‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 90 sur 139 · XII. Vitam œternam. Amen · texte numérisé non relu

XII. Vitam œternam. Amen

temps qu'il est un et simple dans son essence ou sa nature , subsiste en trois personnes distinctes, dont la première est le Père, la seconde le Fils, et la troisième le Saint-Esprit. C'est le Père qui engendre le Fils de toute éternité , et qui , principe de tout , a créé tout ce vaste univers ; c'est le Fils , engendré de la substance du Père, qui est le rédempteur et le sauveur du monde ; c'est le Saint- Esprit , autrement appelé Paraclet , qui régit l'Eglise ou les fidèles du Christ. Or, ces trois personnes sont une même chose, c'està-dire un même Dieu , le seul vrai , le seul éternel , immense , incompréhensible.

On voit par là comment à cette sainte et indivisible Trinité répondent les trois principales parties du symbole , dont la première traite de la création , la seconde de la rédemption , et la troisième de la sanctification (VII).

TÉMOIGNAGES DE L' ÉCRITURE

4. Jerem., IX, 23-24 : « Que le sage ne se glorifie point dans sa sagesse ; que le fort ne se glorifie point dans sa force ; que le riche ne se glorifie point dans ses richesses ; mais que celui qui se glorifie , dit le Seigneur, mette sa gloire à me connaître , et à savoir que je suis le Seigneur. »

2. Joan., XVII, 3 : (c La vie éternelle consiste à vous connaître, vous qui êtes le seul Dieu véritable , et Jésus-Christ que vous avez envoyé. »

3. ICor., H, 2 : « Je n'ai point fait profession de savoir autre chose parmi vous que Jésus-Christ , et Jésus-Christ crucifié , etc. »

4. I Petr., I, 8-9 : « En qui vous croyez , quoique vous ne le voyiez point encore maintenant : ce qui vous fait tressaillir d'une

vu.

Quo maxime spectant hœc Symboli verba?

Eô certè, ut veram Dei divinarumque rerum cognitionem , quœ ad benè beateque vivendum est cuique necessaria, succincte comprehensam habeamus.

Ubi primum et prœcipuum habet locum agnitio et confessio sanctissimœ Trinitatis, ne ullo modo dubitetur, Deum , quo niliil aut majus, aut sapientius potest excogitari, in essentia quidem seu natura divina unuui et shnpliceni, in personis verô tribus esse distinctum, ut alius Pater, alius Filius,

alius Spiritus Sanctus esse ante omnia certè credatur. Pater est, qui suum ab œterno filiuui générât, fous et opifex rerum, Filius exPatris genitus substantia,mundi rederaptor est ac Salvator. Spiritus Sanctus, qui et Paracletusdicilur,Ecclesiœ seu Christi fidelium est administrator. Jam ni très unura sunt, hoc est, unus, verus, œternus, immensus et incomprehensibilis Deus.

Pulchrè igitur huic sanctissimœ simul et individu» Trinitati, partes symboli très prœcipuœ respondent. Prima nimirum de creatione, secunda de rédemptions, tertia de sanctiûcatione.

joie ineffable et pleine de gloire , et remporter le salut de vos âmes comme la fin et le prix de votre foi. »

5. Sagesse, XIII, 1 : « Ainsi tous les hommes qui n'ont point la connaissance de Dieu ne sont que vanité ; ils n'ont pu comprendre par les biens visibles le souverain Etre , et ils n'ont point reconnu le Créateur par la considération de ses ouvrages. »

6. Matthieu, XXVIII , 19 : « Les baptisant au nom du Père , et du Fils, et du Saint-Esprit. »

7 . Psaume CIX, 3 : a Vous posséderez la principauté et l'empire au jour de votre puissance et au milieu de l'éclat qui environnera vos saints. Je vous ai engendré de mon sein avant l'étoile du matin. »

8. Hébreux, I, 2-9 : a Dieu nous a parlé tout récemment et de nos jours par son propre Fils , qu'il a fait héritier de toutes choses , et par qui il a créé les siècles. — Et comme il est la splendeur de sa gloire et l'empreinte de sa substance , et qu'il soutient tout par la puissance de sa parole , après nous avoir purifiés de nos péchés , il est assis au plus haut du ciel à la droite de sa majesté. — Etant d'autant plus élevé au-dessus des anges , que le nom qu'il a reçu est plus glorieux que le leur. — Car qui est l'ange à qui Dieu ait jamais dit : Vous êtes mon Fils ; je vous ai engendré aujourd'hui? Et ailleurs : Je serai son Père, et il sera mon Fils. — Et lorsqu'il introduit de nouveau son premier-né dans le monde , il dit : Que tous les anges l'adorent. — Aussi l'Ecriture dit-elle au sujet des anges : Dieu fait ses anges vent, et flammes ardentes ses ministres. — Mais au Fils : Votre trône, ô Dieu, sera un trône éternel , le sceptre de votre empire sera un sceptre d'équité. — Vous avez aimé la justice , etc. »

