LETTRES DE LOUVOIS ET DU MARQUIS DE GOURTANVAUX, SON FILS
AM.D1 BRETEUIL, INTKMAHT EH FLAHDRK*.
A Versailles, ce 1" janvier 1684.
Monsieur, j'ai reçu la lettre que vous ayez pris la peine de m'escrire le trentième du mois passé par laquelle j'ay veu que les Espagnols ont pillé Deynse. Je vous prie de vous informer bien particulièrement du désordre qu'ils y ont fait, et d'en donner en mesme temps un mémoire à monsieur le maréchal d'Humières afin qu'il en fasse faire dix fois autant sur leurs terres. Je suis, Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur de louyois.
A Versailles, ce 1 er mars 1684
Monsieur, j'apprends que l'entrepreneur des fourages de Tournay fournit de mauvais foin et que les bottes ne sont pas du poids réglé par les ordonnances. L'intention du Roy
'Bibliotb. nation., Mss., Dépeschet de la Covr, t. II, année 1684. Snppl. franc. 2607 — a— Ces deux volâmes de lettres, presque toutes adressées à M. de Breteuil, émanent de différents ministres, notamment de Colbert, Louvois, Le Feletier, Le Tellier, etc. Ce sont des lettres d'administration , et le plus grand nombre d'entre elles n'a qu'une importance très secondaire.— Celles que je donne ici n'ayant pas elles-mêmes nn grand intérêt, il est probable qu'elles ne sont pas de Louvois et de son fils , mais de leurs bureaux.
est que vous le condamniez à de si grosses amendes qu'il perde l'envie de continuer à faire cette mauvaise fourniture. Je suis, etc.
A Versailles, ce 9 mars 4684.
Monsieur, j'ai reçeu la lettre que vous avez pris la peine de m'escrire le premier de ce mois sur l'incendie arrivé aux villages de Templeuve et de Fretin. Le Roy trouvera bon que vous promettiez cinquante pistolles aux paysans qui livreront un de ces boutefeux. Cependant l'intention de Sa Majesté est que vous sollicitiez monsieur le maréchal d'Humières d'en faire faire de si rudes représailles que les Espagnols se désaccoustument de faire brusler sur les terres du Roy, et qu'outre cela vous estimiez le dommage que les habitants de ces villages ont souffert pour en imposer le double sur ceux dépendant de la Flandre espagnole payable quinze jours après, et que, des premiers deniers qui en proviendront, vous desdommagiez ceux qui ont perdu, prenant soin d'en avertir à l'advance ceux qui ont intérèst à ce remboursement. Je suis, etc.
À Versailles, ce 9 avril 1684.
Monsieur, le Roy a apris avec surprise que, dans la dernière expédition d'Oudenarde, il y a eu plusieurs églises pillées, en sorte qu'un soldat a raporté à monsieur l'évesque de Tournay un ciboire plein d'hosties consacrées qu'il a dit avoir sauvé d'un pillage. L'intention de Sa Majesté est que vous vous informiez de la vérité de ce qui s'est passé, que vous entendiez ce soldat, et essayiez de descouvrir qu'elle est l'esglise qui a esté pillée, et par quelle troupe. Je vous supplie de me faire réponse quatre jours au plus tard après avoir reçu cette lettre. Je suis, etc.
Pl&ES JUSTIFICATIVES. — N. XII. 323
À Versailles, ce 17 juillet 4684.
Monsieur, les magistrats de domines négligent depuis quelque temps d'envoyer les extraits des revues qu'ils font des troupes qui y passent. J'ay esté obligé d'en rendre compte au Roy, et Sa Majesté m'a commandé de vous escrire que son intention est que vous fassiez mettre en prison pour quinze jours le premier des magistrats de ladite ville, en cas qu'il y ayt plus de deux mois qu'il soit en charge. Et s'il n'y avoit esté mis que depuis ce temps-là, que celuy qui Va précédé soit mis prisonnier pour ledit temps de quinze jours, et que vous l'obligiez, outre cela, à payer dix escus à l'hospital du lieu, sans qu'il puisse les répéter sur la Communauté. Sa Majesté vous ordonne aussy de faire savoir à tous les autres magistrats de vostre département qu'elle fera punir encore plus sévèrement ceux qui manqueront à l'avenir de m'adresser trois jours après le passage de chaque troupe ou recrue la coppie de sa route avec l'extrait au bas de la reveue qu'ils en auront faitte. Je suis, etc. db courtanvaux.
324 PlkCKS JUSTIFICATIVES.— »° XIII.