‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des Pères (volume 3)Chapitre 72 sur 88 · RENTRÉE EN GRACE · texte numérisé non relu

RENTRÉE EN GRACE

a Quant à ceux qui par leurs péchés sont déchus de la grâce de la justification qu'ils avaient reçue, ils pourront être justifiés de nouveau, si, obéissant à l'inspiration divine, ils se mettent en devoir de recouvrer par le sacrement de Pénitence, en vertu des mérites de Jésus-Christ, la grâce qu'ils ont perdue. Ce mode de justification est en effet celui qui convient pour les relever de leurs chutes, et c'est bien justement que les saints Pères ont appelé le sacrement de Pénitence la seconde planche après le naufrage de la grâce. Car Jésus-Christ a institué ce sacrement pour ceux qui retombent dans le péché après leur baptême, lorsqu'il a dit : Recevez le Saint-Esprit; les pêches seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. Nous devons dire en conséquence, que la pénitence

du chrétien après sa chute est bien différente de celle qui a pu précéder son baptême, et qu'elle exige de lui, non-seulement qu'il cesse de pécher, et qu'il déteste ses péchés passés, ou qu'il en ait le cœur humilié, contrit, mais encore qu'il en fasse la confession sacramentelle, au moins in voto, et dans le temps prescrit, qu'il en reçoive de plus l'absolution de la main du prêtre, et qu'il satisfasse à la justice divine par des jeûnes, des aumônes, des prières, et les autres pieux exercices de la vie spirituelle, non pas, il est vrai, pour se racheter des peines éternelles, qui ont dû lui être remises avec ses péchés, ou par le sacrement, ou en vertu du vœu qu'il a formé Je le recevoir, mais pour obtenir la rémission des peines temporelles, qui, comme nous l'enseignent les divines Ecritures, ne sont pas remises toujours ni en entier, comme elles l'ont été dans le baptême, à ceux qui, payant Dieu d'ingratitude pour la grâce qu'ils ont reçue de lui, ont contristé l'Esprit-Saint, et profané en euxmêmes le temple de Dieu. C'est de cette pénitence qu'il a été dit en particulier : Souvenez-vous de Vèlat d'où vous êtes déchu; faites pénitence, et rentrez dans la pratique de vos premières œuvres. Et encore : La tristesse qui est selon Dieu produit pour le salut une pénitence stable. Et ailleurs aussi : Faites pénitence. Et ailleurs encore : Faites de dignes fruits de pénitence. » Conc. Trid., sess. VI, c. 14.

TÉMOIGNAGES DE l' ÉCRITURE.

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