9. I Jean , IV, 14 : « Le Père a envoyé son Fils pour être le Sauveur du monde. »

10. Ici., ibid., 10 : a II a envoyé son Fils en propitiation pour nos péchés. »

11. Jean, XV, 26 : « Mais lorsque le consolateur sera venu, cet esprit de vérité qui procède de mon Père , et que je vous enverrai de la part de mon Père , etc. »

12. Id., XVI, 7 : « Si je ne m'en vais point, le Consolateur ne viendra pas à vous. »

13. Id., XIV, 16 : a Et je prierai mon Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous. »

14. Id., ibid. 26 : « Mais le Paraclet, qui est le Saint-Esprit que mo/iPère enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

15. I Jean, V, 7 : « Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père , le Verbe et le Saint-Esprit , et ces trois sont une même chose. »

46. J Timothée, I, 47. « Au roi des siècles, immortel, invisible, à l'unique Dieu , soit honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen. »

47. Id., VI, 45-46 : « Que doit faire paraître en son temps celui qui est heureux , qui est le seul puissant , le Roi des rois , le Seigneur des seigneurs , — qui seul possède l'immortalité , qui habite une lumière inaccessible , que nul des hommes n'a vu ni ne peut voir, à qui est l'honneur et l'empire dans l'éternité. Amen. »

TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION

4. S. Augustin, Confess., 1. I, c. 4 : « Qu'êtes- vous donc, ô mon Dieu , sinon le Seigneur et le Dieu maître de toutes choses? Y a-t-il un autre Seigneur que Notre-Seigneur, un autre Dieu que notre Dieu ? O Dieu infiniment grand , infiniment bon , infini dans votre puissance , dans votre miséricorde , dans votre justice , invisible à la fois et présent en tous lieux, incomparable clans votre bonté , invincible dans votre force ; toujours le même et toujours incompréhensible ; immuable en vous-même , et changeant et renouvelant tout ce qui n'est pas vous-même ; jamais nouveau , jamais ancien; conduisant d'une main invisible les superbes à leur fin ; toujours en action , toujours en repos ; amassant sans besoin; donnant à toutes choses l'être, la conservation, l'accroissement , la perfection ; nous cherchant dans votre amour , quoique rien ne manque à votre puissance.

m Vous aimez , Seigneur, mais sans passion ; vous êtes jaloux , mais sans inquiétude ; vous vous repentez , mais sans douleur et sans tristesse, et votre colère est calme et tranquille ; vous changez vos ouvrages , vous ne changez pas vos desseins ; vous recouvrez ce que vous n'avez pu perdre ; possédant tout , vous voulez encore posséder nos cœurs ; infiniment libéral, vous exigez que nous vous rendions avec usure ; nous vous donnons en subrogation pour Vous rendre notre débiteur, et pourtant qu'avons-nous qui ne soit à vous? Vous nous payez vos dettes , sans devoir rien à personne ; vous nous remettez les nôtres, sans éprouver aucune perte. Mais que sont mes vaines paroles devant votre grandeur éternelle , ô mon Dieu , ô ma vie , ô mes saintes délices ! Malheur cependant à ceux qui se taisent de vous; car parler d'autre chose que de vous, c'est ne rien dire. »

2. Le même, De fide et sijmb., c. 9 : « Cette Trinité ne fait qu'un Dieu : non que le Père soit une même personne que le Fils et le Saint-Esprit; mais quoique le Père soit le Père sans être le Fils, et que le Fils soit le Fils sans être le Saint-Esprit , ces trois personnes n'en font pas moins un seul Dieu , comme il est écrit : Ecoute, Israël; le Seigneur ton Dieu est un seul Dieu. Cependant, si l'on nous interroge sur chacun à part, et qu'on nous demande, par exemple, le Père est-il Dieu? nous répondrons, le Père est Dieu. Si l'on nous demande ensuite du Fils s'il est Dieu , nous répondrons de même. Et si l'on nous fait la même demande au sujet du Saint-Esprit, nous ne devrons pas répondre qu'il soit autre chose que Dieu , et nous nous donnerons bien de garde d'attacher à ce mot Dieu le même sens que dans cette manière de parler appliquée à des hommes , vous êtes des Dieux (Ps. LXXXI, 6 ).. Car ceux-là ne sont pas Dieu par nature , qui ont été faits et créés par la puissance du Père , par la sagesse du Fils et par le bienfait du Saint-Esprit , ex Pâtre per Filiam dono Spiritûs Sancti. Car c'est la Trinité elle-même qui est désignée par ces paroles de l'Apôtre (Rom. XI, 56) : « Tout est de lui , tout est par lui , et tout est en lui. Quoniam ex ipso, et in ipso, et per ipsum sunt omnia. Quelque demande donc qu'on nous fasse au sujet de chacun , nous répondrons qu'il est Dieu, soit qu'il s'agisse du Père, ou du Fils, ou bien du Saint-Esprit, sans qu'on doive penser pour cela que nous admettions trois Dieux, Et qu'on ne trouve pas étonnant que nous tenions ce langage relativement à une nature aussi ineffable que la nature divine , puisque dans les choses mêmes que nous voyons des yeux du corps , et que nous expérimentons par nos sens , il se passe quelque chose de semblable. Car d'une source , etc. »

