‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 88 sur 139 · CAPUT PRIMUM, DE FIDE ET SYMBOLO FIDEI · texte numérisé non relu

CAPUT PRIMUM, DE FIDE ET SYMBOLO FIDEI

Quis dicendus est Chrislianus?

Qui Jesu Christi veri Dei et hominis , salutarem doctrinam in ejus Ecclesia profitetur.

Omnes proinde cultus et sectas,quœ extra Chrisli doctrinam et Ecclesiam ubivis gentium reperiuntur, ut est judaica, ethnica, mahometica, hœretica , damnât et detestatur penitus, qui verè Chrislianus est: et in ipsa Christi doctrina firmiter acquiescit.

fort grand nombre de personnes ; de sorte que ce fut à Antioche que les disciples furent pour la première fois nommés chrétiens. »

2. I Petr., IV, 15-16. « Que nul de vous ne soit maltraité comme coupable d'homicide, ou comme larron , ou comme faisant de mauvaises actions , ou comme envieux des avantages d'autrui. Mais s'il est maltraité comme chrétien, qu'il n'en ait point de honte, et qu'au contraire il en glorifie Dieu. »

TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION

I. S. Athanase, Orat. Hcont. Arian. « Est-ce qu'aucun peuple chrétien a jamais emprunté son nom de ses évêques , et non pas plutôt du Seigneur, en qui il croit ? Certes , ce n'est pas des bienheureux apôtres nos maîtres , ni des autres ministres de l'Evangile du Christ , mais du Christ lui-même que nous avons reçu notre appellation comme notre profession de chrétiens. Ceux au contraire dont la foi n'a pas la même origine , ont raison de prendre les noms des auteurs de leur secte , parce que c'est à ceux-là qu'ils appartiennent.

« C'est ainsi que notre nom comme notre qualité de chrétiens, que nous tenons du Christ, a suffi pour réfuter Marcion, inventeur de son hérésie nouvelle : ce nom de chrétiens est resté à ceux qui ne se sont pas laissé ébranler par Marcion ; ceux au contraire qui se sont attachés à cet hérésiarque , ont perdu leur nom de chrétiens pour n'être plus connus que sous celui de marcionites. C'est encore ainsi que Valentin , Basilide , Manichée et Simon le magicien ont donné leurs noms à leurs sectateurs , et c'est de là que les uns ont été appelés valentiniens , d'autres basilidiens, d'autres manichéens , d'autres simoniens , d'autres cataphrygiens ( nom qu'ils ont pris de la Basse-Phrygie ) , d'autres novatiens, de Novat, leur chef. Ainsi Mélèce, excommunié par Pierre, évêque et martyr, a donné son nom à ses partisans , qui dès lors ont cessé d'être appelés chrétiens. C'est encore de cette manière qu'Arius ayant été excommunié par Alexandre , ceux qui sont restés avec Tévêque ont conservé leur nom de chrétiens , et que ceux au contraire qui se sont attachés à Arius n'ont plus été appelés qu'ariens , en laissant Alexandre seul avec les siens en possession du nom du Sauveur.... Ceux de cette espèce qui vont se joindre à ces hérétiques en désertant notre Eglise , perdent en même temps leur nom de disciples du Christ pour prendre celui d'ariens , comme ayant renoncé à la foi chrétienne pour mettre à la place l'erreur inventée par Arius. Comment donc seraient-ils chrétiens %

ceux qui ne s'appellent pas chrétiens, mais qu'on doit plutôt appeler ariomanes? Comment pourraient-ils compter comme faisant partie de l'Eglise catholique , ceux qui ont rejeté l'antique foi , et qui répandent parmi les peuples le venin de leurs doctrines , doctrines convaincues de fausseté par cela seul qu'elles sont nouvelles? »

2. S. Cyprien, Ep. 52 ad Anton. « Celui-là, quel qu'il soit d'ailleurs, n'est pas chrétien, qui n'est pas dans l'Eglise du Christ. »

3. Le même , de Unit Eccl. « Celui qui abandonne l'Eglise de Jésus-Christ , ne recevra jamais les récompenses de Jésus-Christ. C'est un étranger, c'est un profane , c'est un ennemi. Celui-là ne peut avoir Dieu pour père, qui n'a point l'Eglise pour mère. »

4. S. Ignace, Ep. ad Magnes. « Montrons-nous dignes du surnom que nous avons reçu ; car quiconque est appelé d'un autre nom, n'appartient point à Dieu ; c'est comme s'il rejetait l'Ecriture inspirée qui a dit de nous dans son langage prophétique : On les appellera d'un nom nouveau, que le Seigneur leur donnera de sa propre bouche, et ils seront le peuple saint (Isa., LXII, 2). C'est ce qui s'est accompli la première fois en Syrie ; car c'est à Antioche que les disciples, instruits par Pierre et Paul, fondateurs de cette Eglise , ont été les premiers de tous appelés chrétiens. »

5. S. Augustin, Tract. CXIII in Joan. « Nous devons remarquer, au sujet du renoncement de l'apôtre Pierre, que le Christ est renié non-seulement par ceux qui disent de lui qu'il n'est pas le Christ , mais encore par ceux qui disent d'eux-mêmes qu'ils ne sont pas chrétiens , quoiqu'ils le soient en effet. Car le Christ ne dit pas à Pierre , vous nierez que vous soyez mon disciple , mais il lui dit , vous me renierez : et cependant il n'a pas fait autre chose pour le renier, que de nier qu'il fut son disciple. »

6. Le même, Serm. CLXXXI de tempore (!)„ c. 42. « Quisquis ille est s et qualiscumque Me est , christianus non est 3 qui in Christi Ecclesiâ non est. » Ce sont les paroles de saint Cyprien lui-même traduites plus haut, n° 2.

