‹ Le grand coutumier de FranceChapitre 22 sur 294 · PRÉFACE DE CH A HONDAS LE CARON · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE CH A HONDAS LE CARON

A MON FILS t. CIIARONDAS LE CARON,

Mon fils, puis que vous desirez conioindre la pra<itique du droict François avec la iurisprudence Romaine, délibération tres-convenable à la profession de Testât auquel estes destiné, i'ay advisé pour advancer voz estudes, et confirmer vostre dessein, mettre en voz mains les livres, tant Latins que François, qui traictent de cette practique, que le mal'heur du temps m'a laissez. Et entre autres ie vous ay proposé les plus anciens, desquels les Autheurs ont plus diligemment représenté l'usage du droict, qui s'observoit de leur temps, et conféré iceluy avec le Romain, tant pour la doctrine qu'on en peut rapporter, que pour la recommandable mémoire de l'antiquité. Ceux qui de nostre aage ont travaillé et travaillent encores à retirer hors les ténèbres d'oubliance les escrits des anciens Grecs et Latins, et les illustrer d'observations et annotations, ont mérité grandemeiit des sciences, n'estans moins louables, que ceux qui publient des nouveaux livres de leur façon. A leur exemple les François amateurs de leur patrie, se doivent dédier à rechercher et remettre en lumière les anciens livres de leur langue, pour la décoration d'icelle. J'en ay veu de diverses sciences, d'histoires, de poésie et d'oraison solue qui ne cèdent en rien aux Grecs et Latins, soit pour la pureté des paroles, poids des sentences ou gravité des choses. J'espère les veoir quelquesfois imprimez, pour oster l'opinion d'aucuns, qui estiment les anciens François n'avoir esté curieux des nobles lettres et sciences. Ayant eu quelque loisir durant les troubles, pour tromper mes ennuis par la lecture de divers livres, ie me suis entre autres addressé au Grand coustumier, et trouvant à corriger en celuy qui est imprimé, i'ay eu recours à un de plus vieille impression, et autre escrit à la main, par le secours desquels ie I'ay reveu et corrigé en quelques lieux, ayant observé les fautes estre advenues, à cause des abbreviations et lettres singulières, appellées

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