‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des Pères (volume 3)Chapitre 40 sur 88 · Le même, Lib, XV de Civitate Del, c. 1 : « Chacun de · texte numérisé non relu

Le même, Lib, XV de Civitate Del, c. 1 : « Chacun de

nous , en tant qu'issu d'une rare maudite , ou comme enfant d'Adam, naît méchant et charnel, et ne devient bon et spirituel qu'autant qu'il renaît et croît en Jésus-Christ (1). »

4 5 . Le môme, (ou l'auteur du traité) de Prœdestinatione et Gratiâ, c. 3 : « Le vice introduit dans la racine s'est tellement communiqué par voie de propagation à tous les rejetons qui en sont sortis, que l'enfant même d'un jour n'est pas innocent de cette faute primordiale (Job, XIV, 4-5, d'après les Septante), à moins qu'il n'en soit lavé par la grâce toute gratuite du Sauveur. Que si ceux-là mêmes ne sont pas exempts de péché, qui n'ont pu en commettre encore aucun par eux-mêmes, il faut donc qu'ils l'aient contracté par autrui, de la manière que l'Apôtre nous le fait entendre par ces paroles : Le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché, et ainsi la mort est passée à tous les hommes par ce seul homme, en qui tous ont péché. Nier cela, c'est nier avant tout que nous soyons mortels. Car si, comme le dit l'Apôtre, le péché est entré dans le monde par un seul homme, et si la mort y est entrée par le péché, la mort n'a pu y entrer sans le péché. Et puisque la mort n'est pas une condition de notre nature, mais une peine du péché, la peine ne doit venir qu'à la suite du péché. Comme, d'un autre côté, la mort est passée à tous les hommes, il faut donc que le péché soit passé aussi à tous les hommes. Comment le péché originel peut-il naître dans les enfants en même temps qu'eux-mêmes, c'est ce que nous ne saurions voir des yeux de la chair. Mais comme nous voyons soumis à la loi de la mort tous ceux que leur naissance charnelle fait remonter jusqu'à Adam, quand bien même ils auraient déjà reçu en Jésus-Christ une nouvelle naissance, ce que nous voyons nous oblige de confesser ce que nous ne voyons pas. Car il serait plus facile d'expliquer comment, un péché ayant été commis, le châtiment ne viendrait pas à la suite, qu'il ne le serait de concevoir comment, sans qu'un péché eût été communiqué, quelqu'un qui n'aurait pas participé à la faute, participerait néanmoins à la peine. Si donc, comme nous l'avons fait voir, nous sommes tous débiteurs par le fait même de notre origine, puisque, comme l'a dit l'Apôtre, tous ont péché dans la personne du premier homme, et que la masse même dont nous sommes tirés a été frappée de malédiction, que personne désormais n'ose se plaindre de la dureté de sa condition ou de la peine qu'il

(i) Cf. La Cité de Dieu, Irad. de Moreau, t. II, p, 363.

subit, puisqu'elle est le résultat de la condition de sa naissance, indépendamment même des péchés personnels qu'il a pu commettre dans la suite. »

46. Le même , Lib. VI contra Julianum, c. 42 : « Pour moi, j'ai toujours fait profession de croire, depuis ma conversion au christianisme, comme je le fais aujourd'hui, que le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché, et qu'ainsi la mort est passée dans tous les hommes par ce seul homme, en qui tous ont péché. On peut là-dessus se reporter aux ouvrages que j'ai composés n'étant encore que laïque, et peu de temps après ma conversion : quoique je ne fusse pas encore versé dans la lecture des saints livres comme je l'ai été depuis, on verra que dès-lors je n'ai jamais rien pensé ni rien dit sur ce point, lorsque je me suis trouvé engagé à m'expliquer sur cette matière, qui ne fût très-conforme à ce qu'on a cru et enseigné de tout temps dans l'Eglise catholique, savoir, que le péché originel a fait tomber le genre kumain dans cet affreux état de misère où nous le voyons, et où l'homme est tellement devenu sujet à la vanité, que ses jours passent comme l'ombre, el que tout homme vivant est un abîme de vanité ; état d'où nous ne pouvons sortir, si nous ne sommes délivrés par celui qui a dit : La vérité vous rendra libres (Jean, VIII, 32) ; et ailleurs : Je suis la vérité (Jean, XIV, 6) ; et dans un autre endroit : Si le Fils vous met en liberté, vous serez alors véritablement libres (Jean, VIII, 36). »

