ROMAINS
IIIST0IR1£ ET DESCIUPTIOX
INTllODUCTION
L heureuse réalisation de \ Edition Vaticane du chant liturgique de TKglise latine, entreprise sur l'ordre de Sa Sainteté Pie X, oll're aux liturgistes et aux musiciens un corpus de la cantilène romaine, où textes et chants sont remis, aussi complètement qu'on Ta pu, pour la pratique, dans la parure de leur âge d'or.
Mais, Tordre des offices étant toujours susceptible de variations, des fêtes nouvelles et de nouveaux chants, introduits au cours des âges, des rits anciens périmés, ont modifié, en de certaines mesures, Taspect primitif de l'ensemble du livre. Evidemment, l'idéal de l'historien et du critique serait de revoir le livre dans son premier état avec, en additions mises à la suite, ce (jue les siècles y
kont ajouté. Peut-être cela viendra-t-il.
2 INTHODl CTIO?^
L'usa o'C séculaire, toutefois, pour rorganisalion pratique du culte, en a autrement pensé. Le recueil des mélodies rituelles de TÉglise romaine, établi^ selon la tradition, par le pape saint Grégoire le Grand (^n)0-6oi), n'a jamais été considéré comme un livre sacré clos et fermé. Au cours des âges, sft physionomie a donc pris quelques teintes diverses et, devant le dernier état du livre fameux, les musicologues et les historiens se demandent et le pourquoi et le comment de ces transformations. Que reste-t-il d'original dans les livres grégoriens actuels? Que renferment -ils d'emprunté? D'où viennent ces amplifications, pourquoi ces suppressions qu'on leur a fait subir, quelle est enfin la part, en ces pages, du moderne et de l'antique?
Semblables questions ont déjà été posées et résolues, en ce qui touche au culte proprement dit. Des livres comme les Origines du culte chrétien, de MgrDuchesne; V Histoire du Bréviaire romain . de Mgr Batiifol ; celle de Dom Baumer, et, récemment, les deux opuscules de Dom J. Baudot sur le Missel romain ; \c beau Dictionnaire d'Archéologie chrétienne et de Liturgie, pid)lié par Dom Cabrol, tout cela élucide, ou va élucider, les problèmes (|ul louchent aux l'its et aux prières.
Du côté du chant, la restaui'ation admirable eiilr('[)rise par les Bénédictins, et où Dom Pothier a eu la meilleure part, a intéressé à la fois la théorie
INTRODlT/riON a
et la pratique. L'histoire proprement dite ne lui a pas manqué : en dehors d'ouvrages ([ui portent sur des points spéciaux, et des revues consacrées au chant grégorien*, mon éminent confrère, M. le D'" Wagner, dans sdu Origine cl dcveloppemenf du chant liturgique ; moi-même dans mes Origines du chant romain, sommes partis, en les utilisant, (les données fournies parles savants religieux, et avons montré jusqu à quelle profondeur lointaine plongeaient les nicines de la floraison grégorienne.
Or, cette floraison a été codifiée dans un livre connu, dès le vu'' siècle, sous le nom à'Aniiphonaire de saint Grégoire. Si l'histoire de ses sources originales a été retracée, par contre le récit de sa destinée, des modifications qvii, peu à peu, en ont fait le livre actuel, n*a encore été qu'ébauché.
Dans un premier ouvrage sur ses origines toutes premières-, nous nous sommes efforcé de répondre à la question : D'où vient le chant grégorien? Aujourd'hui, nous tentons de dire ce que le recueil qui le contient est devenu à travers les âges. Notre livre sur les origines menait les recherches jusqu'à
• J'ai donné une Bibliographie générale des ouvrages et collections les plus intéressantes, dans mon Arl (frégorien, in-ia, Paris, Alcan, igif.
- Les Origines du chant romain: LAntiphonnire grégorien, ouvrage couronné par l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, gr. iii-8» de 220 pages, Paris, Picard, 1907.