‹ Le gouvernement de Louis XIV; ou, La cour, l'administration, les finances et le commerce de 1683 à 1689;Chapitre 4 sur 82 · CHAPITRE llï · texte numérisé non relu

CHAPITRE llï

Portrait du chancelier Le Tellier. — Le marquis de Louvois, son fils, est nommé secrétaire d'Etat delà guerre a \ingt-cinq ans. — Sou caractère despotique, son activité,— Le marquis de Seignelay. — Son faste, son amour pour les plaisirs. — Alliances de sa famille. — Il vit en mauvaise intelligence avec son oncle Colbert de Croissy, ministre des affaires étrangères. — Caractère de Claude Le Peletier. — Son extrême modestie. — 11 défend qu'on l'appelle Monseigneur.— Austérité de ses mœurs.— Opinion des contemporains sur sa capacité.

On a vu comment les choses s'étaient passées pour la nomination du nouveau contrôleur général, et quelle avait été, dans cette circonstance, la tactique du chancelier Le Tellier. D'une circonspection extrême , aussi habile que prudent, insinuant, mesuré, sentencieux, Michel Le Tellier, autrefois intendant de province en Piémont, où Mazarin l'avait remarqué, avait été nommé successivement secrétaire d'État de la guerre, ministre d'État, puis chancelier en 1677, à la mort du chancelier d'Aligre. Il était, en 1 683, âgé de quatre-vingts ans, et devait la faveur non interrompue dont il jouissait depuis quarante ans à la sagesse qu'd eut toujours de ne jamais prétendre au premier rang. Il avait une physio-

nomie agréable, les yeux brillants, le teint vif, un sourire spirituel, tous les dehors d'un homme bienveillant, bien qu'il passât pour un ennemi dangereux et d'autant plus à craindre qu'il était porté à la rancune, vindicatif, et frappait en secret. On lui reprochait d'avoir dit, pendant les lenteurs du procès de Fouquet , que : « Pour avoir voulu faire la corde trop grosse , on ne « pourrait plus la serrer assez pour l'étrangler. » A ce sujet, Turenne, dont les sympathies étaient pour le surintendant, sans doute à cause de la passion de ses juges, avait indiqué la différence qui existait entre les caractères si opposés de Colbert et de Le TcUier, en disant que « l'un avait plus d'envie qu'il fût pendu , « l'autre plus de peur qu'il ne le fût pas. % Plus propre, par la nature de son esprit, à traiter les affaires secondaires qu'à remplir les grandes charges où il était parvenu et s'était maintenu, principalement à cause de sa fidélité absolue à Mazarin, de sa discrétion, de sa réserve, maître de ses passions, qui ne le compromirent jamais, entreprenant, malgré tous les semblants de la modération, ferme, persévérant dans ses projets, il désirait surtout alors, à raison de son âge avancé et de ses sentiments, que la question religieuse du moment, celle de la révocation de l'édit de Nantes, fût définitivement résolue , n'ayant , disait-il , plus qu'un désir, celui de ne pas mourir avant d'en avoir scellé l'arrêt'.

^ Abrégé chronologique du président HénauU, année 1 643. — Portrait de Michel LeTelUer, peint et gravé par Nanteuil. — Mémoires de l'ab'jé de Choisxj, liv. It, IV et IX. — Oraison funèbre

Les raisons pour lesquelles le vieux chancelier attachait une si grande importance à la révocation de cet édit célèbre agissaient beaucoup moins vivement , suivant toutes les apparences, sur l'esprit de Louvois. Envisageant plutôt le côté politique de la mesure, celuici devait être principalement préoccupé de l'unité qu'elle donnerait au royaume, et de la force qui en résulterait infailliblement pour le roi dans les luttes qu'il aurait sans doute à soutenir encore contre des puissances, dont la plupart, telles que l'Angleterre, l'Allemagne et la Hollande, étaient engagées dans les mêmes croyances que les dissidents de France. Le marquis de Louvois était né en 1 641 , et il avait alors quarante-deu« ans. En 1 666, son père lui avait , avec l'agrément du roi , remis le département de la guerre. Depuis celle époque jusqu'en \ 688, la faveur de Louvois alla toujours en augmentant, et elle était devenue sans bornes, notamment à partir de la mort de Colbert. Sans être investi du titre de premier ministre , si antipathique à Louis XIV, on peut dire qu'il eut véritablement, pendant quelques années, la principale autorité. Fier, hautain , absolu , mais intègre et juste, Louvois traita les grands seigneurs de l'armée comme Richelieu avait traité ceux qui vivaient sur les marches du trône, et Colbert ceux de la finance. Qui ne se souvient de sa conversation avec un Nogarel, conversation si admira-

