I. Uiirkf, lW/l*xt*i:it, ili. VIII, j>. 3u
pas asspz do ilirc ([u'plles ont cédé, elles unt loujour» c^dt^ à Umps. ûii rt'pMe Bouvi'nt qu'elles ont perdu toul pouvoir, parce (jnelles no peuvent rien empêcher c| quVIIps duiveiil ni^cessaireinenl se souiiieltro aux vttlonl(';s lie la Cliambre qiii rpprtisenlc In masse du pays. Cola est %Tai. mais on oulilîe quel est. dans luul inéca' uisme, le rt'ile du frein. Si c'i^lalt un obstacle infrancliisr Bahie, il fundrail le brinor pour aller de l'avant, mais commo il est fait simpU^ment pour ralentir les mnrrliei trop rapides et trop lirusquei;, il résiste et cî-de à. la fois, dans la mesure qui ('iiiivient : il permet les mouvcmculs ol prévient les calastroiihes. Qui donc cependant snnge h le Irunver inutile î
La marche du gouvornenient démocratique est relardi'e par iteux freins: l'un, dont le jeu est permanent, c'est la Chambre île» lords: l'autre, le frein de secours, dont l'intervention est rare ol r<Sservéc pour les cas ex-, traînes, c'est le Monarijue. L'artion de la Couronne et de la Pairie est double : empêcher la présentation ou l vote de certaines mesures évidemment înacreplaliles» retarder l'adoption de celles qui semblent inupporlune» ou dangcureuses. On peut la trouver insuflisaiite. mais il serait inexact de la déclarer nulle '.
Voilà pour le présent : quant à l'avenir prochain, 1* seul dont on puisse parler, il ne semble pas qu'il cq
1. Bcnthnm ifit Ms juâleiiiriil : < Kii oxanitHOiil Ire oiïi'ls il'uiif ia< Hlitution, il fiiut pri'ndni en consiili-ralion ce iiu'hIIi- (i(ii'rp, »dr» qn'oA
s'en aperçoive, par lu simple Tacultù <J'i-rii|i.Vlii<i' SI l'on n'anll
aucune preiivi> poaitivi- <lu binn <pin fnît lii Cli.irnbn^ ih-n pal». An aoriiil toujours û lui BtlrlbuHr, m pnrlio, lu iiiiiiliTuliiin ilc lu ClittwlMV (k'8 roniintini>s, iInds l'iuagc de iud pouvoir, {Taeiigiu tUt <a*emi ' portfmrnlalm, rh. i\.)
I)K LA DK.MOr.HATIK KN A NiiLKTKIlKI-: oïo
(l<)iv(^ tn»8 s<Misil)Irin(ïiit dilFrnM'. Le pL'o^rainiiir dr la S(M'li(»ii la plus avaiicre du parti libéral t^st ooiiini, mi peut, m oriticpior les drlails on Iriisenihlr. mais, cmi ivalilr. jr lu» sarlir pas «pfil soil fait pour t^HVayrr srricuseuHMit. Jt' suppose repeudanl (pie Ton aill(^ plus loin, (pie les freins soient bris(\s el (\\u\ confornuMuent au programme (le e(M*laiiis n^forniahMirs, on fass(* disparaître des instiUilions l)rilanni(pies « le principe de riiérédih' ». e'(\st-iVdir(», en lerin(»s plus nels, le Tn'uie el la CJiainhre des lords. yu'arriv(»rail-il alors?
Il n'esl pas diriieih* de 1(» pivvoir. el loul porle à penser (pi(* la (l(Mno('rali(* an^lais(* S(; puivernerait eonniK* \r l'ont aujounrhui cell(*s des Ktats-Tnis (*( d(* l'Australie. I/Anj::lelerr(» aurait heaueoup p(»r(lu el ri(*n •rairni^ : elh* aurait làrlu* la proi(* pour Toiubre. el r(ni s'en convaincra facileiiUMit, si r(Mi veut all(*r au l'(Uid d(»s choses, en laissant d(* voir les mois et les loruK's.
Aristote a «M-ril : « Ou a coutume d(* donner \v lunu di^ ivpul)li(pii* aux ^ouverneuKMits (|ui inclin(*nt à la (h'*mocralie* », el auln* part : « (Juand la majorin'^ouv(*rne dans II» siMis de rint(Mvl ^('*n«'*ral. li*(iouv(*rnement re(;(»it. ciMimied('>noininationsp(''ciale. la d«'*n(uninati(Ui ^('*nérale (1(* tous l(*sp)UV(*rnem(*n!s et st* nomme r('*pnl)li(pM*^. » Hr il est tiM's certain (pie le (iouverneuKMit au<rlais est (*ssenliidlem('iil drmocrali(|U(* '^.
