Corippus,de Laud. Just. min., II, v. 191 s., p
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du palais, on rencontrait une grande porte, appelée la grande porte de la Chalcé, devant laquelle l'empereur s’arrêtait !. Du côté extérieur, cette lourde porte s’ouvrait surles portiques de la place. Du côté intérieur, on rencontrait, après avoir franchi celte porte, une barrière (xéyxeXov, cancellus) où l'empereur était aussi reçu par les factions?. Cette barrière franchie, on arrivait à la porte de bronze (xahx% dr) qui donnait accès à l’espace situé sous la grande coupole (uéyue 06206) *. Cette porte large et haute, avec ses lourds vantaux, défendait l’accès du palais et donnait, dès l'entrée, une impression de force et de puissance‘.
Du côté du palais, la Chalcé avait une autre issue. C'était une grande porte où l’empereur était reçu et qui s’ouvrait sur le quartier des scholaires, le premier détachement pré-
1. Aux grandes fètes, lorsque l'empereur sort du palais pour aller à Sainte-Sophie, la cinquième réception a lieu « devant la grande porte qui conduit à l'Augustéon » (Cer.. I, 1, p.14). C’est par cette grande porte de la Chalcé que l’empereur passait pour se rendre à Sainte-Sophie à Pâques (Cer., L: 9, p. 63), à Noël (Cer., I, 23, p. 132), à la fête de l’'Annonciation (Cer., I, 30, p. 163). Quand l’empereur rentrait au palais, à Pâques et à l'Epiphanie, la première porte qu'il franchissait était la grande porte de la Chalcé (Cer., 1-26,-p. 146: TJ; 9, p. 69 dans ce dernier texte, il faut lire, d’après le passage parallèle, +34 Xaaxÿs au lieu de rÿvXahxñv; il ne s'agit pas ici de la porte de bronze, mais de la grande porte de la Chalcé).
2. Les textes ne donnent aucun renseignement sur la forme de cette barrière. Etait-ce une clôture dans le genre de celles qui, dans les églises, séparaient l’autel du reste de l’église ou une grille élevée? On ne voitpas ici l'utilité de cette barrière entre la grande porte quis’ouvrait sur l’Augustéon et la porte de bronze. On devait franchir cette barrière avant d'arriver à la grande porte qui donnait accès à la place. Ainsi, aux grandes fêtes, la quatrième réception avait lieu en dehors du cancel de la Chalcé. La cinquième avait lieu ensuite devant la grande porte qui conduit à lAugustéon (Cer., I, 1, p. 14}. Au retour, l'empereur était parfois reçu à ce cancel(Cer:, 1,1, p..32;:1,-5, p.51; I, 8, p. 57). C’est en dehors de cette barrière que les ambassadeurs sarrasins descendirent de cheval pour entrer à la Chalcé (Cer., II, 15, p. 583).
3. Aux grandes fêtes, avant d'arriver au cancel où avait lieu la quatrième réception, les souverains passaient par cette porte de bronze, près de laquelle se tenaient des fonctionnaires qui poussaient des acclamations (Cer., I, 1, p. 13). Il devait y avoir un certain espace entre la porte de bronze et le cancel. A Ja réception des Sarrasins, cet espace avait été richement décoré pour la circonstance (Cer., Il, 15, p. 578).
4. Ces portes restèrent à cette place jusqu'au moment où elles furent enlevées par Isaac II Ange ; cf. Nicétas Chon., de Isaac Ange., HI, p.582; Labarte, Palais, p. 110.
posé à la garde du palais. On l’appelait, pour celte raison, la grande porte des Scholes qui conduit à la coupole de la Chalcé!.
Lorsque les empereurs se rendaient à Sainte-Sophie ou lorsqu'ils en revenaient, ils ne passaient pas toujours par la grande porte qui s’ouvraitsur l'Augustéon. Après avoir franchi le cancel de la Chalcé, ils tournaient à droite pour se rendre au Puits sacré, qui était situé sur le côté méridional de la Grande-Église?. Pour se rendre au Puits sacré ou pour en revenir, ils passaient par une petite porte *. Dans la description du même itinéraire on trouve mentionnée une porte de fer. Celle porte s’ouvrait sur une coupole (86%0) qui devait couvrir le portique en avant de la Chaicé. Elle devait être assez semblable à la coupole sur portique que Justinien éleva devant le Sénat, sur le côté oriental de la place de l’Augustéon. La pelite porte ou porte de fer, qui s'ouvrait sous cette coupole, donnait accès au portique longeant la façade du palais et par lequel l'empereur se rendait à Sainte-Sophie”.