de très-haut et très-puissant seigneur messire Michel Le Teltier, chevalier, chancelier de France, prononcée dans l'église paroissiale de Saint-Gervais, où il est inhumé, le 25 janvier 1686, par Bossuet,— Jl/moîVes de Gourrille, passim.

blement dialoguéc par madame de Sévigné ? « Monsieur, ditLouvois, votre compagnie est en mauvais état. — Monsieur, je ne le savais pas. — Il faut le savoir; l'avez-vous vue? — Non, Monsieur. — Il faudrait l'avoir vue , Monsieur. — Monsieur, j'y donnerai ordre. — Il faudrait l'avoir donné ; il faut prendre un parti , Monsieur : ou se déclarer courtisan, ou s'acquitter de son devoir, quand on est officier. » En même temps , Louvois soumettait l'avancement à des règles, et posait des limites à l'impatience des protégés, en établissant ce fameux ordre du tableau^ qui, avec la qualification de Monseigneur^ qu'il exigea de tous ses subordonnés, même les plus titrés, a si vivement indisposé contre lui Saint-Simon, le plus susceptible, on pourrait même dire, à cause de l'importance outrée qu'il attache aux questions de naissance, d'étiquette et de préséance, le moins raisonnable de tons les ducs. Louvois souffrait cependant, et c'est ce qui aigrit surtout Saint-Simon, que les derniers maîtres des requêtes l'appelassent Monsieur \ Un jour, un solliciteur lui demandait humblement une grâce en l'appelant Sa Grandeur. « Vous voulez dire Ma grosseur, » répliqua vivement le ministre, que les satiriques du temps appellent, en effet,

* La même question s'était présentée pour Colbert. En 1682, une députation des États généraux de Bourgogne lui fit une visite. Un M. de Quincey était chargé de lui adresser un compliment. « // lui parla de la manière qu'il ne luy dict ny « monsieur^ ny monseigneur, ou le dict si bas qu'il ne l'ouït « pas.^ {Voyages d' honneur , arcliives de la Gôte-d'Or, cité dans Une Province sous Louis XIV, par M. Alexandre Thomas , p. 203; note.)

le gros Loiwois. Bienveillant, généreux pour ceux qu'il prenait en affection, il les poussait, les soutenait puissamment; mais ils avaient en lui leur plus sévère censeur. D'une activité redoutable, courant d'une frorlticrc à l'autre, surprenant les généraux et les fournisseurs au moment où ils le croyaient bien loin, infatigable au travail, il faisait, comme Colbert, le tourment de ses commis. Un de ceux-ci, qu'il interrogeait un jour sur sa position, lui rappela qu'il devait à ses bontés une place de six mille livres, mais qu'il n'en était pas plus heureux pour cela. « Comment? dit Louvois. — Oui, répliqua le commis, vous voulez que nous soyons au travail de cinq heures du matin à onze heures du soir ; de la sorte, nous ne pouvons dépenser 200 francs. — Vous vous reposerez quand vous serez vieux, » répondit Louvois en riant. Il est aisé de comprendre ce que le remplacement de Colbert par Le Peletier, depuis longtemps dévoué à Le Tellier, son protecteur;, ajoutait de force à la position de Louvois, position d'autant plus redoutable que madame de Maintenon faisait en ce moment cause commune avec lui contre les Colbert '.

