CULTES
ecclésiastiques nommés pour trois ans par le clergé. L evéque est choisi par l'empereur entre trois candidats élus au scrutin secret par le clergé de tout le diocèse. Les diocèses sont divisés en prévôtés, à la tête desquels est un pasteur élu par le clergé. Chaque prévôté comprend un plus ou moins grand nombre de paroisses, qui, à leur tour, se composent d une ou de plusieurs congrégations; en effet, une paroisse peut compter, grâce à son étendue, plusieurs églises où le qulte est célébré tous les dimanches et fêtes. Les églises situées dans les parties éloignées des paroisses sont appelées chapelles et ne sont desservies que par un prêtre. Mais les églises paroissiales ont en général deux prêtres, un pasteur et un chapelain. Le clergé est en général rétribué en nature, seigle, orge, avoine, beurre, etc.; en outre, à la campagne, ils possèdent l'usufruit de certaines propriétés affectées de temps immémorial aux besoins de l'Eglise.
Ainsi donc, l'Eglise évangélique de Finlande comprend 3 évêchés, 45 prévôtés, 286 paroisses et 491 congrégations. Le nombre des membres du clergé monte à environ 900.
L'empereur et grand-duc et la diète décident des modifications à apporter dans les lois ecclésiastiques en vigueur, mais ces modifications doivent être préalablement soumises aux délibérations d'un sytiode qui se réunit tous les dix ans. Il se compose de l'archevêque comme président, des évêques, de 3o prêtres élus par leurs collègues dans les trois diocèses, d'un membre du sénat et de chaque cour de justice, d'un professeur de la faculté de théologie et d'un de la faculté de droit de l'université, et de 45 représentants des congrégations, savoir un pour chaque prévôté; ainsi, en tout, de 84 membres, dont 34 ecclésiastiques et 50 laïques. — Les autres communions jouissent d'une pleine liberté religieuse, et dès que les lois réglant leurs rapports avec l'Etat et avec l'Eglise nationale auront été arrêtées, elles pourront former des congrégations distinctes.
Tout citoyen finlandais de bonne conduite, qu'il appartienne ou non à une confession chrétienne, est admis à participer à l'élection des membres de la diète, mais les chrétiens seuls sont éligibles.
L'église grecque-russe jouit de nombreux privilèges. Elle est administrée par la Direction ecclésiastique grecque-russe à Wiborg, qui relève du métropolitain de St. Pétersbourg. Cette église n'admet pas la liberté religieuse et ses membres n'ont pas le droit de passer à une autre confession.
Le établissements d'instruction publique en Finlande peuvent se ranger en quatre classes, selon leur nature et leur but: les écoles primaires, les établissements d'instruction supérieure, les écoles professionnelles et les instituts d'aveugles et de sourdsmuets. Toutes ces institutions, à l'exception seulement des écoles professionnelles, relèvent dune direction centrale siégeant à Helsingfors.
Écoles primaires. C'est comme nous l'avons dit au clergé que le peuple finlandais doit de savoir lire. L'immense majorité de la population luthérienne sait lire, car il faut avoir acquis par la lecture la connaissance des principaux dogmes du christianisme pour être admis à la communion, pour pouvoir se marier et exercer ses droits civiques; aussi ne rencontre-t-on que trèsexceptionnellement des individus privés de toute instruction, et ce sont, pour la plupart, des malhereux affligés de quelque disgrâce physique ou intellectuelle. Le plus grand nombre des enfants du peuple apprennent à lire dans la maison paternelle ou auprès de maîtres d'école ambulants. Il n'y a pas bien des années encore que le nombre des communes possédant une école fixe pour le peuple était assez restreint. Le règne de
l'empereur Alexandre II, règne si bienfaisant à tant d'autres égards encore pour la Finlande, à inauguré une nouvelle ère pour l'instruction primaire. L'ordonnance du 19 avril 1858 engageait les communes rurales à établir des écoles fixes et leur assurait, dans ce cas, l'appui financier du gouvernement. Un séminaire fut fondé à Jyvàskylâ en 1863 pour préparer des instituteurs et des institutrices primaires pour les communes de langue finnoise; quelques années plus tard on ouvrait à Eketias (1871) un séminaire d'instituteurs primaires et à Nycarleby (1873) un séminaire d'institutrices primaires pour la population parlant suédois. La diète de 1863 — 1864 ayant voté les fonds nécessaires pour le développement de l'instruction populaire, l'ordonnance du 11 mai 1866 fixa définitivement l'organisation de l'instruction primaire en Finlande.