7. Le même , Enchirid. ad Laur., c. 5 : a Le fondement assuré et véritable de la foi catholique , c'est le Christ. Car, comme dit l'Apôtre , personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été pose , et qui est Jésus-Christ. Et qu'on ne s'imagine pas que ce ne soit pas là le véritable fondement de la foi catholique , sous

(1) Ce sermon, au jugement des docteurs de l'ancienne université de Louvain, ne paraît pas être de saint Augustin, puisqu'il se compose plutôt de paroles de saint Grégoire-le-Grand. V. Natal. Alexand., Hist. eccl.} tome V, p. 108, édition de Venise.

prétexte qu'on pourrait croire que ce fondement nous serait commun avec quelques hérétiques. Car si l'on examine la chose de près , on verra que Jésus-Christ n'est reconnu que de nom , sans l'être de fait par les hérétiques , quels qu'ils soient, qui prétendent porter comme nous le nom de chrétiens. Il serait trop long d'en fournir la preuve, puisqu'il faudrait pour cela passer en revue toutes les hérésies , soit anciennes soit nouvelles , en montrant de chacune d'elles en particulier combien est vrai ce que nous disons ici de toutes en général. »

8. Tertullien, de Pudicitiâ, c. 7 : « La brebis, c'est à proprement parler le chrétien ; le troupeau du Seigneur, c'est la multitude des fidèles; le bon pasteur, c'est le Christ. Il faut donc entendre par cette brebis qui s'égare loin du bercail le chrétien qui se sépare de l'Eglise. »

9. Le même, de Prœscript., n. 37 : « Ils ne sauraient être chrétiens , dès lors qu'ils sont hérétiques , et qu'ils ne tiennent pas de Jésus-Christ une doctrine qu'ils ont choisie de leur autorité privée ou qu'ils ont empruntée à d'autres hérétiques. »

Question II.

A quoi peut se réduire la doctrine chrétienne ?

La doctrine chrétienne comprend en général les vérités et les devoirs , dont l'ensemble constitue la véritable sagesse et la véritable justice. La sagesse, comme le fait voir saint Augustin, a pour objet les vertus théologales , qui sont la foi , l'espérance et la charité, vertus divinement infuses dans l'âme , et qui rendent bienheureux et en quelque sorte divins les hommes qui s'attachent à les cultiver ici-bas. La justice, à son tour, comprend deux choses : la fuite du mal et la pratique du bien ; car c'est cette vertu de justice qu'avait en vue le Prophète royal quand il disait : Détournez-vous du mal, et faites le bien. Or, de la sagesse et de la justice découle , comme de deux sources, tout l'ensemble de la doctrine et de la morale chrétiennes (II).

Quo compendio Christianam doctrinam licet complecti?

Ut nimirumChristianus ea nôrit et observet, quœ tum ad sapientiam , tum ad justitiam spectant. Sapientia, ut Augustinus ostendit, circa virtutes theologicas versatur, fidem, spem, et charitatem, quae et divinitus inftwduntur, et cùm in bac vitâ

pure maximeque excoluntur, beatos homines divinosque reddunt. Justitiaverôduabus partibus , declinatione à malo , et bona operatione absolvitur. Hue enim spectat, quod Propheta inquit regius : Diverte à malo, et fac bonum. Jam ex hisce fontibus, Sapientiœ scilicet et Justitiœ , non dissimiliter hauriuntur caetera, quœcumque Christian»

quidem institutioni atque disciplinée congruunt.

TÉMOIGNAGES DE L'ÉCRITURE

4. Eccli., I, 33. « Mon fils, si vous désirez la sagesse avec ardeur, conservez la justice, et Dieu vous la donnera. »

2. / Cor., XIII, 43. a Or, ces trois vertus, la foi , l'espérance et la charité, demeurent à présent; mais la charité est la plus excellente des trois. »

3. Ps. XXXIII, 45. « Détournez -vous du mal, et faites le bien. »

4. Ps. XXXVI, 27. « Détournez-vous du mal , et faites le bien ; et soyez assuré d'une demeure éternelle. »

5. / Petr., III, 40-44. « Si quelqu'un aime la vie , et désire que ses jours soient heureux , qu'il empêche que sa langue ne se porte à la médisance , et que ses lèvres ne prononcent des paroles de tromperie ; qu'il se détourne du mal, et qu'il fasse le bien. »

TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION

4. S. Augustin, Lib. Retract., c. 63 : « J'ai composé un livre (1) touchant la foi, l'espérance et la charité, sur la demande que m'avait faite d'un ouvrage de ma plume celui à qui il est adressé, pour qu'il ne sortît pas de ses mains. C'est ce que nous appellerions Manuel, et que les Grecs appellent Ey^pt&ov. 11 me semble y avoir montré assez bien quel est l'ensemble des devoirs à remplir envers Dieu, ce en quoi l'Ecriture fait consister la véritable sagesse. »

2. Le même, Enchirid. ad Laur., c. 2. « La piété, voilà la sagesse de l'homme. C'est ce que vous trouverez dans le livre de Job ; car on y lit en propres termes, que la sagesse a dit à l'homme ; La piété envers Dieu, voilà la sagesse (Job, XXVIII, 28). C'est ce que marque plus précisément le mot grec S"eocre]3tta employé dans cet endroit. »

3. Le même , c. 3 : « Si je réponds à cette question (comment honorer Dieu), qu'on doit l'honorer par la foi, l'espérance et la charité , vous m'alléguerez sans doute que cette réponse est trop courte au gré de votre désir. »

h. S. Prosper , Sent, ex L. Aug. decerpt., sent. 98 : « La justice consiste tout entière à éviter le mal et à faire le bien : deux points auxquels on doit tenir invariablement au milieu de toutes les adversités , parce que ce qu'on donne à la piété est la seule chose qui ne soit jamais perdue. »

(1) C'est V Enchirid ion adressé à Laurent.

