‹ Le grand Meaulnes (volume 2)Chapitre 49 sur 106 · PE COR AN DS M EF ACUCD ON ES · texte numérisé non relu

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sente la Science, dans les compositions allégoriques. Fatalement M. Seurel allait découvrir ce déballage insolite et s’apercevoir du manège. Il devait songer, d’ailleurs, à faire une enquête sur les événements de la nuit. La présence du bohémien allait facilitersa besogne…..

Bientôt en effet il s’arrêtait, surpris, devant le grand Meaulnes.

— À qui appartient tout cela? demanda-t-il en désignant «tout cela » du dos de son livre refermé sur son index.

— Je n’en sais rien, répondit Meaulnes d’un ton bourru, sans lever la tête.

Mais l’écolier inconnu intervint:

— C'est à moi, dit-il.

Et il ajouta aussitôt, avec un geste large et élégant de jeune seigneur auquel le vieil instituteur ne sut pas résister :

— Mais je les mets à votre disposition, monsieur, si vous voulez regarder.

Alors, en quelques secondes, sans bruit, comme pour ne pas troubler le nouvel état de choses qui venait de se créer, toute la classe se glissa curieusement autour du maître qui penchait sur ce trésor sa tête demi-chauve, demi-frisée, et du jeune personnage blême qui donnait avec un air de triomphe tranquille les explications nécessaires. Cependant, silencieux à son banc, complètement délaissé, le grand Meaulnes avait ouvert son cahier de brouillon et, fronçant le sourcil, s’absorbait dans un problème difficile.

Le « quart d’heure » nous surprit dans ces occupa. tions. La dictée n’était pas finie et le désordre répnait dans la classe. À vrai dire, depuis le matin la récréation durait.

A dix heures et demie, donc, lorsque la cour sombre et boueuse fut envahie par les élèves, on s’aperçut bien vite qu’un nouveau maître régnait sur les jeux.

De tous les plaisirs nouveaux que le bohémien, dès ce matin-là, introduisit chez nous, je ne me rappelle que le plus sanglant: c’était une espèce de tournoi où les chevaux étaient les grands élèves chargés des plus jeunes grimpés sur leurs épaules.

Partagés en deux groupes qui partaient des deux bouts de la cour, ils fonçaient les uns sur les autres, cherchant à terrasser l’adversaire par la violence du choc, et les cavaliers, usant de cache-nez comme de HER ou de leurs nie tendus comme de lances, s’efforçaient de désarçonner leurs rivaux. Il y en“eut dont on esquivait le choc et qui, perdant l’équilibre, allaient s’étaler dans la boue, le cavalier roulant sous sa monture. Il y eut des écoliers à moitié désarçonnés que le cheval rattrapait par les jambes et qui, de nouveau acharnés à la lutte, regrimpaient sur ses épaules. Monté sur le grand Delage, qui avait des membres. démesurés, le poil roux et les oreilles décollées, le mince cavalier à la tête bandée excitait les deux troupes rivales et dirigeait malignement sa monture en riant aux éclats.

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