‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, trChapitre 16 sur 68 · IV. \k · texte numérisé non relu

IV. \k

210 DES PÊGBis QUI CRIENT IVSQU'àU CIEL.

5. Ibidem^ can. b6 : « Les quarante jours écoulés, l'entrée de Féglise lui sera encore interdite pendant une année. Il s'abstiendra de chair, de fromage, de vin et de toute boisson emmiellée, excepté les jours de dimancbes et de fêtes célébrées publiquement dans tout le diocèse. En maladie ou en voyage, ou s'il doit passer beaucoup de temps à la cour du prince, il pourra racheter le mardi, le jeudi et le samedi en donnant un denier, ou la valeur d'un denier, ou en se chargeant de nourrir trois pauvres pour l'amour de Notre-Seigneur, avec celte réserve toutefois qu'il pourra alors se permettre l'usage, soit de la viande, soit du vin, soit de l'hydromel seulement, mais non de ces trois choses à la fois. Une fois revenu de voyage ou guéri de sa maladie, il ne lui sera plus loisible de racheter ces jours-là, mais -il devra faire exactement la pénitence prescrite. Cette année Jinie, l'église lui sera ouverte comme aux autres pénitents. »

6. Ibidem, can. 57 : a II passera la seconde et la troisième année dans les mêmes exercices de pénitence, si ce n'est qu'il sera le maître de racheter les trois jours de la semaine, en quelque lieu qu'il se trouve , soit à la maison , soit en voyage. Il observera tout le reste, comme à la première année. »

7. Ibidem, can. S8 : « Pendant chacune des quatre autres années, il jeûnera trois carêmes; un avant Pâques, pendant lequel il s'abstiendra de fromage , de poissons succulents , de vin et d'hydromel ou d'autre boisson apprêtée; un second avant la Nativité de saint Jean-Baptiste, et si les quarante jours ne peuvent se trouver entiers avant cette fête , il y suppléera après la fête ; le troisième enfin avant la Nativité de Notre-Seigneur, et il •«'abstiendra pendant ce temps de l'usage de la viande et des autres choses ci-dessus désignées. Pendant ces quatre années, il mangera et boira de tout ce qu'il voudra le mardi , le jeudi et le samedi de chaque semaine. 11 sera en droit de racheter le lundi et le mercredi avec un denier, ou avec la valeur de cette pièce de monnaie; mais il observera exactement le jeûne du vendredi. Les sept années de sa pénitence accomplies, il sera réconcilié à la manière des autres pénitents, et admis à la sainte communion (1).»

8. S. ÂMBROiSE, Lib. II de Cain et Abel, c. 9 : a Que de justesse dans ces expressions : La voix du sang de ton frère crie! Ce n'est pas son frère même qui crie : même dans la mort , il ne s'est dépouillé ni de sa douceur, ni de sa piété fraternelle. Il

Xi) Cf. Labbe, Conc, t. IX, col. ^61^-466, ad annum S9b,

DES PÉCHÉS wi wnem jusqu'au ciel. 211

n'accuse point le frère qui Ta tué, car il ne veut pas paraître luimême fratricide. Gain, ce n'est ni la voix. d'Àbel, ni son cœur qui t'accuse, mais c'est la voix du sang que tu as versé. Ce n'est donc point ton frère , mais c'est ton propre crime qui t'accuse. Par-là toute récrimination est rendue impossible au meurtrier. U ne peut pas se plaindre d'être accusé par la voix d'autrui, puisqu'il trouve dans son crime son propre accusateur. Les paroles sont moins éloquentes que les faits; mais de plus, la terre aussi rend témoignage , elle qui a bu le sang de la victime. Que de justesse donc dans cette expression : La voix du sang de ton frère crie de la terre! Dieu ne dit pas : La voix du sang de ton frère crie du corps de ton frère, mais cette voix, crie de la terre. Ton frère a beau te pardonner; la terre ne te pardonne pas. Ton frère a beau se taire; la terre te condamne. Elle est tout à la fois témoin et juge de ton crime : témoin d'autant plus redoutable , qu'elle est encore toute trempée du sang que tu as versé; juge d'autant plus implacable, que ce crime l'a souillée au point qu'elle a ouvert sa bouche pour recueillir le sang de ton frère versé par ta main. »

9. S. Augustin, Lib. XXII contra Fausium ManichoBunij c. 70 : tt Parmi les actes irréguliers il faut ranger l'action de Pierre, qui, tirant son glaive pour défendre son divin Maître, coupa une oreille à un de ceux qui venaient de se saisir de lui , et s'attira de sa part pour cette action ce reproche sévère et menaçant : Bengaînez votre glaive; car celui qui se sert de l'épée, périra par tépée (Matth., XXVI, 52). Or, celui-là se sert de l'épée, qui s'arme d'un glaive pour verser le sang d'un autre, sans en avoir reçu l'ordre ou la permission de son légitime supérieur. Car il est vrai sans doute que Notre-Seigneur avait ordonné à ses disciples de porter des armes avec eux; mais il ne leur avait pas ordonné de s'en servir pour frapper. »

Question 111.