Question III.

Quel est le premier objet de la doctrine chrétienne?

Le premier objet de la doctrine chrétienne c'est la foi , qui est comme la porte de notre salut , et sans laquelle personne dans cette vie ne peut trouver Dieu , ni par conséquent l'invoquer, le servir et lui plaire. Car pour s'approcher de Dieu, dit l'Apôtre, il faut croire. Celui qui ne croira pas, a dit Notre - Seigneur lui-même, sera condamné, ou plutôt il Vest déjà, comme Notre- Seigneur Jésus-Christ l'a dit encore (III).

TÉMOIGNAGES DE L ÉCRITURE

1. Rom., X, 14. « Comment l'invoqueront-ils, s'ils ne croient point en lui ? »

2. Hebr., XI, 6. « Il est impossible de plaire à Dieu sans la foi ; car pour s'approcher de Dieu , il faut croire premièrement qu'il y a un Dieu , et qu'il récompensera ceux qui le cherchent. »

3. Marc, XVI, 16. « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé; mais celui qui ne croira point, sera condamné. »

4. Joan., III, 18. a Celui qui croit en lui n'est pas condamné; mais celui qui ne croit pas est déjà condamné , parce qu'il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu. »

TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION

1. S. Augustin, Serm. 58 de temp. (1) : « Il est certain que personne ne peut parvenir à la véritable félicité s'il n'est agréable à Dieu , et que personne ne peut être agréable à Dieu que par la foi. La foi , en effet, est le fondement de tous les biens. La foi est le principe de notre salut. Sans elle personne ne saurait participer à la dignité des enfants de Dieu , parce que sans elle ni on ne peut obtenir la grâce de la justification dans le siècle présent , ni on ne pourra posséder la vie éternelle dans le siècle à venir.

(1) Ce sermon n'est pas de saint Augustin , mais c'est une partie de l'ouvrage d'Alcuin de Trinitate, c'est-à-dire tout le livre Ier et une partie du second. V. Noel-Ai^wdre, Hist. eccl. V sœc, c. IV, art. III, § IX.

ni.

Quid primum traditur in doc tri na christiana?

Fides , janua illa nostrœ salulis , sine qua Deum invenire et invocare, Deo servire et

placeie, nullus in hac vita potest : Credere enim oportet accedentem ad Deum, inquit Aposlolus; qui verd non crediderit, cowdemnabitur,etjamjudicatus est, ex Christi sententia.

Et si l'on refuse de marcher ici-bas dans les sentiers de la foi , on n'arrivera jamais au bonheur de voir dans sa propre essence Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Ce passage se trouve répété au commencement du sermon CLXXXI (1) de tempore du même Père.

2. Le même, Serra, 1 de verb. Apost. (2) : « Il n'y a ni richesses, ni trésors , ni honneurs , ni quoi que ce soit au monde , qui surpasse en valeur la foi catholique , laquelle sauve les hommes de leurs péchés , les guérit de leurs maux spirituels , procure aux catéchumènes la grâce du baptême , aux fidèles celle de la justification , aux pénitents le moyen de réparer leurs offenses , aux justes celui d'accroître leurs mérites ; qui couronne les martyrs , qui maintient dans les bornes d'une chaste pudeur les vierges , les veuves et les époux ; qui ordonne les clercs , qui consacre les évêques , qui initie les uns et les autres au royaume céleste , et les fait entrer en société avec les anges. » Saint Augustin répète les mêmes paroles dans son sermon CLXXXI de tempore, c. 12 (3).

3. S. Léon-le-Grand , Serm. k in solemn.Nativ. D. N. J. C. « C'est un puissant soutien que la foi , quand elle est saine et entière, cette foi à laquelle il n'y a rien à ajouter, rien à retrancher; car la foi ne saurait subsister, si elle n'est une , selon ce que dit l'Apôtre : Il n'y a qu'an Seigneur ,. qu'une foi, qu'un baptême, qu'un Dieu, père de toutes choses, qui est au-dessus de tout, qui est partout, qui est en nous tous. Attachez-vous inébranlablement à cette unité, mes chers frères , et dans cette unité pratiquez la sainteté avec tout le zèle dont vous êtes capables ; dans cette unité appliquezvous à observer les préceptes du Seigneur, parce que sans la foi il est impossible de plaire à Dieu ; sans la foi , il n'y a rien de saint ; sans la foi , il n'y a rien de chaste ; sans la foi , on est privé de toute vie spirituelle. Car il est écrit : Le juste vit de la foi. »

Question IV.

Qu'est-ce qu'on entend par ce nom de foi? La foi est un don de Dieu , et une lumière dont il éclaire notre âme , pour nous porter à donner notre assentiment et à nous atta-

(1) Ce sermon n'est pas de saint Augustin. V. Noel-Alexaisdre, Hist. eccl. V sœc, c. IV, art. III , § IX , et plus haut question I.

(2) Ce sermon n'est pas non plus de saint Augustin. V. ibidem.

(3) Ce sermon, nous l'avons déjà dit, est lui-même supposé, et compose en partie de paroles de saint Grégoire. V. Noël- Alexandre , ibid.

cher fermement à tout ce qu'il nous a révélé , et qu'il nous propose à croire par son Eglise.