47. Ibidem, c. 20 : « Pour réfuter les paroles de mon livre (de Nuptiis et Concupisc, lib. I, c. 43) que vous rapportez, vous dites qu'il fallait garder la même règle à l'égard de l'homme pécheur, que celle qui avait été gardée à l'égard du démon, savoir, qu'aucun ne fût condamné que pour les péchés qu'il aurait commis lui-même par sa propre volonté , et qu'ainsi il ne saurait y avoir de péché originel, puisqu' autrement, dites-vous, on ne pourrait plus appeler bon l'ouvrage de celui qui pourtant a fait bon tout ce qu'il a fait, sans en excepter le démon. Et vous ne voyez pas que Dieu n'a pas fait sortir les démons les uns des autres, ni même d'anges d'ailleurs bons, mais en qui il y aurait une loi des membres contraire à celle de l'esprit, comme cela se trouve dans les hommes qu'ont engendrés d'autres hommes. Votre argument aurait peut - être quelque force, si le diable engendrait des enfants à la manière des hommes, et qu'alors je soutinsse que ces enfants du diable n'hé-

et m SA JUSTIFICATION. 248

riteraient pas du péché de leur père. Mais il faut raisonner autrement de celui qui était homicide dès le commencement (Jean, VIII, 44), et qui, presqu'aussitôt que l'homme eut été créé , lui a donné la mort en se servant de la femme pour le séduire , et infidèle le premier par l'abus qu'il a fait de sa liberté, a entraîné l'homme avec lui dans sa chute ; il faut raisonner de lui autrement, dis-je, que de l'homme, par qui le péché est entré dans le monde, comme la mort par son péché, en qui tous les hommes ont péché, et par qui, en conséquence, la mort est passée à tous les hommes (Rom., V, 42); paroles de l'Apôtre qui marquent évidemment, qu'indépendamment des péchés particuliers à chacun, il y a un péché originel commun à tous les hommes. »

18. Ibidem, c. 24 : « Ce qui fait éclater davantage l'amour de Dieu envers nous , nous dit l'Apôtre 9 c'est que lors même que nous étions encore pécheurs, Jésus-Christ n'a pas laissé dans le temps de mourir pour nous; maintenant donc que nous avons été justifiés par son sang, nous serons à plus forte raison délivrés par lui de la colère de Dieu (Rom., V, 8-9). C'est de cette colère qu'il est dit, que nous étions, par le fait de notre naissance, enfants de colère comme tous les autres (Ephes., II, 3). C'est de cette colère que le prophète Jérémie dit aussi : Maudit soit le jour où je suis né (Jerem., XX, 44). C'est de cette même colère que le saint homme Job dit à son tour ; Périsse le jour où je suis né (Job , III, 3). C'est de cette même colère qu'il dit encore : L'homme né de la femme, destiné à vivre peu de jours sur la terre, et accablé du poids de la colère du Tout-Puissant, tombe bientôt comme la fleur des champs, fuit comme une ombre du milieu des vivants, et ne saurait subsister (Job, XIV, 4 et suiv. , d'après les Septante) . Ne vous êtes-vous pas, à Dieu, occupé de lui, jusqu'à vouloir qu'il entre en jugement avec vous? Eh! qui sera pur de toute souillure? Pas un seul ne l'est, pas même l'enfant dont la vie sur la terre n'est encore que d'un jour. C'est de cette même colère que parle, dans les termes suivants, l'auteur de l'Ecclésiastique : Tout homme s'use comme un vêtement; car la loi en a été portée de tout temps : Vous mourrez (Eccli., XIV, 48, d'après les Septante). La femme a été le principe du péché, et c'est par elle que nous mourons tous (Eccli., XXV, 33). Une inquiète occupation a été destinée d'abord à tous les hommes , et un joug pesant accable les enfants d'Adam, depuis le jour qu'ils sortent du ventre de leur mère jusqu'au jour de leur sépidture, où ils rentrent dans la mère commune de tous

°LU 6 TRAITÉ DE LA CHUTE DE î/ HOMME.

