‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des Pères (volume 3)Chapitre 65 sur 88 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

DE L'OBSERVATION DES COMMANDEMENTS DE DIEU, ET DE LA NÉCESSITÉ AINSI QUE DE LA POSSIBILITÉ DE LES OBSERVER.

« Personne, à quelque degré de justice ou de sainteté qu'il soit parvenu, ne doit s'estimer exempt d'observer les commandements de Dieu, ni avancer cette parole téméraire, et proscrite par nos pères sous peine d'anathème, que l'observation des commandements de Dieu est impraticable à l'homme même constitué à l'état de justice. Car Dieu ne commande 'point l'impossible; mais en commandant il avertit, et de faire ce que l'on peut, et de demander ce qu'on ne peut pas faire, et il aide afin qu'on le puisse. Ses commandements ne sont point onéreux; son joug est doux, et son fardeau léger. Car les vrais enfants de Dieu aiment Jésus-Christ, et ceux qui l'aiment gardent sa parole, comme il le témoigne lui-même; et cela, avec le secours de Dieu, ne saurait être au-dessus de leurs forces. Car, quoique dans cette vie mortelle les plus saints et les plus justes puissent tomber quelquefois dans des fautes au moins légères , dans ces fautes journalières qu'on appelle aussi péchés véniels, ils ne cessent pas pour cela d'être justes. Les justes, en effet, doivent, aussi bien que les autres, faire à Dieu cette prière, aussi vraie dans son contenu qu'elle est humble dans son énoncé : Pardonnez-nous nos offenses. De là, ils doivent se reconnaître d'autant plus obligés de marcher dans les voies de la justice, que se trouvant d'avance affranchis

du péché et attachés au service de Dieu, its peuvent mieux que les autres, en suivant les règles de la piété, de la tempérance et de la justice, faire de continuels progrès dans ces vertus par la grâce de Jésus-Christ, à qui ils doivent d'être entrés dans cet heureux état. Car Dieu n'abandonne point ceux qui sont une fois justifiés par sa grâce, à moins que ceux-ci ne l'abandonnent les premiers.

» Personne ne doit donc se flatter soi-même d'être héritier du royaume céleste, par cela seul qu'il a la foi, ou d'obtenir un jour cet héritage par le mérite de sa foi seule, quand même il ne partagerait en rien les souffrances de Jésus-Christ pour partager un jour sa gloire. Car, comme dit l'Apôtre, Jêsus-Christ lui-même > quoiqu'il fût le Fils de Dieu, a appris V obéissance par l'expérience des choses qu'il a souffertes; et tout ayant été consommé dans sa personne, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause de leur salut éternel. C'est pourquoi le même apôtre, parlant à des fidèles d'avance justifiés, leur disait : Ne savezvous pas que tous ceux qui courent dans une arène fournissent leur course chacun de leur côté, et qu'un seul cependant remporte le prix. Courez donc de manière à le remporter vous-mêmes. Pour moi, c'est aussi ce que je fais : Je cours, mais non comme au hasard; je combats, mais non comme en donnant des coups en l'air; mais je châtie mon corps et le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois réprouvé moi-même. Saint Pierre, le prince des apôtres, disait aussi : Travaillez à assurer par vos bonnes œuvres votre vocation et votre élection : car, en agissant de la sorte, vous ne pécherez jamais.

» Il est évident par tous ces textes, que c'est aller contre la saine doctrine, que de dire que les justes pèchent au moins véniellement dans toutes leurs bonnes œuvres, ou ce qui serait plus intolérable encore, qu'ils méritent, jusque dans le bien qu'ils font, des peines éternelles; aussi bien que de dire que les justes pèchent dans toutes leurs œuvres, si pour ranimer leur langueur et s'encourager à courir avec plus d'ardeur dans la carrière, ils se proposent, outre la gloire de Dieu qu'ils ont principalement en vue, d'obtenir aussi pour eux-mêmes la récompense éternelle, puisqu'il est écrit : J'ai porté mon cœur (ô mon Dieu) à l'observation de vos commandements à cause de la récompense que vous m'en faites espérer; et que l'Apôtre nous témoigne de Moïse, que cet homme héroïque envisageait de même la récompense. » Concile de Trente, session VI, chapitre IL

TÉMOIGNAGES DE L'ÉCRITURE

1. Matthieu, XXVIII, 19-20 : « Allez donc, et instruisez tous les peuples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, — et leur enseignant à observer tout ce que je vous ai ordonné. »

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