Ces vérités que l'Eglise nous propose à croire de la part de Dieu sont , par exemple , que Dieu est un dans sa nature et subsiste néanmoins en trois personnes ; que le monde a été créé de rien ; que Dieu s'est fait homme , et qu'il est mort pour nous ; que Marie est vierge et mère de Dieu tout ensemble ; que tous les morts seront rappelés à la vie ; que l'homme est régénéré par l'eau et par le Saint-Esprit ; que Jésus-Christ est contenu tout entier dans l'Eucharistie , et tant d'autres augustes mystères de notre sainte religion , qui nous ayant été révélés de Dieu , n'ont pas besoin d'être compris par notre intelligence, mais simplement d'être admis par la foi.

C'est ce qui a fait dire au Prophète : Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas. En effet, la foi ne consulte point l'ordre de la nature , ne s'en rapporte point à l'expérience que les sens fournissent , ne s'appuie point sur la puissance et la raison de l'homme ; mais elle se fonde uniquement sur la vertu et l'autorité de Dieu , assurée qu'elle est que la vérité souveraine et éternelle , qui est Dieu , ne peut ni se tromper ni nous tromper.

C'est pourquoi ce qui caractérise surtout la foi , c'est de réduire tout esprit en servitude, et de nous faire rendre obéissance à Jésus- Christ, pour qui rien n'est impossible , ni même difficile. Telle est la foi , qu'on peut appeler la lumière de l'âme , la porte de la vie et le fondement du salut éternel (IV).

Quid fidei nomine intelligitur?

Dei donum ac lumen , quo illustratus homo, firmiter assentitur atque adhœret iis, quœ ut credantur, sunt divinitus revelata , et ab Ecclesia nobis proposita.

Cujusmodi sunt, Deum esse trinum et unum, è nihilo creatum mundum, Deum factum esse hominem, et pro hominibus mortem sustinuisse, Mariam et Virginem et Dei Matrem existere, morluos omnes ad vitam excitandos esse , hominem ex aqua et Spiritu sancto regenerari , totum Christum in Eucharistia contineri, et id genus alia reliffionis nostrae veneranda mysteria, quse

divinitus revelata, non humani sensuscaptu comprehendi , sed fide duntaxat percipi possunt.

Unde Propheta : Nisi credideritis , inquit, non intelligetis. Non enim spectat fides naturœ ordinem, non sensuum fidit experientiae , non potentiâ aut ratione humanâ, sed virtute et auctoritate divinâ nititur, illud plané certum habens, summam œternamque veritatem, quse Deus est, nec falli posse unquam , nec fallere.

Quamobrem id fidei vel maxime proprium est, ut in captivitatem redigat omnem intellectum in obsequium Christi, apud quem non est difficile , nedum impossibile, omne verbum. Hœc fides lumen est animée, ostium vitœ , fundamentum salutis œternae.

TÉMOIGNAGES DE L'ÉCRITURE

1. Eph., II, 8. « C'est par la grâce que vous êtes sauvés en vertu de la foi ; et cela ne vient pas de vous , puisque c'est un don de Dieu. »

2. Hebr., XI, 1 . « La foi est le fondement des choses que l'on doit espérer, et une pleine conviction de ces choses qu'on ne voit point. »

3.1. Joan., V, 7. « Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel , le Père , le Verbe et le Saint-Esprit , et ces trois sont une même chose. »

h. Gen., I, 1. « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. »

5. Joan., 1 , 14. « Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous. »

6. Luc, II, 7 et 11. (c Elle enfanta son Fils premier-né.... Aujourd'hui dans la ville de David il vous est né un Sauveur, qui est le Christ , le Seigneur. »

7. Rom., V, 8-9. « Ce qui fait éclater davantage l'amour de Dieu envers nous , c'est que , lors même que nous étions encore pécheurs , Jésus-Christ n'a pas laissé dans le temps de mourir pour nous. »

8. Luc, I, 3b. « Le fruit saint qui naîtra de vous, sera appelé le Fils de Dieu. »

9. I Cor., XV, 51-53. « Nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés. En un moment , en un clin d'œil , au son de la dernière trompette : car la trompette sonnera , et les morts ressusciteront en un état incorruptible , et alors nous serons changés. Car il faut que ce corps corruptible soit revêtu de l'incorruptibilité, et que ce corps mortel soit revêtu de l'immortalité. »

10. Joan., III, 3. « En vérité, en vérité je vous dis , que personne , s'il ne naît de nouveau , ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »

11. Eccli., III, 22-26. « Ne recherchez point ce qui est audessus de vous , et ne tâchez point de pénétrer ce qui surpasse vos forces ; mais pensez toujours à ce que Dieu vous a commandé , et n'ayez point la curiosité d'examiner la plupart de ses ouvrages : car vous n'avez que faire de voir de vos yeux ce qui est caché. Ne vous appliquez point avec empressement à la recherche des choses non nécessaires , et n'examinez point avec curiosité I s

divers ouvrages de Dieu. Car il vous a découvert beaucoup de choses qui étaient au-dessus de l'esprit de l'homme. Plusieurs se sont laissé séduire par leurs fausses opinions , et l'illusion de leur esprit les a retenus dans la vanité et dans le mensonge. »

12. II Cor.,, X, 5. <(. Nous réduisons en servitude tous les esprits pour les soumettre à l'obéissance de Jésus-Christ. »

13. Isaïe, VII , 9 , d'après les Septante : « Si non credideritis , non intelligetis. — Si vous n'avez une ferme foi , vous n'aurez point l'intelligence. »

44. Luc, I, 37 : « Il n'y a rien d'impossible à Dieu. » 15. Jerem., XXXII , 27 : « C'est moi qui suis le Seigneur, le Dieu de toute chair : y a-t-il rien qui me soit difficile ? »

TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION

1. S. Basile, Serm. de fid. confess. siv. de ver a et piâ fide in Ascet. : « Ainsi donc la foi est un assentiment exempt d'hésitation à la parole de Dieu , avec l'intime persuasion de la vérité des choses qu'il a bien voulu apprendre ainsi aux hommes. »