(Eccli., XL, 4). C'est de cette même colère que l'Ecclésiaste a dit : Vanité des vanités, et tout n'est que vanité : quel avantage revient-il à V homme de toutes les peines qu'il se donne sous le soleil (Ecoles., I, 1-2)? C'est encore de cette colère que l'Apôtre a dit : Toute créature est assujettie à la vanité (Rom., VIII, 20). C'est elle qui fait pousser au Psalmiste ces gémissements : Je vois que vous avez fait pencher mes jours à la vieillesse, et mon être est comme le néant à vos yeux; en vérité, tout homme qui vit sur la terre, et tout ce qui est dans V homme n'est que vanité (Ps. XXXVIII, 6). C'est à ce même sujet qu'il a dit ailleurs : Les jours de l'homme passent comme une eau rapide, comme un songe; sa vie est une fleur éphémère; le matin, elle s'épanouit et se fane; le soir, elle tombe sous la faux et se dessèche. C'est votre colère, hélas! 6 Dieu, qui nous a réduits à cet abattement; c'est votre fureur qui nous a jetés dans le trouble. Vous avez exposé nos iniquités à vos yeux, la suite de nos actions à la clarté de votre visage : aussi tous nos jours s'écoulent devant le souffle de votre colère; nos années s'évanouissent comme le travail de l'araignée (hébr., comme un soupir qu'on laisse échapper) (Ps. LXXXIX, 5-9). Personne ne pourra se soustraire à cette colère de Dieu , s'il ne fait sa paix avec lui en recourant au divin médiateur. C'est ce qui a fait dire à ce médiateur lui - même : Celui qui ne croit pas au Fils, n'aura pas la vie, mais la colère de Dieu reste appesantie sur lui (I Jean, V, 56). Il ne dit pas qu'elle tombera sur lui, mais qu'elle reste appesantie sur lui, »

49. Ibidem, c. 26 ; « Vous ne craignez pas de dire (Julien) que vous êtes en société avec les saints patriarches, les saints prophètes, les saints apôtres, les saints martyrs et les saints pontifes ; tandis que les patriarches vous disent que des sacrifices ont été offerts pour les péchés des enfants même nouvellement nés, attendu qu'aucun n'est exempt de souillure, pas même l'enfant dont la vie n'est encore que d'un jour sur la terre (Job, XIV, 4-5, suivant les Septante); tandis que les prophètes vous disent : Nous avons été conçus dans l'iniquité (Ps. L, 7); tandis que les apôtres vous disent : Nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, nous avons été baptisés dans sa mort; de sorte que nous devons nous considérer comme morts au péché, et comme vivant pour Dieu en Jésus-Christ (Rom., VI, 3, 14) ; tandis que les martyrs vous disent que tous ceux qui descendent d'Adam par leur naissance charnelle , contractent dès leur naissance la contagion de la mort, dont la peine a été portée dès le commencement,

tellement que le baptême effacera en eux. le péché d'autrui, sans qu'ils aient encore de péchés personnels; tandis que les saints pontifes vous disent que tous ceux qui doivent leur naissance à la volupté charnelle , contractent la contagion du péché avant même de jouir du bienfait de la vie (S. Gyprien, Epist. ad Fidum; S. Àmbroise , Lib. de sacr. regener.). Vous osez vous associer à tous ces saints personnages, dont vous prenez à tâche de renverser la croyance. »

