‹ Le Grand Palais de Constantinople et Le Livre des CérémoniesChapitre 43 sur 145 · COR METTRE · texte numérisé non relu

COR METTRE

DL0Cr. 1522/2029 D AGENTS ep A0 MINES Sp 135-1800; D'ACCES Due

cieuses, la croix de Constantin et la verge de Moïsel.

Avant d'arriver au seuil de la demeure, on devait, après avoir traversé le Consistoire, franchir un autre espace. C'était l'Onopous ou Onopodion (Ovérou, "Ovordu) (pl. 18). Lorsque les souverains, aux fêtes religieuses, rentraient au palais par le Consistoire, ils traversaient l'Onopodion, où, comme au Consistoire, des fonctionnaires et des dignitaires se tenaient acclamant les princes sur leur passage?. De même, en sortant du palais, ils traversaient l'Onopodion où se tenaient les personnages, qui leur offraient leur tribut d'adoration, puis ils allaient au Consistoire ; certains textes disent qu'ils descendaient au Consistoire*. Le cortège entrait directement dans cette salle par les trois portes; l’empereur, par la porte du milieu, descendait sur l’estrade du trône‘.

Ainsi, le sol de lOnopodion était plus élevé que le sol du Consistoire. Il y avait à l’'Onopodion une porte de bronze où l’empereur se tenait, quand il sortait, pour être adoré par les personnes présentes, avant de descendre au Consistoire?.

Quand, après avoir traversé le Consistoire et l'Onopodion, on pénétrait plus avant, on rencontrait la Main d’or (you Xe-). Peut-être ce lieu avait-il été ainsi appelé d'une main en or faisant le geste de la bénédiction sur tous ceux qui franchissaient le seuil de la demeure auguste, ou peut-être était-ce une de ces mains votives, symbole de la puissance et de la protection divinef. Cette main avait donné son

CCR tp; 10; D Cer 0 p.201, 221p. 127128; 123; p1136128;p.159/ S0en. Dalltp 10, 260010 pe72278 21023; D2180; 1%9/1p°162-68 2 ELO;

DJ 30 ip 0163;-1/ 32; p°176:01,.35; p.181, 38 p.192; 1/16/p292,; LP A19;5D/0608

4. Cer., I, 9, p. 63; T, 10, p. 73. Ce sont probablement ces trois portes du Consistoire, s’ouvrant du côté de l'Onopodion, qui sont désignées sous le nom de teffupoy toë *Ovoxoûtov (Cer., I, 46, p. 234). Elles étaient fermées avant la promotion du magistros, de même que les trois portes d'ivoire qui s’ouvraient, du côté opposé, sur le macrôn des Candidats.

NOT PRO D 72050 np 16810282, pr LT0 lb DAlelr

6. Cf. R. Dussaud, Main votive au type de Jupiter Héliopolitain, dans Revue des Etudes grecq., 1905, p. 161 s., pl. IIT; A. de Ridder, ibid., 1906, p. 172-173; Richter, Quellen, p. 279.

nom à un passage resserré, appelé tantôt stenon, tantôt stenon ou stenakion de la Main d’or (orevov, GTEVAXLOV TS evo ÈS Xaodc). Cette Main d'or est identifiée avec le portique de l’Augusteus, la première salle où l'on pénétrait en entrant au palais !. Ainsi, après avoir franchi l'Onopodion, on entrait à la Main d’or où, comme à l'Onopodion, se tenaient les personnages acclamant les princes, qui pénétraient ensuite à l’Augusteus?. S'ils sortaient de l’Augusteus, en suivant le trajet inverse, ils passaient par la grande porte de l'Augusteus, qui s'ouvrait sur le portique. À cette porte était suspendue une portière sur laquelle étaient Lissés des oiseaux et, quand les souverains apparaissaient, ils étaient adorés par les fonctionnaires et les dignitaires, qui se tenaient à la Main d’or’.

A l’Onopodion se trouvait une porte, dislincte de celle de l’Augusteus. C'était la porte de bronze, où les empereurs se tenaient pour être adorés par les hauts personnages réunis à l’'Onopodion #. Cette porte avait un seuil (roro) de marbre et était décorée d'une portière, par laquelle étaient introduits à la Main d'or les personnages

Je Cer., I, 1, p. 9:11, 15; p.578, 58£, 1595.

2 0er. p 20-215 10022 D 128 40828 DISC EM NI ND AGP RIRES p. 183.