2. S. Bernard, Epist. CXC ad Innoc. contr. Petr. Abailard : « Dès les premières lignes de son extravagante théologie, il ( Abailard ) définit la foi une opinion (œslimatio) } une conjecture préalable , comme si les mystères de notre foi dépendaient de la raison humaine , au lieu d'être appuyés , comme ils le sont , sur les fondements inébranlables de la vérité. Est-ce que , du moment que la foi chancelle, notre espérance n'est pas par cela même anéantie ? Ce seraient donc des insensés que nos martyrs , qui auraient enduré tant de tourments pour de pures opinions, et n'auraient pas hésité à se soumettre à un long exil ou à une dure captivité , tout en hésitant sur la certitude de leur récompense à venir? Mais à Dieu ne plaise , qu'à l'exemple de ce téméraire, nous pensions que l'hésitation ou le doute puisse entrer dans la foi ou dans l'espérance chrétienne , ou que la foi ne soit pas tout entière appuyée sur une vérité ferme et solide , ayant pour garantie des miracles et des oracles divins , et se présentant à nous cimentée et sanctionnée par l'enfantement d'une vierge, par le sang du Sauveur, par la gloire du Christ ressuscité. Ces témoignages-là sont infiniment dignes de notre croyance, credibilia facta sunt nimis. Que dis-je? L'Esprit lui-même rend ce témoignage à notre esprit, que nous sommes les enfants de Dieu. Comment donc oserait-on appeler la foi une opinion, à moins d'être convaincu par là même qu'on n'aurait pas encore reçu cet esprit divin, ou d'ignorer

ET DU SYMBOLE DE LA FOI. il

l'Evangile, ou de le regarder comme une fable ? Je sais, nous crie l'Apôtre , à qui j'ai confié mon dépôt, et je suis certain , certus sum ; et vous , vous venez nous criailler que la foi est une opinion ! Quoi ! vous me proposez comme douteux ce qu'il y a au monde de plus certain ! Saint Augustin ne parlait point de la sorte. La foi , disait-il , n'est point une conjecture ou une opinion qui se forme en nous par le travail de nos réflexions ; elle est une conviction intérieure avouée par la conscience. Laissons donc ces théories problématiques aux philosophes académiciens, qui se font une règle de douter de tout , et qui effectivement ne .savent rien. Pour nous , tenons-nous-en à la définition du Docteur des nations , et nous serons assurés de n'être pas confondus : Scio quia non confundar. Oui, je l'avoue, sa définition de la foi me plaît plus que toute autre , encore bien que mon adversaire s'applique secrètement à la renverser. La foi, dit cet apôtre , est le fondement des choses qu'on espère, une conviction certaine des choses qu'on ne voit pas. Elle est donc un fondement , et non point une opinion , et non point une déduction de nos vaines pensées ; elle est une certitude , et non point une conjecture » (4).

5. Le même , ibidem : « Qu'y a-t-il de plus déraisonnable que de vouloir, avec la raison , aller au-delà de ce qui en constitue les limites? et qu'y a-t-il de plus contraire à la foi que de refuser de croire tout ce qu'avec sa raison on ne saurait atteindre ? Enfin , prétendant donner le commentaire de ces paroles du Sage : Celui qui croit sans examen est un esprit léger (Qui crédit citb , levis est corde) : Croire sans examen , dit-il , c'est produire un acte de foi avant tout raisonnement ; tandis que Salomon entendait son proverbe , non de la foi en Dieu , mais de notre trop grande facilité à nous croire les uns les autres. Car, pour ce qui est de la foi divine , le pape saint Grégoire soutient au contraire qu'elle serait sans mérite , si nous prétendions la fonder sur la raison humaine (Hom. 26 in Evang. ) ; et il loue les apôtres de s'être rendus surle-champ à l'ordre que le Sauveur leur avait donné de le suivre. Ce grand pape n'ignorait pas en effet que ces paroles d'un psaume , Il m'a obéi dès qu'il a entendu ma voix (Ps.XVII, 45), renferment une louange du peuple dont il s'agit dans ce verset, et que d'autres au contraire ont été repris pour avoir tardé à croire. Enfin , nous pouvons nous rappeler que Marie a été récompensée d'avoir cru sans raisonner, et Zacharie puni d'avoir raisonné avant de croire ,

(1) Voir VHistoire de S. Bernard , par M. l'abbé Théodore Ratisbonne,

et qu'Abraham a été loué par l'Apôtre pour avoir espéré contre toute espérance (Rom., IV, 18), et cru contre les apparences mêmes. »

4. S. Augustin, contr. Epist. Manich. quant vocant. fundamenti, c. 5 : « Que feriez-vous , si vous trouviez quelqu'un qui ne croirait pas encore à l'Evangile et qui vous dirait qu'il ne croit pas? Pour moi, je ne croirais pas à l'Evangile, si je n'y étais porté par l'autorité de l'Eglise catholique. »

5. Le concile d'Ephèse, canon 13 (on le trouvera rapporté plus bas, question X, en tête des témoignages de la tradition ).

6. Les conciles de Constance , de Florence et de Trente (voir plus bas, chapitre des sacrements, article du sacrement de l'Eucharistie ) .