Suivant cette ordonnance, chaque ville est tenue d'établir et d'entretenir autant d'écoles primaires qu'il en faut pour pourvoir à l'instruction de tous les enfants de 7 à 14 ans qui ne reçoivent pas chez eux ou dans d'autres écoles une instruction supérieure. Elles doivent en outre entretenir des écoles destinées à des élèves plus âgés dont l'instruction a été négligée. Les écoles primaires des villes sont divisées en inférieures et supérieures, les premières pour les enfants de 6 à 10 ans, les autres pour ceux de 10 à 14 ans. Dans les communes rurales, la première instruction est confiée aux familles, comme par le passé, mais avec l'obligation pour les communes de veiller à ce que les enfants qui, pour quelque motif, ne peuvent pas recevoir l'instruction chez eux, fréquentent une école fixe ou ambulante établie dans ce but. Les communes qui établissent une école fixe reçoivent de l'Etat une subvention annuelle de 600 marcs pour le traitement d'un instituteur et de 400 marcs pour une institutrice, à condition qu'elles s'engagent à construire des bâtiments d'école convenables et reconnus tels, à fournir à l'ins-
tituteur ou à l'institutrice un logement composé d'au moins deux chambres et cuisine, 1 ou 1 1 /» hectare de champs défrichés, un pâturage et du fourrage pour une vache.
Les objets de l'enseignement dans les écoles primaires supérieures sont: la religion, la lecture et l'écriture dans la langue maternelle, la géographie, l'histoire, le calcul, les éléments de la géométrie, la mesure des surfaces et des volumes, les sciences naturelles et leurs applications, le dessin, le chant; en outre, les filles s'exercent aux ouvrages d'aiguille et les garçons aux arts manuels. Le programme des cours inférieurs comprend les mêmes branches, sauf l'histoire, la géographie, la mesure des surfaces et des volumes et les sciences naturelles.
Pendant l'année scolaire 1876 — 1877, le nombre des écoles primaires fixes relevant de la Direction des écoles était de 448, dont 129 dans les villes et 3l9 dans les communes rurales. Le corps enseignant comptait, dans ces écoles, 532 personnes, savoir 23l instituteurs et 3oi institutrices; de ce nombre, 296 étaient sortis des séminaires après un cours complet d'études, 3o avaient été étudiants à l'université, et les autres s'étaient voués à l'enseignement après avoir suivi d'abord d'autres carrières. Le nombre des élèves était de 20,279 ( 10 >996 garçons et 9,283 filles). Il existait en outre 45 autres écoles primaires fixes ayant le même programme à peu près, mais soutenues par des dons particuliers ou par des legs, et administrées selon la volonté des donateurs.
Ces chiffres montrent que les écoles primaires sont une institution relativement nouvelle en Finlande, et que, malgré la rapide extension qu'elles ont prise, elles ont devant elles un vaste champ d'activité encore en friche. L'on trouvera plus loin une carte qui montre combien est grande la disproportion entre le nombre des écoles primaires fixes et le chiffre de la population. Mais il serait injuste de fonder sur cela seul un jugement
sur l'état de l'instruction en Finlande. Comme nous l'avons dit plus haut, chacun sait lire; les enfants apprennent à lire dans leurs familles ou dans des écoles ambulantes entretenues par les communes et qui séjournent deux ou trois mois dans chaque village à tour de rôle. Il y a en outre dans les villes et dans les campagnes un grand nombre d'écoles enfantines particulières, où l'on enseigne les premiers principes de la lecture, de l'écriture et du chant. D'après les renseignements que l'on a recueillis, il y avait, en 1877, dans les différentes paroisses de l'église évangélique luthérienne en Finlande 342,836 enfants en âge d'écolier, c'est-à-dire de 7 à 16 ans. De ce nombre il y en avait 5,852 dans les écoles secondaires et spéciales, 18,442 dans les écoles primaires supérieures, 116,201 dans les écoles ambulantes, 17,249 dans les écoles primaires inférieures et dans les écoles enfantines, 124 dans les écoles d'aveugles et de sourds-muets; 177,985 recevaient l'instruction dans leur famille. Le nombre des enfants totalement privés d'instruction était de 6,983, dont 1,80 1 pour cause d'incapacité naturelle
Au point de vue de la langue de l'enseignement les écoles primaires relevant de l'Etat se répartissaient comme suit:
Finnois Finnois. Suédois, et suédois. Russe. Total.