Que nous enseigne l'Ecriture au sujet du péché de sodomie et de sa punition?

Les habitants de Sodome, dît l'Ecriture, étaient devant le Seigneur des hommes perdus de vices, et leur corruption était montée à son comble. Ce péché infâme et exécrable se trouve condamné dans les épîtres de saint Pierre et de saint Paul; et d'ailleurs, la nature elle-même le réprouve. L'Ecritdre nous déclare dans les

242 Dss vàmks Qti crient jusqu'au ciel.

termes suivants combien ce crime est énorme : Le cri qui s'élève de Sodome et de Gomorrhe est devenu de plus en plus fort, et leur péché est monté à son comble. C'est ce qui fit que les anges dirent à Lot, qui s'était conservé pur au milieu de ce peuple, et qui avait en horreur ces infâmes désordres : Nous allons détruire ce lien, parce que le cri des abominations de ces peuples s'est élevé de plus en plus devant le Seigneur, et il nous a envoyés pour les perdre... Alors le Seigneur fit descendre du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu, et il perdit ces' villes avec tov^ leurs habitants, et tout le pays d'alentour avec ceux qui l'habitaient. L'Ecriture ne passe pas non plus sous silence les causes qui ont amené les habitants de Sodome à tomber dans cet énorme péché, et qui pourraient également y faire tomber d'autres personnes à leur exemple. Car voici ce que nous lisons dans Ezéchiel : Voici qudle a été l'iniquité de Sodome, votre sœur : c'ia été Vorgueil, l'excès des viandes, l'abondance de toutes choses, et l'oisiveté où elle était, eUe et ses filles : eUes ne tefidaient point la main au pauvre et à l'indigent. Ceux-là sont exposés à tomber dans cet affreux péché , qui ne craignent pas de violer la loi divine , ou pour mieux dire , la loi naturelle écrite dans le Lévitique. Voici comme cette loi s'y trouve exprimée : Vous ne commettrez point cette abomination qui consiste à se servir d'un homme comme si c'était une femme. Vous ne votis approcherez d'aucune bête, et vous ne vous souillerez point avec elles. Si l'on a le malheur de le faire, la terre elle-même s'en trouvera souillée , la colère divine s'allumera au plus haut degré contre le peuple , et ce crime ne pourra être expié que par la mort du coupable : tel est l'avertissement que donnent encore à ce sujet les livres saints. De là vient que saint Paul revient plus d'une fois sur Ténormité de ce crime , qu'il condamne à diverses reprises les impudiques et les efféminés. C'est de ce crime aussi que se rendit coupable Onan, fils de Juda, que la vengeance divine atteignit bientôt, pour avoir empêché par d'impudiques moyens sa femme de devenir mère, et avoir outragé la nature, aussi^bien que les lois de l'honnêteté, par des turpitudes dont sont incapables les animaux même les plus lubriques (III).

Quidveràde Sodomitico peccato, (jusque punitione scriptum extat ?

Homines Sodomitœ, inquit Scriptura, pesêimi erant, et peccatores coram Domino nitnis! Nefandum hoc et flagitiosam

peccatom Petrus et Paaius coargaant : tam natara ipsa execratur : Scriptura verô tanti flagitii magnitudinem bis etiam verbis déclarât : Clatnor Sodomorum et Gomorrkœorum muUiplicatus est, et peccor tum eorum aggravatum est nimis. Cnde ad Loth justam et ab infandis Sodomita-

DES l*ËGHÉS QUI CRIENT JUSQu'aU CtBL.

TÉMOIGNAGES DE L*ÉCRITURE

1. Genèse, XIII, 13 : « Or, les habitants de Sodome, etc. (comme dans le corps de la réponse) . »

2. II Pierre, II, 6-9 : « S'il a puni les villes de Sodome et de Gomorrhe, en les ruinant de fopd en comble , et les réduisant en cendres, pour les faire servir d'exemple à ceux qui vivraient dans riniquité, — et s'il a délivré le juste Lot, que ces impies affligeaient et persécutaient par leur vie infamè , — ce juste qui demeurait parmi eux, étant tous les jours tourmenté dans son âme, amie de la justice , par tout ce qu'il voyait et entendait de leurs actes illégitimes : — le Seigneur sait délivrer ceux qui le craignent des maux par lesquels ils sont éprouvés, et réserver les pécheurs pour la peine qu'ils subiront au jour du jugement^ etc. »

