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LE POINT DE TRANSFORMATION DES CORPS VITREUX. HISTORIQUE

Nous avons dit que le passage de l’état liquide à l’état vitreux était absolument continu. Cette conception qui était incontestée, il y a quelques années encore, est soumise maintenant à quelques réserves. Depuis 1920, en effet, un grand nombre de travaux ont mis en évidence une anomalie dans l’évolution des propriétés des verres en fonction de la température.

La première publication importante à ce sujet est un Mémoire de Tool et Valasek [1] sur le recuit des verres industriels. Ces auteurs ont réalisé une étude thermique par la méthode si connue de l’analyse thermique différentielle. Ils ont montré qu’il y avait au début de l'intervalle de recuit pour tous les verres une absorption de chaleur normale. Ces résultats ont été confirmés plus tard par Tool et Eichlin [2]. Nous reviendrons plus loin sur l'interprétation que les auteurs ont donné de leurs expériences. Peters et Gragoë [3]ont réalisé une étude dilatométrique sur les mêmes verres par une méthode interférentielle. Ils ont remarqué que dans un « intervalle critique » de l’ordre d’une vingtaine de degrés le coefficient de dilatation devient de 3 à 8 fois plus grand. Cet intervalle critique coïncide avec celui où Tool et Valasek avaient observé le phénomène thermique.

En même temps Braesco [4] signalait dans sa thèse l’accroissement du coefficient de dilatation du silicate de soude SiO?, Na°O, peu avant l’écrasement de l’éprouvette sous l’action du ressort du dilatomètre. Ce fait est d’ailleurs simplement mentionné et ne semble pas avoir attiré davantage l’attention de l’auteur.

La même année, Gibson, Parks et Latimer [5] ont montré que la chaleur spécifique des alcools éthylique et propylique vitreux augmentait très rapidement à partir d'une certaine température. Le même phénomène a été remarqué

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par Gibson et Giauque [6] pour la glycérine et le glycol propylique quelques années plus tard.

La relation entre des travaux en apparence si lointains portant les uns sur des silicates et les autres sur des alcools n’a pu être établie immédiatement.

Lafon [7] est le premier en France à avoir aperçu l’anomalie de dilatation pour les verres industriels. Il semble ignorer d’ailleurs les résultats publiés : ce sujet deux ans plus tôt par Peters et Gragoë [3] et donne une interprétation du phénomène dont nous parlerons à la fin de cet exposé.

Samsoen [8] a montré que l’anomalie de dilatation n'existe pas seulement pour les verres siliceux comme l’avaient pensé certains auteurs. D’après ses expériences cette propriété appartient encore à l’anhydride borique, aux émaux boraciques et phosphatiques, à lhyposulfite hydraté, à la glycérine et à de nombreux produits organiques tels que le braï, la colophane, la gomme laque, les sucres, etc.

Mondain-Monval et Galet [9] ont encore étendu cette notion au sélénium et au soufre vitreux en utilisant une méthode un peu différente.

À partir de ce moment, l’anomalie commençait à se montrer sous son véritable aspect : il s'agit d’une propriété générale intéressant toutes les substances

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