1. Aux grandes fêtes, quand l’empereur sortait du palais, la troisième réception avait lieu à l’intérieur de la Chalcé, c'est-à-dire à la porte des Scholes qui conduit à la coupole de la Chalcé. Les souverains passaient ensuite par la Chalcé et par la porte de bronze, et la quatrième réception avaitilieutentiehorspduRCancel(Cer RIAD ROC PPS IPS DE TERRE p. 37.) Au retour, une réception avait lieu au même endroit (Cer., I, 1, D'AMOEICRE D 250)
2. Cer., IT, 19,p. 608 ; sur le Puits sacré v. mon étude sur Sainte-Sophie de Constantinople, p. 22 s.
3. Cer., I, 22, p. 127, I, 27, p. 155; I, 35, p. 183. Cette petite porte est mentionnée aussi avec le chytos ou chyton (y6ros,-v) de la Chalcé (Cer., I, 28, p.159 ; I, 35, p. 181). Ce dernier est parfois seul cité (Cer., I, 45, p.231; 1,47, p. 240; I[,48, p.254; I, 50, p. 260; [, 53, p. 267-268; IT, 10, p. 547).
4UCer., El; p.36.
5. A la fête de Noël, la première réception avait lieu au Puits sacré, la seconde en dehors de la coupole de la porte de fer, la troisième à l’intérieur de la Chalcé (Cer., 1, 2, p. 39). Aux grandes fêtes, pour aller à Sainte-Sophie, les souverains passaient par la grande porte qui s'ouvrait sur l’Augustéon (Cer., I, 1, p. 14) mais, au retour, la première réception avait lieu au Puits sacré, la seconde à la porte de fer, la troisième à l'intérieur de la Chalcé, comme à Noël (Cer., I,1, p. 19). D'après ce texte, la deuxième réception avait lieu à la porte de fer, à la camara du phornicon qui se trouve en dehors du chytos de la Chalcé. Un troisième texte éclaire un peu ces mots obscurs. Il s’agit de la fête de la
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De la Chalcé on pouvait aussi se rendre aux galeries supérieures de Sainte-Sophie. On ne suivait pas, dans ce cas, le portique qui élait de plain-pied avec la place de l’'Augustéon el avec le Puits sacré, mais on montait par la Chalcé à une galerie qui faisait communiquer le palais avec les tribunes de la Grande-Église !.
Tel était l'édifice qui formait l'entrée de la demeure impériale. Ainsi, pour pénétrer à l'intérieur du palais, on entrait par la grande porte qui s’ouvrait sur la place de l’Augustéon et, après avoir franchi le portique couvert par une coupole, on traversait une barrière pour arriver à la porte de bronze.
Nativité de la Vierge. Les souverains, dans ce cas, ne passaient pas, pour se rendre à Sainte-Sophie, par la grande porte qui s’ouvrait sur l’'Augustéon, mais par la porte de fer. Cette, porte est appelée porte du stenakion qui conduit au portique du Puits sacré (Cer., I, 1, p, 27). Ainsi, cette porte de fer donnait accès à un passage resserré (stenakion) qui conduisait au Puits sacré (cf. Sophocles, Gr. Lex., S.v. otevdztov.) Ce passage resserré semble être le portique de la place de l’'Augustéon, qui longeait le palais et aboutissait à Sainte-Sophie. Du côté de la Chalcé ce portique était fermé par une petite porte, la porte de fer. Le chytos signalé avec la porte de fer est sans doute identique au stenakion.