3. Cer., I, 1, p.9-10. Le lundi de Pâques, l'adoration à la Main d'or n’est pas indiquée. De l'Augusteus, l'empereur passe par la porte à laquelle est suspendu le velum.En dehors de cette porte se tenaient des protospathaires. Le basileus passait ensuite par le stenon de la Main d’or pour se rendre à l'Onopodion (Cer., I, 10. p. 72). A la fête de la Nativité du Christ, les protospathaires se tenaient aussi en dehors de cette porte, près du velum, par où l’empereur sort de l’Augusteus (Cer., I, 23, p. 129). A la promotion du magistros, l'empereur sortait aussi de l'Augusteus à la Main d'or et se tenait devant le velum de la porte (Cer., I, 46, p. 231- 232). Cette portière est appelée ici 10 fñhov tô taynvagroy (cf. Cer., II, 2, p. 523). On entendait par tagenarion une espèce de perdrix ou de coq bruyère (cf. Sophocles, Gr. Lex., s. v.; Reiske, Comm., p. 605). Ces oiseaux étaient tissés sur la portière. Celle-ci est encore mentionnée au couronnement de l'Augusta. Après son couronnement à l’'Augusteus, les femmes des sénateurs, qui étaient venues adorer les souverains et l’Augusta, sortaient à la Main d’or et se tenaient près de la portière (cortina), attendant la nouvelle impératrice, qui allait sortir par la Main d’or pour aller à l'Onopodion ‘Cer., I, 41, p. 210).

dACer T0 DE PS0 p M6; 32 D TO ALES D ele

qui venaient adorer l’empereur, quand il sortait de l’Augusteus !.

Ainsi, du Consistoire, on traversait l'Onopodion et la Main d’or pour arriver au portique de l'Augusteus?. Si,

1. A la promotion du magistros, l'empereur, étant sorti de l’Augusteus, se tient à la Main d'or devant la portière de la grande porte de l'Augusteus. Un ostiaire tenait le velum du pulpilum de marbre qui conduit à lOnopodion et, au signal donné, il le levait pour faire entrer au stenakion de la Main d'or les personnages qui adoraient les souverains. Après l’adoration,les souverains se rendaient à l'Onopodion où ils étaient de nouveau adorés; puis, ils allaient au Consistoire, où avait lieu la promotion du magistros (Cer., EL, 46, p. 231-232). Un cérémonial analogue avait lieu à la fête de la Nativité du Christ. L'empereur sort de lAugusteus au stenon; les protospathaires se tiennent en dehors de la porte de l’Augusteus par laquelle l’empereur va sortir, près du velum ; quand l'empereur y est arrivé, le préposite fait signe à l’ostiaire qui se tient ets to Grhoy xétw, Celui-ci soulève la portière et les dignitaires entrent au stenon pour adorer le basileus. Après l’adoration, l'empereur franchit le pulpitum de la porte qui conduit à l'Onopodion où il est de nouveau adoré (Cer., [,23, p. 129-130). Le velum de la porte de l'Onopodion est appelé ici inférieur, parce qu’il était plus bas que le velum de la porte de l’Augusteus. La porte de l'Onopodion est aussi appelée, à la fète de l'Epiphanie, « porte inférieure qui se trouve devant le Consis-

. toire «(Cer.., I, 26, p. 143). L'empereur, dans ce cas. passe par l’Augusteus, le stenon et l'Onopodion et va au Consistoire pour promouvoir un magistros. L'auteur ne décrit pas ici les actes rituels pendant le trajet de l’Augusteus au Consistoire. Il renvoie à la cérémonie de la Nativité du Christ et dit simplement que l’adoration a lieu comme à l’ordinaire à la porte inférieure qui se trouve devant le Consistoire. Cette porte est appelée inférieure parce qu'elle était plus basse que la porte de l’Augusteus.

C'est à cette porle de l'Onopodion que venait l'hyparchos, après sa promotion. Le préposite le conduisait de l'Augusteus, en passant par le stenon, jusqu’à la porte qui conduit à l'Onopodion. Puis, la portière était soulevée et le préposite le présentait aux personnes réunies à l'Oncpodion. Le préposite rentrait ensuite au palais, tandis que l'hyparchos allait au Consistoire (Cer., I, 52, p. 264; cf. I, 53, p. 265). Un cérémonial analogue avait lieu à la promotion du démarque (Cer., 1, 55, p. 270; Reiske, Comm., p. 289-290). Certains textes indiquent que de la Main d’or on montait à l'Onopodion (GCer., 1, 30, p. 163; I, 32, p. 176; I, 55, p. 270). Du Consistoire, on l’a vu, on montait à l’'Onopodion; mais il n’est pas certain que de la Main d'or on soit monté à l'Onopodion. D’aprèsun texte, le préposite venant de l’'Augusteus monte (avéoyetat) à l’Onopodion (Cer., 1,55, p. 270). D’après un lexte parallèle, il va (ærépyetat) à l'Onopodion {(Reiske, Comm., p. 290). Il est possible qu'on soit ici en présence d'une faute paléographique. Peut-être aussi voulait-on indiquer par là qu'on montait sur le seuil de la porte de l'Onopodion.