5. S. Athanase, dans son symbole (1) : « Voici quelle est la foi catholique : c'est d'adorer dans la Trinité un seul Dieu , et dans son unité la Trinité, sans confondre les personnes, sans diviser la substance. Car autre est la personne du Père , autre est celle du Fils , autre est celle du Saint-Esprit ; mais le Père , le Fils et le Saint-Esprit ont une seule et même divinité, une gloire égale, une majesté coéternelle. Tel est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit. Le Père est incréé, le Fils l'est de même, le Saint-Esprit l'est également. Le Père est immense, le Fils est immense, le Saint-Esprit est immense. Eternel est le Père, éternel est le Fils , éternel est le Saint-Esprit. Et cependant ils ne font

(1) Ou plutôt Vigile de Tapse, auteur du symbole dit de S. Athanase.

Vi DE LA FOI

pas trois éternels , mais un seul éternel ; ils ne font pas non plus trois incréés , trois êtres immenses , mais un seul être incréé et un seul être immense. De même , le Père est tout-puissant, le Fils est tout-puissant , le Saint-Esprit est tout-puissant; pourtant ce ne sont pas trois tout-puissants , mais un seul Tout-Puissant. Ainsi le Père est Dieu , le Fils est Dieu , le Saint-Esprit est Dieu ; et pourtant ce ne sont pas trois Dieux , mais un seul Dieu. Ainsi le Père est le Seigneur, le Fils est le Seigneur, le Saint-Esprit est le Seigneur ; toutefois ce ne sont pas trois Seigneurs , mais un seul Seigneur. Car de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser de chaque personne à part qu'elle est Dieu et le Seigneur de toutes choses , la religion catholique nous interdit d'en parler comme si c'étaient trois Dieux ou trois souverains Seigneurs. Le Père n'a été ni fait , ni créé , ni engendré par personne : le Fils n'est ni fait ni créé , mais il est engendré du Père , et seulement du Père : le Saint-Esprit n'est ni créé ni engendré , mais il procède du Père et du Fils. Un seul donc est le Père, et non les trois un seul est le Fils , et il ne partage cette qualité avec aucun autre ; un seul est le Saint-Esprit , et ce nom est également incommunicable. Dans cette Trinité il n'y a non plus ni priorité ni postériorité, ni supériorité, ni infériorité; mais les trois personnes sont absolument coéternelles et absolument égales l'une à l'autre. De sorte que , sous tous les rapports , comme nous l'avons déjà dit , il faut adorer l'unité dans la Trinité , et la Trinité dans l'unité. Voilà donc ce que doit penser au sujet de la Trinité quiconque a vraiment à cœur son propre salut. »

Question VIII.

Que signifie le premier article du symbole : Je crois en Dieu le Père?

Cet article nous fait entendre avant tout qu'il n'y a qu'un Dieu; et ensuite , que dans la nature divine on doit reconnaître une première personne , qui est le Père céleste , éternel , souverainement grand et souverainement puissant , pour qui rien n'est impossible ni difficile , et qui a tout pouvoir sur la vie et sur la mort. C'est lui , c'est-à-dire le Père , qui a engendré le Fils de toute éternité, et qui dans ce temps de grâce nous a adoptés nous-mêmes pour ses enfants. Telle est l'efficacité de son pouvoir, que d'une seule parole il a fait sortir du néant toutes les choses tant visibles qu'invisibles , et qu'il conserve de même et gouverne avec autant

de sagesse que de bonté tout ce qu'il a une fois créé comme en étant le principe et comme devant en être la fin. C'est lui qui est le Père des lumières , en qui il n'y a pas de changement ; le Père des miséricordes , et le Dieu de toute consolation ; il est tel en un mot , et tellement puissant , qu'à sa volonté seule tout fléchit dans le ciel, sur la terre et dans les enfers. Ayons-le pour guide et pour .protecteur, et nous n'aurons rien à craindre, soit des plus grands dangers, soit même des plus grands maux (VIII).

TÉMOIGNAGES DE L'ÉCRITURE

i. Deuteron.j VI, 4 : Ecoutez, Israël: le Seigneur notre Dieu est le seul et unique Seigneur. ))

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