20. S. Fulgence, de incarnatione et gratiâ Christi, c. \h : « Il y a lieu de s'étonner que ceux qui veulent que la mort soit passée du premier homme à tout le genre humain, sans que le péché nous soit passé en même temps , ne voient pas en quelles difficultés leur sentiment les jette. Premièrement, ils font Dieu injuste, en ce qu'il punirait de mort des enfants qui ne seraient souillés d'aucune tache originelle, et qui d'ailleurs, vu leur âge innocent, sont encore incapables de commettre un péché actuel quelconque par leur propre volonté, puisque l'Apôtre déclare que la mort est la solde du péché , et que le péché est l'aiguillon de la mort, sans doute parce que c'est la pointe de cet aiguillon qui donne la mort à l'homme. Car s'il est appelé l'aiguillon de la mort, ce n'est pas parce que la mort lui a donné entrée , mais bien plutôt parce que c'est lui qui a donné entrée à la mort dans le monde, de même que nous disons d'un breuvage empoisonné, que c'est un breuvage de mort, non parce que c'est la mort qui présente le breuvage , mais parce que c'est le breuvage qui produit la mort. Quelle justice y aurait-il donc à ce qu'un enfant reçût la solde du péché, si le péché ne lui avait fait contracter aucune souillure? Ou comment ressentirait-il l'atteinte de la mort, s'il n'avait pas à sentir avant tout la pointe de son aiguillon? Et puisqu'il n'y a point d'iniquité en Dieu, dans ce Dieu qui a fait l'homme à son image , quelle justice y aurait-il à ce que l'image de Dieu , qui n'aurait pu se souiller par elle-même d'aucune faute , fut exclue du royaume de Dieu , à moins d'être rachetée par le sang du Fils de Dieu?... Si donc ils veulent sortir de leur funeste impiété , injurieuse, comme elle l'est à Dieu lui-même, qu'ils reconnaissent que le premier homme a transmis avec la mort le péché à ses descendants. »

21. Ibidem,, c. 45 : « Ceux qui nient que les enfants aient le péché originel à leur naissance, ne nient pas pour cela que leur chair soit une chair humaine, et ils accordent en même temps que la chair exempte de péché que le Fils de Dieu a prise dans le

sein d'une vierge était une chair humaine; qu'ils disent donc qu'entre la chair du Fils de Dieu naissant d'une vierge et celle de tout autre enfant, il n'y a aucune différence. Qu'ils disent donc encore que les enfants, à qui ils attribuent l'avantage de naître sans péché, n'ont aucun besoin de la grâce du Sauveur; et c'est ainsi qu'ils tombent dans l'erreur de Pelage, en s'élevant avec témérité contre la foi catholique. Car puisqu'ils prétendent que les enfants naissent sans péché, que leur reste-t-il à dire, i sinon qu'il n'y a rien en eux qui ait besoin d'être purifié par la régénération spirituelle? Et s'ils déclarent ces enfants exempts de la tache originelle, à quoi tendent leurs efforts qu'à leur faire accuser de mensonge la vérité de Dieu même, quand ils voient ces mêmes enfants recevoir le sacrement de baptême pour la rémission des péchés? sacrement que les plus petits enfants reçoivent dans la même forme que les adultes, pour que personne ne puisse ignorer qu'il y a en tous la même tache originelle. Que tous ceux donc qui désirent obtenir le salut éternel rejettent avec soin cette hérésie perverse, en confessant sans hésiter que les enfants qu'ils voient naître avec la peine du péché, naissent aussi avec le péché lui-même, et se rendant dociles à cet avertissement de Job, que personne n'est exempt de souillure, pas même l'enfant dont la vie sur la terre n'est encore que d'un jour; en admirant aussi les sentiments de componction et d'humilité avec lesquels David s'écrie : J'ai été conçu dans l'iniquité, et ma mère m'a enfanté dans le péché (Ps. L, 7); en voyant encore qu'Abraham reçut l'ordre de circoncire son fils , sous peine de le voir bientôt frappé de mort : car voici les paroles que dit à ce patriarche le Dieu juste et fidèle, qui n'inflige pas de châtiments là où il ne trouve pas de fautes à punir : Tout mâle dont la chair n'aura point été circoncise sera exterminé du milieu de son peuple, parce qu'il aura violé mon alliance (Gen., XVII, 14). Que ceux qui osent nier que les enfants contractent le péché originel par suite de leur naissance charnelle, nous disent donc en quoi un enfant de huit jours aurait pu violer l'alliance de Dieu, s'il ne l'avait pas violée en celui en qui tous ont péché, puisque l'Apôtre assure qu'avant leur naissance les enfants ne peuvent avoir fait ni bien ni mal (Rom., IX, 11), et que nous voyons que les enfants déjà nés, non pas seulement ceux qui n'ont encore que huit jours, époque à laquelle ils recevaient la circoncision, mais encore tous les enfants, tant que dure leur enfance, sont également incapables de violer l'alliance de Dieu, par cela même qu'ils ne