Kn un sens tlonc. r.Vn^lcteirc est uni* r(''puldi(pie.
I l'nliliéfut'. 'ri.iiliiitiiiii a. >.iiiit llil.iii'i', ii\ ri* VI. rli.vi.
i. l'tt/ititfH.-. Ti-.iiiiK'tioii 1(. S.iiiillliljiri'. ii\i-f in. tli. V.
^t. -L- (iui|\>-i II -III 'lit iiii;;I.ii^ ••>( ili'ritli'-iil 'lil |iIm'> it<-:iiii«-l.ilii|l|i* i|ii .111 iiM .mil ■ (iiiii\i-i'ii 'Ml -lit i-iiiiiiii . ii\.iiit«;:iHi\<-i in' iiii'" ytMinl' ii.iImm |i<-ii<l<iii( mil- |HTl'iili* |iiii;;i|f l't l^'UipIl' «i i'\ l'iifiin'lit*. . It i"*! li*
III i-»
546 COiNGLUSlON
mais une république ayant ce caractère royal que clcmaiulait Cicéron *. En d'autres termes, elle possède à la fois tous les avantap^es que peuvent offrir la forme monarchique et la forme républicaine. A la première, elle emprunte son caractère de permanence et de stabilité, son prestij^e vis-à-vis de l'étranger et ce je ne sais (juoi qui élève lame de la nation, et qui se traduit, chez h»s citoyens, par le sentiment de loyalty. De la seconde, elle possède cette liberté Hère et hardie *, qui n'a d'aulres limites que celles fixées par la loi, expression vraie de la volonté du pays. Grâce à cet heureux méhmge, elle ne connaît ni les inconvénients du gouvernement absolu, ni ceux du tumulte et des intrigues qu'amène la désignation périodique du chef de l'État. Quant au pouvoir de Taristocratie, il serait augmenté plutôt (|ue diminué par la suppression de la Chambre Haute. Les pairs, une fois privés de leur place héréditaire au Parlement, entreraient nécessairement à la Chnmbre d(»s connnunes et ils y exerceraient une inlluence considérable. C'est qu'en (»ffct, si les nobles de certains phys se montrent plus soucieux de leurs plaisirs ([ue d(^ leurs dinoirs vl cachent trop souvent, sous un ]nas(iue de sot orgueil, leur déplorable insuffisance, l(^s lords travaillent, sans C(»sse, dans leur sphère, au luen pubh'c. Ils conserveraient donc ce qui fait leur
plus (h'iiKK r.rti<|iii' en «'spril et en fait il«; tous loslîouvoriicnicnts passés «»t pivscnis. « (Austiii, .1 plcn for ihc constitution.)
i. iMincI rssr (pii(l<l.'iiii iii rrpiiblica jiru'staiis et rogalo. {De rcpuhlirn, \L\^
i. il y il déjà pris cl'iiii clciiii-sièclo «pTun cspi'it l'iiiinoiit signalait. « «laiis les iiKi'iirs p()liti(]in\^ aiif^daiscs, «les traits «jui oirraioraieiit plus (luii jIi'iiHMiate (le la 4M ' Saint-iJe:iis. » ((lli. de Rôiiuisat, L'Angleterre nu .Vl///*" sic.'l.'.)
DE LA DKMOGRATIK K?f ANCLKTERRE 547
plus grande force, je veux diro leur ariion personnelle et locale *. Comme Ta fait si justement observer un éminent aut(»ur, « là où la société est foncièrement arislocratique ou monarchique 3, le gouvernement démocratique, si beau qu'il soit en théorie, peut devenir le pire des gouvernements, car on en voit sortir, plus vile que de tout autre, l'anarchie ou le despotisme, à la grandie surprise et au grand désespoir de ses imprudents anus *^. >»
Je ne vais pas jusqu'à dire qu*il en serait ainsi, mais je ne pense pas non plus qu'il faille se faire une médiocre idée de ce que peut ou de ce (pie pourrait encore Taristocratie. Apr»»s avoir montré quelles sont les difficultés contre lesquelles elle doit sans cesse lutter pour conserver que^jue pouvtn'r. un penseur ajoutait : i On éprouve une sorle de respect pour ces plantes vigoureuses. (|ue certains scds légers semblent impuissants à nourrir et dont le réUiblissemenl. quand elles ont été déracinées, semble complètement impossible ^t. Or ce qui semble théoriquement impossible est précisément ce (|ui (*sl arrivé, et M. Uoulmy Ta dit excellenunent : € L'Angleterre présente le cas rare, en contradiction
1. •> La f<i'aiiilr ïnrvo il(>la («liaiiihn* (l«*.s lnnls« ilaiis l'ostiiiic popiiluiiT, iii' lit'iil paoi à >oii action lr^islHtiv<', ni nirnu* à la nrli«*ss«' t\v ses ini'niliri's. inai> à radniiralilc inaniiTc dont nn f<raii(l noiiilirc irrntrVnx, «aii-t (li<>liMr|ion d'opiniiMi, rcniplissont leurs drvoii-s pnlilifs et s(M'inu\ dan'« liMir Nplicrr loralc ■ (tiladslont* , tlteaningx uf the pant^ voL I. rli. V.)