2. Ce trajet fut suivi aussi par les ambassadeurs sarrasins et la princesse Olga pour entrer à l'Augusteus (Cer., IT, 15, p. 584, 595). À la réception des Sarrasins, le Consistoire, l'Onopodion et le portique de l'Augusteus, décorés pour la circonstance, étaient occupés par un personnel nombreux faisant la haie (Cer., II, 15, p. 573, 578).

parvenu à ce portique, on se retournait, on avait devant soi le spectacle qui s’offrait au regard du basileus, lorsqu'il sortait de l'Augusteus, après avoir franchi la grande porte qui s'ouvrait sur le portique. Il voyait d’abord devant lui, prosternés, les dignitaires adorant sa personne auguste. Plus loin, se dressait une porte de bronze, par laquelle il allait passer pour entrer à l'Onopodion et être de nouveau adoré. Cet Onopodion était, sans doute, une terrasse à ciel ouvert d’où l'on descendait au Consistoire. Près du Consistoire s'élevait l’église du Seigneur, plus loin les bâtiments des excubiteurs et des candidats et les Lychni!. Ici s'étendait une seconde terrasse, le Tribunal, d’où par une erande porte, la porte des Excubites, on descendait aux Scholes, où s’élevaient d'autres monuments, les bâtiments occupés par les scholaires, l’église des Saints-Apôtres, la coupole à huit colonnes. Plus loin, la Chalcé dressait sa coupole dans les airs et masquait la place de l’'Augustéon. Et c'est entouré d’un brillant cortège, accompagné des acclamations qui retentissaient sur son passage, que le basileus traversait ces salles et longeait ces portiques quand, aux jours solennels, il quittait sa demeure sacrée.

1. La situation respective de ces monuments sera examinée plus loin. On déterminera leur place par rapport à d’autres édifices. L'’ordonnance de ces monuments apparaîtra plus nettement. Chez Labarte, ces édifices sont placés les uns à côté des autres, s'enchevêtrent et se touchent, sans aucune pensée directrice. Il a vu cependant que l'Onopodion était une cour ou une terrasse qui servait d’atrium au palais de Daphné (cf. Palais, p. 127, pl. IT, n° 36), mais il n'indique pas la porte de l’Onopodion. Bjeljaev, Byzantina, 1, p. 107-108, a reconnu l'existence de cette porte. M. Reber, Xarol. Palast., p. 767-768, place sans raison la Main d'or (pl. t.) et l'Onopodion (pl. u.) derrière le palais. Il a commis ici une erreur fondamentale. D’après lui, en venant de la Chalcé, on entrait, après avoir longé l'allée centrale à portiques, au Chrysotriclinos, qui aurait été situé dans l’axe de la Chalcé. Si sa restitution était exacte, il aurait dù placer la salle de lAugusteus, où l'on pénétrait, après avoir traversé l'Onopodion et la Main d’or, à la place qu'il assigne, sur son plan, au Chrysotriclinos. Toute sa restitution est dès lors entachée d'erreurs.

Au temps de Constantin, il existait au palais un édifice central, plus grand, plus élevé que les autres, qui devait constituer la demeure propre de l’empereur. Constantin y avait fait représenter, au milieu du plafond, une croix toute étincelante d’or et de pierres précieuses!. Et c’est dans ce monument, qui l’emportait sur tous les autres par sa hauteur el sa magnificence, au centre même du palais, que le corps du grand empereur, revêtu de la pourpre et la tête ceinte du diadème, fut exposé sur un haut catafalque. Entouré d’un cercle de lumières, le cercueil doré fut gardé jour el nuit. Spectacle admirable, dit Eusèbe, tel que personne n’en vit de semblable depuis que le monde existe ?.

Le grand palais, que Constantin éleva près de l'Hippodrome, communiquait avec le Cirque au moyen d'un escalier en colimaçon (xxx) par lequel on montait au palais du Cathisma 3. Le livre des Cérémonies mentionne à plusieurs reprises cet escalier, qui reliait la demeure des empereurs à l'Hippodrome. La partie du palais, qui commu-

Page 1