D'après le texte Cer., I, 2,p. 39,la deuxième réception avait lieu, à Noël, en dehors de la coupole de la porte de fer. D’après le texte Cer., I, 1, p. 19, cette deuxième réception avait lieu, aux grandes fêtes, à la porte dé fer, à la camara du phornicon qui se trouve en dehors du chytos de la Chalcé. Le texte Cer., I, 1, p. 27 signale enfin près de la porte de fer un eilema. Qu'entendait-on par ces termes ? Le mot efAnpa désigne un arc ou une voûte (cf. Corpus Glossar. latin., t. IT, p.312 ; Estienne, s. v.; Sophocles, Gr. Lex., S. v.; Preger, dans Byz. Zeilsch.,t. X, 1901, p. 462-463). Le mot xaudpx a, Comme le mot di, le sens d'arc et de voûte (cf. Corpus Gloss. lat., t. IT, p. 812; Suidas, Lex., s. v. &ftôes; Estienne, s. v. ; Du Cange, Gloss. gr.; Sophocles, Gr. Leæx., s. v.). La porte de fer devait donc être située sous un arc. Le mot oopvtx6y Où oovpyxdv désigne aussi une voûte et est parfois employé dans le même sens que camara. Ainsi la voûte du Milion est appelée tantôt camara, tantôt phournicon (Cer., I, Ip OEM np 52-01 5-po16 18, p'H6 1115 p. 679). Mais tlpeut désigner aussiune coupole. Ainsi la coupole dé Sainte-Sophie est désignée par le qualificatif govpvur; cf. Cedrenus, t. I, p.531. La camara du phournicon, signalée par le texte Cer., I, 1, p. 19, devait être l’arc de la coupole située près de la porte de fer. Cette coupole est appelée 6daos par le texte Cer., I, 2, p. 39. Elle devait s'appuyer sur trois autres arcs et couvrir le portique en avant de la Chalcé.
1. Cette galerie était peut-être placée au-dessus du portique. C’est par ià que passa l’impératrice Irène, lorsque, en 776, LéonIV associa à l'empire son fils Constantin. Pour se rendre aux galeries (catechoumena) de Sainte-Sophie,l’impératrice monta dt toù dvafBastou ts Xalañs ; Cf. Théophane, t. I, p. 450.
Ici on pénétrait dans l'intérieur de la Chalcé : au milieu s'élevait la grande coupole. Les murs tapissés de marbres et de mosaïques éveillaient déjà des idées de luxe et de splendeur. On sorlait ensuite par une autre porte qui donnait accès au quartier du premier détachement de la garde, les Scholes!. Le palais élait, en effet, gardé par plusieurs corps de troupes.
Près dela Chalcé, sont menlionnésles Nouméra (rà Noiueca). A la réception des ambassadeurs sarrasins, une partie du cortège se tenait près de la porte de bronze; une autre partie avait pris place en dehors du cancel, les uns vers les Nouméra, les autres vers le Milion*.
D’après une tradition, les Nouméra furent construits par Constantin et, comme ils restaient inutilisés, Héraclius et ses successeurs les transformèrent en prison?. Les Nouméra sont, en effet, mentionnés avec la Chalcé comme un endroit où étaient gardés les prisonniers, au neuvième siècle sous le règne de Michel IIT et au dixième siècle sous celui de Romain Lécapène‘, C'est là que stationnait un détachement de troupe, les Nouméra, qui avaient à leur tête un domestique”.
1. Labarte, Palais, p. 110 s., a confondu la porte de bronze avec la porte qui conduisait aux Scholes. La Chalcé, du côté du palais, aurait été terminée, d'après lui, par une abside, Cette &dis existait, en effet, à la Chalcé (cf. Preger, Script. Orig. Const., t. Il, p. 165). Mais le mot est synonyme de camara, et désigne un arc, une voûte (cf. Suidas, Leæ., s. v.; Sophocles, Gr. Leæx., s. v.; Preger, ibid., t. I, p. 125). Bjeljaev, Byzantina, I, p. 133 S. a relevé certaines erreurs de Labarte, qui avait placé le chytos à la place occupée en réalité par la porte de bronze (pl. II, 20 B).Mais il adopte l'orientation générale de Labarte. L'orientation que M. Reber, Karol. Palast., p. 736 s. donne à la Chalcé est plus logique. Les trois portes principales, grande porte sur l'Augustéon, porte de bronze, porte conduisant aux Scholes, se trouvaient sans doute sur l'axe de l'édifice. La structure de [a Chalcé n'apparaît pas nettement sur le plan de M. Reber, qui n’a pas assez tiré parti du texte de Procope. Il place à tort la porte de bronze du côté du palais.
2 ACER. ABlEMD Ab 10) 3