' Mémoires du duc de Saint-Simon, t. V, p. 66 et suiv., l. XIII, p. 29 et suiv. — Mémoires pour servir à l'Histoire de Louvois, 1 vol. in-12, passim. — C'est plutôt une apologie qu'une appréciation de l'administration de Louvois. Elle est attribuée à M. de Chanilay, ami intime de Louvois et de sa famille. — Lettres de madame de Sévigné. — Recueil Maurepas, Biblioth. roy. Mss., t. VI, p. 263. — Biographie universelle, art. Louvois.— En outre, le roi s'étant fait opérer de la fistule le 48 novembre 1686, madame de Maintenon et Louvois assistèrent seuls à l'opéraiion, dont le jour avait été soigneusement caché.

Ceux-ci occupaient toutefois, dans le ministère même, deux postes importants. Le marquis de Seignelay était, comme on l'a vu, chargé du département de la marine, et Colbert de Croissy, son oncle et frère de l'ancien contrôleur général, avait les affaires étrangères. On sait peu de chose du caractère de ce dernier. On lit pourtant dans une lettre adressée en 1681 au marquis de Feuquières, ambassadeur de France en Suède, par un de ses fils : « J'ai déjà parlé de vous aller voir à « M. Colbert qui m'a bien respondu au prodigieux « froid près qu'il a pris en entrant dans le ministère, « aussy bien que son frère K » D'un autre côté, l'alliance des trois flUes de Colbert avec les Saint-Aignan, les Chevreuse et les Mortemart, constituait pour les membres de toutes ces familles un faisceau d'appuis considérable. Enfin, la plupart des hauts emplois dans toutes les parties de l'administration avaient été, pendant près de vingt ans, donnés par Colbert à des hommes dont quelques-uns conservaient sans doute pour les siens des sentiments de reconnaissance et d'attachement. Mais, d'une part, lesouve-

Pendant tout le temps qu'elle dura, Louvois tint la main de Louis XIV; madame de Maintenon était près de la cheminée. Ce fut là, dit un contemporain, un cruel sujet de jalousie pour le marquis de Seignelay, toute la cour ayant vu dans cette occasion « que le roi n'avait voulu avoir auprès de lui « que ses deux amis, qui étaient madame de Maintenon et « M. de Louvois. » ( Mémoires secrets et inédits de la Cour de France sur la fin du règne de Louis XIV ; par le marquis de Sourches, grand prévôt de France; à la date indiquée.) ' Lettres inédites des FcMçwJères, t. V, p. 100.

nir de la domination longtemps exercée par Colbert, et si impatiemment supportée dans les derniers temps, pesait sur sa famille; de l'autre, le marquis de Seignelay n'avait ni la consistance, ni l'ampleur de caractère, ni l'ardeur pour le travail qui, indépendamment d'une foule d'autres qualités, avaient fait le crédit de son père et de Louvois. Des documents de l'époque le représentent comme étalant une grande magnificence dans ses vêtements et dans sa manière de vivre; on lui reprochait, en outre, de masquer une conduite licencieuse sous les dehors d'une fausse dévotion, et la vérité est qu'il succomba, très jeune encore, à l'excès des plaisirs. Enfin, il ne vivait pas dans la meilleure intelligence avec son oncle Colbert de Croissy, qui lui sut pendant longtemps très mauvais gré, dit un chroniqueur contemporain, de l'avoir devancé pour apprendre au roi une nouvelle attendue de Rome avec impatience et relative à Saint-Cyr. Or, c'était là un procédé, sinon perfide, du moins très compromettant; car Colbert de Croissy savait mieux que personne, pour en avoir eu tout le profit, que la disgrâce d'Arnauld de Pomponne, son prédécesseur, avait eu précisément pour prétexte un retard dans la remise au roi de quelques dépèches concernant le mariage du dauphin ^

* Mémoires du marquis de Sourches, septembre 1686. — Recueil Matirepas ; chanson sur le marquis de Seignelay, commençant par ces vers :

Seignelay, \êtu de velours, Chargé de pierreries, etc.