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peuvent avoir aucune connaissance de cette alliance. Voudra-ton, pour exempter les enfants du péché originel, faire valoir ce passage où saint Paul fait observer que la mort a régné d'Adam à Moïse, même sur ceux qui n'ont pas péché à la ressemblance du péché d'Adam (Rom., V, 14)? Mais si nous opposons à noire tour ces autres paroles du même apôtre : Tous les hommes ont été condamnés par la faille d'un seul homme, qu'il explique bientôt après par ces autres paroles : Beaucoup ont été rendus pécheurs par la désobéissance d'un seul homme; et ce qu'il dit de tout le monde en général, et des Juifs comme des Gentils, que tous ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu (Rom., ÎH, 14), étant justifiés gratuitement par sa grâce et par la rédemption qui est en Jésus-Christ Notre-Seigncur, à quelles perplexités ne se trouvera-t-on pas réduit, si l'on ne consent à expliquer tous ces divers passages dans le sens de la croyance catholique, c'est-à-dire que les enfants n'ont aucun péché qu'ils aient commis par euxmêmes, quoiqu'ils se trouvent tous avoir péché à la fois dans la personne du premier homme ? »

22. Le même, de fide ad Petrum, c. 2b : « Croyez fermement et sans hésiter que les premiers hommes, c'est-à-dire Adam et sa femme, ont été créés bons et tournés vers le bien, avec le libre arbitre et sans aucun péché, libres de demeurer toujours, s'ils l'avaient voulu, dans la soumission et l'obéissance, libres aussi de pécher par leur propre volonté, et qu'ainsi c'est par leur propre volonté, et non par nécessité qu'ils ont péché, et que leur péché a porté une telle atteinte à l'excellence de la nature humaine, que non-seulement il a été cause que la mort a régné sur les premiers hommes, mais encore qu'elle a régné avec le péché sur tous leurs descendants. »

23. S. Prosper (1), Lib. Il de vitâ contemplativâ, c. 20 : « De même que, comme nous étions tous en Adam , nous avons tous péché en lui; ainsi du moment où nous prenons un nouvel être en Jésus-Christ, qui a daigné mourir pour nous^ nous devons mourir avec lui à tous nos péchés, et ressusciter spirituellement avec lui. En Adam nous avons perdu tous les avantages que nous pouvions posséder; en Jésus-Christ nous en recevrons de plus grands que ceux que nous avons perdus, et qui dureront toujours, si nous marchons avec persévérance sur ses traces.

(1) Ou plutôt Julien Pomère, qui parait avoir été le véritable auteur de cet ouvrage.

250 traité de la chute de l'homme

Adam, par le péché qu'il a commis, nous a rendus passibles de tous les maux dont Jésus -Christ , quand il est venu sur la terre, nous a délivrés par sa grâce. Le premier nous a transmis sa faute et en même temps la solidarité de son châtiment ; le second, qui ayant été conçu et étant né sans péché, ne pouvait pas se charger de nos péchés, s'est chargé du moins de la peine qu'ils méritaient, et par-là nous a procuré l'abolition du péché et de la peine tout à la fois, de sorte que si Adam nous a fait perdre le paradis tout entier, Jésus-Christ nous l'a rendu tout entier. »

24. S. Prosper, contra Collatorem, c. 20 : « A quoi le péché a-t-il porté atteinte en nous, sinon à ce qui a été en nous la cause du péché (c'est-à-dire au libre arbitre) ? A moins peut-être qu'on ne dise que la peine est passée sans le péché à la postérité d'Adam : ce qui est tout-à-fait faux, et par conséquent ne saurait être supposé. Car il y aurait trop d'impiété à se former de la justice de Dieu cette idée, qu'elle puisse nous condamner avec les coupables sans que nous soyons coupables. Il est donc visible qu'il y a péché en nous par-là même que le châtiment y est aussi, et la communauté de châtiment pour tous les hommes indique qu'il y a en eux communauté de crime, et nous devons bien nous garder d'imputer à Dieu nos misères, qui ne sont que la juste rétribution que nos péchés méritent. »

25. Le même, Poème sur les ingrats contre les pélagiens, c. 40 :

« Nous naissons tous pécheurs : tous portent en ce monde

» Du premier des mortels la blessure profonde :

» Blessure qui, passant du dedans au dehors,

» Frappa plus tôt à mort son âme que son corps ,

» Lorsque par son orgueil il crut l'ange infidèle

» Qu'un même orgueil bannit de la gloire éternelle (1). »

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