‹ Le Grand Duc proverbe en un acteChapitre 17 sur 23 · NA ROTIN A · texte numérisé non relu

NA ROTIN A

On dit qu’on veut le marier malgré lui.

nERMANGARDE.

Que vous importe, minnidonne?

TIIÉOBALD.

Noble Hermangarde !

HERMANGARDE

Qu’cst-ce encore?

THÉOBALD

Une grande dame, visiblement émue, sollicite la faveur d’étre introduite auprès de vous. HERMANGARDE.

Une grande dame ! que peut-elle me vouloir ?

TIIÉOBALD.

Je l’ignore , noble Hermangarde.

HERMANGARDE, après un moment d'hésitation.

Faites entrer cette grande dame.

THÉOBALD

La voilà.

(Il sort en riant, h part, au moment où parait Nahotina . avec laquelle il échange des regards d’intelligence: Nahotina est unepetite vieille très élégante, costume Pompadour, lunettes sur le nez, petite canne A la main.)

NAnOTINA.

Où est-il , où est-il ?

HERMANGARDE

Qu’est-ce que c’est que ça.

NABOTINA.

Au: AimiMfjrtioiaf.

Ah I ma bonne femme ,

Dites, l'objet de ma flamme ,

Celui qui remplit mon âtne ,

Dites, l'avez-vous pas vu?

Partout je le cherche,

Je le cherche et le recherche ,

|Uitn{tiul de Ion , et frappant de M canne , à trrie. )

Mais parle donc, grande perche!

Me répondras-tu?

nERMANGARDE.

Comment, grande perche !

NABOT! N A , pleurant à moitié.

Passez-moi l’expression,., je ne voulais pas vous offenser , vieille sempiternelle.

HERMANGARDE

Vieille sempiternelle !

N'ABOTIN A , pleurant de plus en plus fort.

Pardon... la douleur m’égare, bonne mère Gangan.

HERMANGARDE

Gangan!..

NAHOTINA.

Vousêtes peut-être sa nourrice?

HERMANGARDE

Nourrice , moi !

NABOTINA.

Ou sa grand’mère ?

HERMANGARDE

Grand’mère de qui? «$•

NABOTINA, avec expression, et puis après très vile.

Vous me le demandez !.. et mon cœur , mon honneur, ma vertu, ma jeunesse... ma réputation !

RERMANGARDE.

Quel galiinalhias me fait-elle là ?

N A ROTI N A , soupirant.

Hélas! mon Dieu... pourquoi t’ai-je connu, trop séduisant. Pierre-Joseph-Gustave- Adolphe- Léopold-Frédéric, Grand-Duc de Berlingau-Berlingiien ! (Poussant un nouveau soupir.) Ah !

HERMANGARDE

Vous l’avez connu , morveuse , et où ?

NAHOTINA.

En France! à Paris... où, comme lui, je voyageais, incognito... vous voyez en moi la princesse Nahotina , d’une des plus hautes familles de la Laponie... ce cher Prince... je le rencontrai, pour la première fois, à la Boulangerie viennoise, rue Richelieu... et ensuite, nous nous donnions des rendez-vous chez Félix, où nous mangions des petits pâtés... par amour! nous en mangions, nous en mangions!..

HERMANGARDE

Quelle immoralité !

NABOTINA.

Oh! mais, ce n’est pas tout... nous nous voyions tous les soirs au spectacle : sa loge était à côte de la mienne...

HERMANGARDE

Au Grand opéra?

NABOTINA.

chez Séraphin... (Comme délirant un peu.) Polichinelle ! Ilhotomago! (Fredonnant. ) «Les canards l’ont bien passé... » Ah ! je dois la perte de mon repos aux ombres chinoises!..

An : Dmifiirg nTrpargiirr le re*t«\

A Parafaragaramus,

Il me tint des discours uniques...

Il me com|>araità Vénus,

Lorsque vinrent les feux pyrhiques;

Mais c'est surtout au Pont cassé .

Doux remords!., souvenir céleste !..

Que mon cœur fut bouleversé...

Que par lui mon bras fut pressé. . .

(Elle «oupirr.)

Daignez m’épargner le reste !

HERMANGARDE

Décidément, cette naine a le cerveau fêlé...

(La prenant parla main.) Mamie... ohligez-moi d’aller vous faire voirà Vienne ouà Berlin, comme un objet de curiosité...

(Elle fait le geste de la conduire à la porte.) NABOTINA , refusant de s’en aller et élevant la voix.

Je ne sortirai pas d’ici !.. je viens former oppo-

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