d'État, où était le Roy, M. le Chancelier, M. de Louvois, M. de Croissy et M. Pelletier, contrôleur général des finances.

a Le lundi Conseil d'État.

a Le mardi Conseil des finances où était le Roy, Monsei-

I On jouait^aussi k la Cour, les jours d'appartements, outre les jeux dont parle ici Dangeau, ^\x\dés, au trictrac, au billard, au trotimadame, au portique.

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gneur, M. le Chancelier, M. le maréchal de VUleroy, M. le Contrôleur général, M. Pussort et M. Boucherat. a Mercredi, Conseil d'État, a Jeudi, Conseil d'État.

<c Vendredi, Conseil de conscience, avec M. TArchevéque de Paris d'abord, et ensuite avec le P. de Ia Chaise, chacun en particulier.

a Samedi, Conseil des finances.

a Tous les quinze jours, le lundi, on tenait Conseil des dépêches, et ces jours-là il n'y a point de Conseil d'État. A ce conseil assistent : le Roy, Monseigneur, M. le Chancelier, M. le maréchal de Villeroy et les quatre secrétaires d'Étal qui rapportent à M. le Contrôleur général.

a Le dimanche, un quart-d'heure avant le Conseil, M. le Contrôleur général porte au Roy un état de distribution que Sa Majesté arrête.

a Les mardis, M. le Chancelier n'assiste guère au Conseil des finances, parce qu'il tient d'ordinaire en ce tempslà le Conseil des parties.

a M. de Seignelay tient avec le Roy seul Conseil de maride, l'après-dînée, deux fois la semaine d'ordinaire.

« M. de Louvois a aussi, plus souvent^ des audiences particulières Taprès-dînée. Il y rend compte au Roy des troupes, des fortifications et des bâtiments.

« Les lundis, après-dînée, il y a un Conseil pour les afiaires des gens de la religion. Le Roy n'y assiste point ; mais on lui rend compte quand il y a quelque affaire importante.

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