7. S. Basile, in Ps. CXV, in ea verba : Credidi pr 'opter quod locutus sum : « Que les sacrés oracles qui ont Dieu pour objet aient donc pour interprète non le raisonnement , mais la foi ; la foi, dis-je, qui, mieux que tous les arguments, invite, ou plutôt encore, détermine l'esprit à donner son assentiment. La foi, en effet, ne s'appuie point sur des démonstrations mathématiques, sur des raisons à priori; mais elle s'insinue dans nos âmes par la vertu toute-puissante de l'Esprit-Saint.... Eh quoi! dans les sciences même purement humaines , quand elles sont traitées avec ordre et méthode , on ne cherche point à démontrer les propositions qui servent de point de départ , d'autant plus que cela serait impossible , et il est nécessaire d'admettre sans preuve , comme avoués de tous , les principes d'un art quelconque , pour passer ensuite à l'étude des conséquences qu'on en déduit. C'est de cette même manière que les mystères de la théologie requièrent notre assentiment, sans examen ou discussion qui le précède. Certes, l'Apôtre dit aussi qu'il faut croire que Dieu est (Hebr., X/,6), et non mettre son existence en question , ou demander insolemment : mais ce Dieu quel est-il? Enfin, si la foi est le fondement des choses qu'on espère , la conviction assurée des choses qu'on ne voit pas , vous ne devez pas chercher avec anxiété à voir ce qui maintenant est encore si éloigné de vous , ni révoquer en doute ce que vous espérez obtenir un jour, sous prétexte que votre raison a été jusqu'ici inhabile à l'atteindre. »

8. Le même, Moral. Reg. LXXX, c. 21 : « Qu'est-ce que la foi dans son essence? C'est le parfait acquiescement de l'âme à la vérité des paroles divines , au point qu'aucune raison tirée soit de l'ordre de la nature , soit des scrupules d'une piété mal entendue ,

ne puisse l'ébranler. Qu'est-ce qu'un vrai fidèle? C'est celui qui acquiesce ainsi fermement aux vérités contenues dans l'Ecriture , sans en rien rejeter, sans y rien innover. »

9. S. Grégoire-le-Grand , Hom. 26 in Evang. : a Sachons que si l'œuvre divine était comprise par notre propre raison, elle cesserait par là même d'être admirable à nos yeux. La foi serait sans mérite, si elle se fondait sur des raisons humaines. . . Puisque, suivant l'apôtre saint Paul, la foi est le fondement des choses, qu'on doit espérer, la conviction assurée des choses qu'on ne voit pas , il est évident que la foi a pour objet précisément ce qui ne saurait être aperçu par notre esprit. Car ce qui est aperçu de cette manière , n'est déjà plus l'objet de la foi , mais devient celui de l'intelligence. Lors donc que saint Thomas vit et palpa Jésus, comment Jésus lui dit-il : Parce que vous m'avez vu, vous avez cru? C'est qu'il crut autre chose encore que ce qu'il voyait. Car la divinité ne saurait être vue par un homme mortel. Ainsi ce fut un homme qu'il vit , mais ce fut un Dieu qu'il confessa. »

10. S. Jean Chrysostôme , Hom. 4 in I Cor. : « Ce qui surpasse la raison , ne demande que d'être cru. »

11 . Eusèbe d'Emèse , Hom. 2 de Symb. : « La foi catholique est la lumière de l'âme , la porte de la vie , le fondement du salut éternel. Quiconque l'abandonne pour suivre ce guide aveugle qui est sa raison , quiconque prétend pouvoir, à l'aide de sa propre sagesse, pénétrer dans le sanctuaire des mystères divins, fait comme celui qui voudrait bâtir un édifice sans lui donner de fondements , ou entrer dans une maison par le toit au lieu de le faire par la porte, ou comme celui qui marcherait de nuit sans lumière , et qui irait tête baissée donner dans un précipice. Ainsi le Christ, en venant dans ce monde , nous a apporté la foi comme un flambeau , destiné à nous montrer la route à suivre pour sortir de notre égarement, en cherchant Dieu que nous ne connaissions pas, en croyant en lui à la suite de nos recherches , et en le trouvant par la foi : ignotus inquiri , quœsitus créai, creditus inveniri. »

12. S. Cyrille de Jérusalem , Catechesi V illuminatorum : « La foi est comme l'œil du cœur de l'homme ; elle conduit à l'intelligence. C'est ce que dit le Prophète : Si vous ne croyez, vous m comprendrez point. »

13. S. Jean Chrysostôme , Serm. de fide, spe et char. : « La foi est le principe de la justice , la source de la sainteté , le fondement de la piété , la base de la religion. Sans elle jamais personne n'est arrivé à Dieu ; sans elle personne n'a jamais pu atteindre la cité

{fi DE LA FOI

où il habite. Car la foi est une disposition d'esprit pleine de simplicité et de docilité , qui nous fait aller à Dieu , observer ses préceptes , vénérer sa grandeur. Elle exclut le doute , s'en tient à la vérité certainement révélée , attend avec sécurité les biens promis. Heureux est celui qui la possède , malheureux celui qui l'abandonne. C'est elle qui dans l'Eglise opère les miracles, fait germer les vertus et procure tous les dons célestes. »

14. S. Cyrille d'Alexandrie , in Joan., 1. IV, c. 9, sur ces paroles, Amen, amen dico vobis, qui crédit in me habet vitam œtemam : « La porte et le chemin qui conduit à la vie c'est la foi, qui nous tire de la corruption et nous fait entrer dans les voies de l'immortalité. »

Question V.

Existe-t-il quelque part un abrégé de la foi , ou un sommaire des articles à croire ?

Nous avons celui que les apôtres nous en ont donné dans leur symbole , et qu'ils ont divisé en douze articles ou sections , par allusion au nombre qu'ils formaient entre eux : ouvrage certainement digne d'avoir pour auteurs ceux qui , dociles à la voix et fidèles aux exemples de Jésus-Christ , ont été à sa suite les principaux fondateurs de la foi chrétienne. Ce symbole est comme la marque caractéristique , dont on doit se servir pour distinguer les chrétiens des impies , qui , ou ne croient pas en Jésus-Christ , ou n'ont qu'une fausse idée de sa doctrine » (V).

TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION

4. S. Clément pape , Epist. I ad fratrem Domini (1) : « Après que Jésus-Christ fut ressuscité et monté au ciel, que le Saint-Esprit eut été envoyé, que les apôtres eurent reçu la science des langues, ils composèrent, en donnant chacun leur pensée, comme ils étaient encore tous réunis , le symbole que la société des fidèles professe aujourd'hui , afin que , lors même qu'ils seraient séparés , ils se

(1) C'est une lettre supposée, mais fort ancienne.

Estne brevis aliqua ficlei complexio ne summa omnium nobis credendorum ?

Est illa , quam duodecim Apostoli suo symbolo tradiderunt, quamque in sectiones, seu articulos duodecim apte distinxerunt.

Dignum sanè opus his auctoribus , qui post Christum Dominum Christianœ fidei prœcipui et sanclisshni fundatores extitêre. Quod quidem symbolum velut illustris nota est, quâ Christiani ai impiis, qui vel nuliam vel non rectain Christi fidem profitentur, discernendi ac internoscendi sunt.

trouvassent inculquer la même règle à tous les peuples... Ce mot symbole j qui vient du grec, signifie en lalin collatio (en français quote-part , cotisation). Et c'est un grand bien pour l'Eglise , que les apôtres , dirigés par le Saint-Esprit , y aient fourni chacun leur part, de la manière qu'on vient de dire. Ce mot signifie encore marque , indice , parce qu'il sert à faire reconnaître ceux qui ont la vraie foi. »

2. S. Ambroise, Epis t. LXXXI ad Syrie. : « On doit s'en rapporter au symbole des apôtres , que l'Eglise romaine garde et conserve invariablement dans son intégrité. »

3. Le même , Serm. XXXVIII (4) : « Je crois que tous les apôtres, comme douze ouvriers très-habiles, ont concouru ensemble à composer leur symbole de foi. Car toute la doctrine de la foi est contenue dans ce symbole , qui est comme la clef dont on peut se servir pour en trouver l'explication. En ouvrant la porte à la lumière que le Christ a apportée au monde , il dissipe les ténèbres de satan , il découvre les péchés cachés au fond de la conscience , et fait briller les œuvres de sainteté et de justice. C'est donc cette clef qu'il faut montrer à nos frères , pour qu'en leur qualité de disciples de Pierre , ils apprennent eux-mêmes à se fermer l'enfer et à s'ouvrir le ciel. »

4. S. Augustin , Serm. CLXXXI de temp., sive serm. 4 in vig. Pentec.j prœfat. (2) ; « Les saints apôtres nous ont transmis une règle certaine de foi , comprise en douze articles conformément à leur nombre , et qu'ils ont appelée symbole , comme devant servir à maintenir l'unité de croyance parmi les fidèles et à confondre la perversité hérétique. Nos pères ont donc appelé symbole cette règle de foi ainsi établie et fixée. On rapporte, en effet, qu'après que Jésus-Christ Notre-Seigneur fut monté au ciel , et que les apôtres , embrasés d'un feu divin par la descente du Saint-Esprit , eurent reçu le don de parler toutes les langues , au moment de se séparer pour aller prêcher la foi aux diverses nations, ils convinrent ensemble de certaines règles à suivre dans leurs prédications, pour ne pas s'exposer, en se séparant les uns des autres, à prêcher chacun une doctrine différente. Tous donc réunis, et remplis de l'Esprit-Saint , s'accordèrent à donner une exposition abrégée de la foi qu'ils avaient à prêcher, contribuèrent chacun pour leur part à sa confection , et voulurent qu'elle servît à l'avenir de règle à tous les fidèles. Ce symbole paraîtra court , si l'on veut en compter

(1) Il n'est pas démontré que ce sermon soit de saint Ambroise.

(2) Nous avons déjà dit H»* ce sermon n'est pas de saint Augustin.

les paroles , mais il est grand par les mystères qui s'y trouvent renfermés ; car il contient et exprime en abrégé tout ce qui a été figuré dans les patriarches , tout ce qui a été annoncé dans les Ecritures , tout ce qui a été prédit par les prophètes , soit au sujet du Père non engendré , soit au sujet du Fils engendré du Père , soit au sujet du Saint-Esprit , soit enfin au sujet des mystères de la mort et de la résurrection de Notre-Seigneur, comme de tous les sacrements. Que chacun donc, une fois parvenu à l'âge de discrétion , s'instruise de la foi apostolique qu'il a professée dans son baptême par la bouche de ceux qui l'ont tenu sur les fonts sacrés. »

5. Ruffin, Expos, in Symb. apost. : « Après l'ascension du Sauveur, les apôtres , pleins de l'Esprit-Saint , qui était venu se reposer sur chacun d'eux sous la forme de langues de feu , et les avait initiés à la connaissance des langues diverses, pour qu'ils pussent se faire entendre de tous les peuples , avant de se disperser pour remplir leur mission , arrêtèrent entre eux une formule de profession de foi , uniforme pour toutes les Eglises du monde , et lui donnèrent le nom de symbole , pour exprimer soit le résultat des conférences qu'ils avaient tenues sur la foi , soit le précis ou abrégé des articles de foi , réunis sous un même point de vue , par opposition aux dogmes erronés qui avaient commencé à se répandre dès le temps de saint Paul ; soit enfin pour marquer les fidèles entre eux , par allusion au symbole ou signe militaire qui servait à distinguer les soldats d'une armée et les empêchait de se confondre avec l'ennemi. Ils ne le mirent point par écrit, et se contentèrent de vouloir qu'il fut imprimé dans le cœur des fidèles , afin que les païens n'en eussent point connaissance ; ce qui n'aurait pas manqué d'arriver, s'il eût été écrit sur du papier. Ainsi les apôtres , avant de se séparer pour aller prêcher la foi comme nous l'avons dit , convinrent entre eux de ce signe de ralliement ou de l'unité de leur foi : entreprise bien différente de celle qu'avaient formée les enfants de Noé avant leur dispersion , quand ils voulurent élever jusqu'au ciel une tour qui n'était formée que de briques et de bitume , au lieu que ceux-ci en ont élevé une toute composée de pierres vivantes et précieuses , taillées par les mains du souverain Architecte ; en un mot , telle qu'il convenait qu'elle fût pour résister à tous les assauts de l'ennemi du genre humain , et dont les solides fondements ne seront jamais ébranlés , ni par l'impétuosité des vents , ni par les traits de la foudre, ni par les tourbillons des tempêtes. Aussi, tandis que