Mémoires de l'abbé de Choisy. — On lit dans les Œuvres de

Telle était la composition du ministère lorsque Le Peleticrfut admis à en faire partie. « C'était, a dit Saint- « Simon, qui l'avait connu, un homme fort sage et fort « modéré, fort doux et obligeant, très modeste et d'une « conscience timorée; d'ailleurs, fort pédant et fort « court de génie. » Arrière-petit- fils du fameux Pierre Pithou, dont il a écrit la vie en latin, Le Peletier avait été nommé conseiller du Parlement à vingt et un ans, et dix ans après président de chambre. Vers la même époque, Gaston, duc d'Orléans, le chargea de la tutelle

Louis XIV, t. II, p. 458; Mémoires historiques, au sujet de la disgrâce d'Arnauld de Pomponne : « J'ai souffert pendant plu- « sieurs années de sa faiblesse, de son opiniâtreté^ de son inap- « plication. Il m'en a coûté des clioses considérables. Enfin , il « a fallu que je lui ordonnasse de se retirer, parce que tout ce « qui passoit par lui perdoit de la grandeur et de la force qu'on « doit avoir en exécutant les ordres d'un roi de France qui « n'est pas malheureux. » Il importe toutefois de rappeler à ce sujet que, quelques années après la disgrâce d'Arnauld de Pomponne, Louis XIV le vit fréquemment en , secret {Mémoires de Saint-Simon, t. II, p. 356 et suiv.). De plus, à la mort de Louvois, il le nomma ministre d'État, le pria de vivre en bonne intelligence avec Colbert do Croissy, par qui il l'avait remplacé, et ménagea, quelque temps après, une alliance entr? ia fille de Pomponne et le fils de Colbert de Croissy, qui succéda lui-même à son père, sous le nom de marquis de Torcy, comme ministre secrétaire d'État des affaires étrangères, et que le vieux Arnauld de Pomponne guida et conseilla jusqu'en 1699, époque de sa mort.

Il est probable que \gs Mémoires historiques, dont la citation qui précède est extraite, ont été écrits ou dictés par Louis XIV peu après la disgrâce de Pomponne , c'est-à-dire vers 4681.

de ses enfants. La prudence et l'intégrité dont Le Peletier donna des preuves dans ces diverses fonctions, l'appui qu'elles lui avaient valu, et sans doute aussi celui de Michel Le Tellier, son parent, lui firent confier, en 1668, la charge de prévôt des marchands, qu'il remplit pendant huit ans. Le Peletier signala son administration par des améliorations de plus d'un genre. Il recula les bornes de la ville, fil faire, à l'intérieur, de nombreuses plantations d'arbres, relia par une voie continue les portes Saint-Antoine et Saint-Honoré, augmenta le nombre des fontaines, et fit construire sur la. Seine un quai d'abord appelé de Rive neuve, et qui a depuis pris son nom. La charge de prévôt des marchands était alors un acheminement ordinaire à celle de conseiller d'État, beaucoup moins active et convenant d'autant mieux à Le Peletier, qui l'obtint en 1 676. Il l'occupait depuis sept ans lorsque la mort de Colbert lui valut une nouvelle et plus haute faveur.

D'après un contemporain qui a écrit la vie de Le Peletier en latin , « il n'était pas facile de trouver un « homme en même temps ami éclairé des arts, et qui « administrât les finances avec autant de génie que de « fidélité. Après avoir passé en revue tous ceux qui « pouvaient paraître à la hauteur de ces fonctions, le « roi avait porté son choix sur Le Peletier, qui « non- « seulement ne les recherchait pas, mais qui n'y avait « pas même songé. » — Son biographe ajoute que «les « circonstances demandaient en effet un homme d'un « caractère doux, de conseils modérés, qui secondât

« la clémence royale et fit jouir les peuples des fruits « abondants de la paix \ »

Si la modestie, la douceur et l'urbanité eussent suffi pour constituer un bon contrôleur général des finances, nul doute que la nomination de Le Peletier n'eût été un excellent choix. En effet, pendant que Louvois affectait des manières raides et hautaines avec les plus puissants personnages de la cour et de l'armée, quelquefois même avec le roi. Le Peletier défendait aux gens même de sa maison de VaTp])e\er Monseigneur et souffrait avec peine que les étrangers lui donnassent ce titre 2. Une lettre de madame de Maintenon à son frère, du 28 septembre 1 683, c'est-à-dire vingt jours après la nomination du nouveau ministre, confirme ces détails : « Voici la réponse de M. Le Peletier, qui vous « renvoie votre lettre à cause du Monseigneur^ qu'il ne « veut recevoir de personne. Il montre une sagesse et « une modération admirables, et tout le monde est « ravi de le voir où il est; jamais choix n'a été plus