3. Romains, 1, 23-29 : « Et ils ont transféré à des images qui ne leur représentaient que de§ hommes mortels, et à des figures d'oiseaux , de quadrupèdes et de reptiles , l'honneur qui n'est dû qu'au Dieu immortel. — C'est pourquoi Dieu les a livrés aux désirs de leurs cœurs et à l'impureté, en sorte qu'ils ont déshonoré eux-mêmes leurs propres corps , — eux qui avaient mis le mensonge à la place de la vérité de Dieu, et rendu à la créature l'adoration et le culte souverain, au lieu de ne le rendre qu'au Créateur, qui est béni dans tous les siècles. Amen. — C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions honteuses; car les femmes parmi eux ont changé l'usage qui est selon la nature en un autre qui est contre la nature; — les hommes de même,

ram stapris majorem in modam abhorrentem sic Ângeli loquuntur : Delebimus latum istum, eà quàd increverit clamor ewum coram Domino , qui misit nos , ut perdamus illos. Igitur Dominus pluit super Sodomam et Gomorrham sulphur et ignetn à Domino de cœlo, et subvertit cititates has et omnem circà regionem, Neqoe tacet Scriptara causas , quae ad hoc pergrave peccatam Sodomitas impulernnt , et alios itidem permovere possunt. Sic enim legimns apud Ezechielem : Ecce hœc fuit iniquitas Sodomœ sororis tuœ : superbia, saturitas panis, et abundantia, etotium ipsius et ftliamm ejus, et manum egeno et pauperi non porrigebant,

Huic autem flagitio nunquam satis exerrando sunt obnoxii , qoi divinam , immd

et natnralem legem in Levitico scriptam violare' non verentur. Ea sic habet : Cum mascuto non commiscearis coitu femineo, quia abominatio est. Cum omni pe^ core non coibis, nec maculaberis cum eo» Quod si fiât , terram ipsam tam tetris ac nefandis libidinibus pollui , ac iram divinam adversus populum majorem in modum concitari , tum crimen mortis sapplicio expiandnm esse, eodem loco monemor.

Unde Paulus non semel etiam arguit masculorum concubitores : damnât praeterea immandos atque molles. E quibus unus erat Onan Judae filius, qui praesentem Bei ultionem effugere non potuit, qu6d in ter« ram semen funderet, pejorque bestiis, natnrae honestatem ac ordinem vellet perrumpere.

rejetant l'union des deux sexes, qui est selon la nature, ont été embrasés de désirs impudiques les uns pour les autres, l'homme commettant avec l'homme des crimes infâmes , et subissant ainsi en eux-mêmes la juste peine de leur égarement. — Et comme ils n'ont pas fait usage de la connaissance qu'ils avaient de Dieu, Dieu aussi les a livrés à un sens dépravé, en sorte qu'ils ont £ait des actions indignes de l'homme : — remplis de toutes sortes d'injustice, de méchanceté, d'impureté, etc. »

4. / Timothée^ h 9-10 : « La loi n'est pas établie pour le juste, mais pour les méchants et les esprits rebelles, pour les impies et les pécheurs, pour les scélérats et les profanes, etc., — pour les fornicateurs, les abominables, etc., pour toute ^utre chose enfin qui peut être opposée à la saine doctrine. »

5. Ephésiem, F, 5-6, 12 : <cNul fornicateur, nul impudique, nul avare, dont le vice est une idolâtrie, ne sera héritier du royaume de Jésus-Christ notre Dieu. — Que personne ne vous séduise par de vains discours; car c'est là ce qui attire la colère de Dieu sur les hommes rebelles à la vérité. — La pudeur ne permet pas même de dire ce que ces personnes font en secret. »

6. Juges, XIX, 22-25 : « Pendant qu'ils étaient à table, et que fatigués du chemin ils mangeaient et buvaient pour reprendre leurs forces , il vint des hommes de cette ville , qui étaient des enfants de Bélial , c'est-à-dire rebelles au joug de la loi , et environnant la maison du vieillard , ils commencèrent à frapper à la porte, en criant au maître de la maison, et lui disant : Faites sortir cet homme qui est entré chez vous , afin que nous abusions de lui. — Le vieillard sortit pour leur parler, et leur dit ; Gardez- vous, mes frères, gardez-vous bien de faire un si grand mal; car j'ai offert à cet homme l'hospitalité : cessez de songera une telle foUe. — J'ai une fille vierge, et cet homme a sa femme ; je vous les amènerai , et vous assouvirez sur elles votre ■passion. Je vous prie seulement de ne pas commettre à l'égard

d'un homme ce crime contre nature. — Mais ils ne voulaient point se rendre à ses paroles, etc. »

7. Jv^esy XX, 46-48 : a Ainsi vingt-cinq mille hommes de la tribu de Benjamin furent tués en cette journée en divers endroits, tous gens de guerre et très-vaillants ; — de sorte que tous ceux de cette tribu qui purent s'échapper et s'enfuir dans le désert ne montaient qu'au non^bre de- six cents, et ils se tinrent campés au rocher de Remmon pendant quatre mois. — Les enfants d'Israël, étant revenus du combat , firent passer au fil de l'épée tout ce

DES PÉCHÉS QVl CRIENT* JUSQU'AU CI£L. 24 S

qui restait dans la ville , depuis les hommes jusqu'aux bétes , et toutes les villes et les villages de Benjamin furent consumés par les flammes. »

8. Genèse, XVII L 20 : a Le cTi qui s'élève de Sodome et de Gomorrhe, etc. (comme dans le corps.de la réponse). »

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