ceux-là , en voulant élever, avant de se séparer les uns des autres, une tour d'orgueil , se sont attiré la juste peine de la confusion de leur langage, en sorte qu'ils ne pouvaient plus s'entendre mutuellement; ceux-ci, en élevant au contraire la tour d'une foi docile et soumise, ont mérité le don d'entendre et de parler toutes les langues , Dieu jugeant à propos de signaler le mérite de la foi avec le même éclat qu'il avait signalé autrefois le crime de l'orgueil. » 0. S. Irénée, adv. hœr. Valent., 1. 4, c. 2 : « L'Eglise de Jésus- Christ, répandue par toute la terre jusqu'aux extrémités du monde, a reçu des mains des apôtres et de leurs disciples le dépôt de la foi qu'elle professe. Cette foi consiste à croire en un seul' Dieu, Père tout-puissant , qui a fait le ciel et la terre , la mer et tout ce qui s'y trouve contenu, etc. »

7. Le même, lib. III, c. 4 : « Qu'aurions-nous fait, si les apôtres ne nous avaient laissé aucune écriture? Certainement nous aurions suivi le canal de la tradition. C'est ce que font plusieurs nations barbares qui possèdent la foi , et ne connaissent l'usage ni de l'encre , ni du papier. La doctrine du salut une fois écrite dans leurs cœurs par l'Esprit-Saint , ces peuples ont su la retenir en observant avec soin l'ancienne tradition , et ils ont ainsi persévéré à croire en un seul Dieu qui a créé le ciel et la terre , et tout ce que le ciel et la terre contiennent , par Jésus-Christ fils de Dieu. »

8. S. Jérôme, ad Pammach. adv. error. Joan. HierosoL epist. 64 : a Dans le symbole de notre foi et de notre espérance , qui , venu des apôtres par tradition jusqu'à nous , est écrit non sur le papier et avec de l'encre, mais sur des tables de chair qui sont nos cœurs, après avoir confessé la Trinité divine et l'unité de l'Eglise , nous terminons par la résurrection de la chair tout l'ensemble mystérieux du dogme chrétien. »

9. S. LÉoN-le-Grand , Serm. XI depass. Dom. : « Dans cette règle de notre foi , que nous avons reçue avec soumission dès le commencement comme d'origine apostolique et comme nous ayant été intimée par l'autorité des apôtres , nous confessons que Jésus- Christ Notre-Seigneur, que nous appelons le Fils de Dieu Père tout-puissant , est né aussi de la vierge Marie par l'opération de l'Esprit-Saint. »

40. Le même, Epist. XIII ad Pulch. Aug. : « L'abrégé si parfait

de la croyance catholique elle-même renferme dans ses douze

propositions , nombre égal à celui des apôtres , une sorte d'arsenal

céleste , suffisant tout seul pour fournir des armes contre quelque

hérésie que ce soit. Si Eutychès avait voulu s'en tenir purement et simplement à ce symbole , sans rien altérer des vérités qu'il contient , il ne se serait écarté en rien des décrets du saint concile de Nicée , et il aurait compris la sagesse de ce qu'ont ordonné les Pères de ce concile , que le génie et l'éloquence n'eussent point à s'élever contre la foi apostolique, dont l'unité fait le caractère. »

41. Le même, Serm. contr. Eutych.: « Nous vous donnons cet avertissement fraternel et paternel tout à la fois , de rompre tout accord avec les adversaires de la foi catholique , avec les ennemis de l'Eglise , avec ceux qui nient la vérité de l'incarnation , ou qui contredisent le symbole prescrit par les apôtres. »

42. Maxime de Turin, Hom. de trad. symb. et expos, ejusd.: a Dans l'ancien peuple de Dieu , ainsi qu'il est rapporté au livre des Juges, comme certaines tribus israélites étaient en guerre entre elles , et que les combattants des deux partis ne pouvaient se distinguer les uns des autres à cause de la conformité de leurs habitudes traditionnelles , celle de ces tribus qui avait le bon droit de son côté , présumant avec raison que Dieu lui accorderait la victoire , se donna à elle-même pour moyen de se reconnaître dans le combat certaine manière de prononcer les mots , afin que le langage du moins servît à distinguer ceux entre qui le genre de costume militaire n'établissait aucune distinction. Il me semble que les saints apôtres ont suivi cet exemple , en donnant à l'Eglise de Dieu dans leur mystérieux symbole comme le mot du guet , pour combattre avec sagesse et succès les puissances infernales , et pour que dans la suite , s'il s'en trouvait parmi les disciples vrais ou prétendus du Christ qui tinssent une doctrine différente , le symbole servît de signe aux vrais fidèles pour en faire le discernement , et pour déceler d'une manière ostensible autant que sûre , soit l'ignorance des uns , soit l'hérésie coupable des autres. »

Question VI.

Quels sont les articles du symbole ?

Les voici : 4. Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ;

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