LE GR A-N'°D:. M: E AUD PANSES
Elle est placée sur un petit chemin qui rejoint d’un côté la route de La Gare, de l’autre un faubourg du pays. Entourée de hauts murs soutenus par des contreforts dont le pied baigne dans le fumier, la grande bâtisse féodale est au mois de juin enfouie sous les feuilles, et, de l’école, on entend seulement, à la tombée de la nuit, le roulement des charrois et les cris des vachers. Mais aujourd’hui, j’aperçois par la vitre, entre les arbres dépouillés, le haut mur grisâtre de la cour, la porte d’entrée, puis, entre des tronçons de haie, une bande du chemin blanchi de givre, parallèle au ruisseau, qui mène à la route de La Gare.
Rien ne bouge encore dans ce clair paysage d’hiver. Rien n’est changé encore.
Ici, M. Seurel achève de copier le deuxième problème. Il en donne trois d’habitude. Si aujourd’hui, par hasard, il n’en donnait que deux... Il remonterait aussitôt dans sa chaire et s’apercevrait de l’absence de Meaulnes. Il enverrait pour le chercher à travers le bourg deux gamins qui parviendraient certainement à le découvrir avant que la jument ne soit attelée.
M. Seurel, le deuxième problème copié, laisse un instant retomber son bras fatigué. Puis, à mon grand soulagement, il va à la ligne et recommence à écrire en disant:
— Ceci, maintenant, n’est plus qu’un jeu d’enfant !
… Deux petits traits noirs, qui dépassaient le mur de La Belle-Etoile et qui devaient être les deux brancards dressés d’une voiture ont disparu. Je suis sûr