' Claudii l'eleterii, regni administri, vita; Pétri PU hoei , ejus proavi, vita adjuncta, accurantei. Boivin ; Paris, 1726, in-i", avec un portrait de Le i'eletier, peint par Mignard et gravé par Drevet. — « Ei viro, bonarum artium amico, et rébus « gestis claro, similem reperire, qui réglas pecunias eadem « industria ac fide tractaret, haud sane promptum erat. Rex^ " circurnspectis omnibus quos oneri subeundo pares esse arbi- « trarelur, Peleterium delegit, nec ambientem, nec taie quic- « quam cogitantem. Et ejusmodi quidem virum tempora illa ' poscebant^ qui miti ingeiiio et lenibus consiliis obsecundareL « regiœ clementiœ, et populos uberiore pacis fructu bearet. »

a « Dominum se appellari a domesticis vetw't, ah extraneicœgre tulit. » (Claudii Peleter/i vita.)

« approuvé : nous verrons si la prospérité le gâtera ^ » Renvoyer une lettre à cause du Monseigneur ! N'élaitcc pas pousser la modestie jusqu'à la puérilité? Le Peletier répétait souvent, en plaisantant, qu'il avait bien de la peine à faire le grand seigneur. En même temps, il se montrait peu accessible aux recommandations, et comme un de ses amis lui demandait un jour quels étaient donc ceux qu'il fallait lui recommander : a Les pauvres, » répondit-il. Le Peletier poussa même la singularité beaucoup plus loin. Veuf d'une femme qu'il avait tendrement aimée, il sut se garantir de toute familiarité avec les dames de la cour, n'en invita jamais aucune à sa table, et vécut dans un éloigncment absolu de toutes les distractions mondaines ^. Il était d'ailleurs plein de bienveillance et d'aménité, recevant d'un air affable et écoutant avec patience tous ceux qui avaient affaire à lui.

Mais quelque louables que fussent ces qualités, elles n'étaient que secondaires. Or, Le Peletier n'en avait guère d'autres, et les gens un peu clairvoyants ne tardèrent pas à s'apercevoir qu'il était , comme a dit Saint- Simon, fort court de génie. Peu fait aux ruses des financiers, timide, méfiant, il s'entourait volontiers d'avis qui ne faisaient souvent qu'ajouter à son indécision. « J'y allais ordinairement aux heures où il ne donnait

* Lettres de madame de Maintenon, t. I.

^ « Nulla cum aulicis mulieribus familiaritas , quas ad cœnam numquam vocavit; atque hic tune fait fructus viduitatis, quod, per uxorem , non daretur ad se fœminis accessus. » (C. Peleterii vita.)

« point audience, raconte Gourville, et souvent il com- « mençait par me dire : Parlons un peu de nos affaires. » « On l'accusait de n'être pas fort habile , » dit l'abbé de Clioisy. Il est inutile d'ajouter, que sous ce rapport, les satires et les libelles des contemporains ne l'ont pas épargnée N'oublions pas, d'après Saint-Simon, un mot qu'il trouve admirable^ et qui est, en effet, trèspiquant. Il y avait, un matin , Conseil des finances à Versailles, chez le vieux maréchal de Villeroy qui en était le chef; comme Le Peletier se faisait attendre, on envoya chez-lui un exprès. Un instant après , celui-ci vint dire au maréchal qu'apparemment le contrôleur général avait oublié le Conseil et qu'il était allé courre

le lièvre. « Par , répondit le maréchal en colère,

« avec son ton de fausset , nous avons vu M. Colbert « qui n'en courait pas tant et qui en prenait davan- « tage. »

On rit, et le Conseil commença ^.

• Mémoires de Gourville, collection Petitot, t. LU, p. 495. — Mémoires de l'abbé de Choisy, liv. IV. — Recueil Maurepas, i. \l,passim.

^ Mémoires de Saint-Simon, t. II, p, 49.

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