LE GR A N D NM PAU GONE
qui se trouve être tout simplement un pté. Je suis arrivé sans y penser à l’extrémité des Communaux, que j'avais toujours imaginée infiniment loin. Et voici à ma droite, entre des piles de bois, toute bourdonnante dans l’ombre, la maison du garde. Deux paires de bas sèchent sur l’appui de la fenêtre. Les années passées, lorsque nous arrivions à l’entrée du bois, nous disions toujours, en montrant un point de lumière tout au bout de l’immense allée noire: «C’est là-bas la maison du garde; la maison de Baladier. » Mais jamais nous n’avions poussé jusque-là. Nous entendions dire quelquefois, comme s’il se fût agi d’une expédition extraordinaire : « Il a été jusqu’à la maison du garde !... »
Cette fois, je suis allé jusqu’à la maison de Baladier, et je n’ai rien trouvé.
Je commençais à souffrir de ma jambe fatiguée et de la chaleur que je n’avais pas sentie jusque-là; je craignais de faire tout seul le chemin du retour, lorsque j’entendis près de moi l’appeau de M. Seurel, la voix de Mouchebœuf, puis d’autres voix qui m’appelaient….
Il y avait là une troupe de six grands gamins, où seul le traître Mouchebœuf avait lair triomphant. C'était Giraudat, Auberger, Delage et d’autres. Grâce à l’appeau, on avait pris les uns grimpés dans un merisier isolé au milieu d’une clairière; les autres en train de dénicher des picverts. Giraudat, le nigaud aux yeux bouffis, à la blouse crasseuse, avait caché les petits dans son estomac, entre sa chemise et sa peau. Deux