Ecoles primaires supérieures
et inférieures, dans les villes 74 53 l l 129.
Id. dans les campagn es .... 270 45 3 1 319.
Total 344 98 4 2 448.
Les écoles enfantines et les écoles ambulantes sont au nombre d'un peu plus de mille, en comptant, pour ces dernières, chaque école distincte, et non le nombre des villages où elle séjournent temporairement.
Instruction secondaire et supérieure. Voici quelles sont les écoles de l'Etat destinées à préparer les jeunes gens aux carrières libérales et aux emplois du gouvernement:
Une Université, fondée à Abo en 1640, et transférée à Helsingfors en 1828; elle porte le nom d'Université alexandrine. Le personnel enseignant de l'Université pour le premier semestre de la présente année se^compose de: 25 professeurs ordinaires, 4 extraordinaires, 1 prosecteur, 18 agrégés, 5 lecteurs ordinaires et 3 extraordinaires, enfin 4 maîtres d'exercices (gymnastique, chant etc.); 6. chaires ordinaires et 3 extraordinaires sont à pourvoir. Les chaires se répartissent comme suit entre les différentes facultés: 4 chaires pour la faculté de théologie, 5, dont 1 extraordinaire, pour la faculté de droit, 8, dont 2 extraordinaires, pour la faculté de médecine, 14, dont 4 extraordinaires, pour la section d'histoire et de philologie de la faculté de philosophie, et 7 pour la section des sciences physiques et mathématiques. Le nombre des étudiants est de 978, dont 605 sont présents pendant ce semestre.
Des Lycées, dans le programme desquels entre l'étude des langues grecque et latine. Les lycées sont de deux espèces: les lycées complets, à 7 classes, dans l'une desquelles le cours est de deux ans, et les lycées incomplets, à 4 classes correspondant aux classes inférieures des précédents. 14 lycées, dont il complets, appartiennent à l'Etat, et 4, dont 3 complets, à des particuliers. Ainsi donc le pays tout entier compte 14 lycées à 7 classes; le suédois est la langue de l'enseignement dans 9, et le finnois dans 5 de ces établissements.
Des Ecoles industrielles, dont le but est, soit de continuer les cours des écoles primaires, soit de préparer les élèves pour les écoles spéciales. Ces établissement sont actuellement au nombre de 18; l'enseignement s'y fait en finnois dans 11 et en suédois dans 7.
Des écoles élémentaires, supérieures et inférieures, répondant à peu près aux lycées dune part et aux écoles industrielles de l'autre. C'est un reste de l'ancienne organisation scolaire. Il y en a encore 17, mais elles ne reçoivent pas de nouveaux élèves et disparaissent peu à peu, à mesure que les lycées et les écoles industrielles se forment et s'organisent.
Des écoles de jeunes filles. Il y en a 7 entretenues par l'Etat. Leur programme comprend l'étude des laugues modernes et de toutes les sciences propres à donner aux jeunes filles une instruction solide, ainsi que les ouvrages d'aiguille. Il existe en outre un grand nombre d'écoles particulières de jeunes filles; elles suivent le même programme que les écoles publiques.
Voici quel a été, pendant Tannée scolaire 1876 — 1877, le nombre des maîtres, des maîtresses et des élèves dans les écoles publiques secondaires.
Professeurs, institu-
Elèves.
Lycées et écoles élémentaires su-
teurs
et institutrices.
Bî
çu M
périeures
Ecoles industrielles
Ecoles élémentaires inférieures . .
Ecoles de jeunes filles
Total
Les 56 établissements particuliers d'instruction qui se trouvent dans les villes, savoir 4 lycées, 24 écoles de jeunes filles et 28 écoles préparatoires, ont eu pendant le semestre de printemps de cette année 3,152 élèves, dont 1,289 garçons et 1,863 filles. Cependant les renseignements détaillés nous manquent pour plusieurs de ces établissements.