2. Il n'y a \ti\^ Www louf^tiMnps <|Ui' Ton aurait cnron' pu appli«pHT à l'An^flflfin* rcltt' plira<>(> d<> \a\ l)ru\«''r<' : • La prévention du peuple en faveur dt'S ^rand«« e«t ^i aveugle, et rentêtenieiit pour leur> k<''*(*'^* leur \i'>.ifri*. leur Ion de \oi\ et leurs uianiêres. si général <pie. >'ils ^'a\i^aii>nt d èlre» Ihmi<«. eela irait à l'iilôlatrie. • (Kilit. Servoi^. I, X)H.)
'\. Vai herut, La hfmu*'ratie^ p. 3W.
\. \h: l'urieu, l'imct/K*f de la science iMtlilitjue, di. iir.
oïd CONCLUSION
avrc rcxpéririiot» coinmuiio , d'une nation relalivonicnl «lôinocraiisôr , (|ui. pour un temps, régénère ou laissi st» réfrénércr une oligarchie *. »
AssuréincMit Tavenir ne saurail nous réserver un spec tacie semblable à relui i|U*a doimé le début du xvui'^ siècle. Cr c[ue je veux seulement indiquer, c'est que Taris loeralie demeurera puissantt^ tant qu'il lui restera ce: deux forces, qui sont les conditions fondamentales de soi pouvoir politique : la richesse matérielle et la considéralion |)ubli(jue. Le j(mr où, parsa faute, elle perdraitcetti di*rnière. le jour où la démocratie lui arracherait Tau Ire. en supprimant la liberté de tester et en boulever sani la propriété foncière, c'en serait fait de sa puissanci'. (hi verrait alors se développer d'une pari « hi domination de la richesse et le culte de l'or », de Tauln» « ridolàlri<? de la fonction publique ^ ».
Ksl-celà ce que veulent les réformateurs?
Sans doute, <;n louchant à celle Constitution vénérable, ils pourraient remplir le monde du bruit de leur.-^ cxploils. C.onnne Ta dit (^arlvle, le chêne séculain» fait relenlir les échos de la forêt du grand bruit de sa chute, tandis ([u'une brise ignorée dépose cent glands dans le s(d. Mais ces habiles politiques feraient bien, avant d*agir. (le méditer cetl(» leçon de Montaigne : « (auiIx qui donnent le branslc à un Estai sont volontiers h»s premiers absorbez en sa ruvne: le fruict <lu trouble \\v dvmeiiie guères à celuy ([ui l'a esmeu: il bat et brouille l'eau pour daultres pescheurs ^. »
1. !.f Ih'irlnpprntciit (le la ronstiiuiitin cl (te la société en A/if/iclrrrr. 1». iiO.
2. hiif^^rliot, Thr hrilish ronsfilu/ion, <li. V. '*i. Monlui;j:iu', Lssais, livn» I. cli. xxii.
df: la démocratie en Angleterre sw
E*. s'ils ont au ccrur Tamour sacré do loiir praiifle et nol)l(» patrio, il lour sendt utile do pousser plus loin la l(»cluro. Ils y trouveraient eetle pensée», si actuelle, quoiqu'elle date d(» trois siècles : « Kien ne pn»ss(»un Estai ([ue Tinnovation... Quand qnehpu^ pièce» s(^ desmanclie, on peull Teslayer. mais crenln^pnMidre de n»fondre un*» si jrrande masse et d(» changer les fondcMuents d'un si p^rand l)astiin(»nl. c'est à faire à ceulx* qui, pour di\scrass(»r, f IFacent, qui v(»ulent amend(»r les défaults particuliers par une confusion universelle (»t fi^uarir les maladies par la mort... Les François, mes C(ml(»mporau(»es. s(;avent bi(»n cpiVu din» *. »
i. Moiitni^iK*. /:.*.««/>, livn' UL »li. ix.
FIN DU TO.MK TIIOISIKMK F.T DKaNIKH
KRRATA